Tag archives : PLFSS 2014

Mentir et démentir

Editorial de la 232 La généralisation du tiers-payant a été introduite dans le projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale on ne sait trop comment. Deux rapports en font état subrepticement : celui d’Alain Cordier qui a présidé au « comité des 7 sages » et celui d’Aline Archimbaud dont les 40 mesures prétendent créer un « choc de solidarité » (sic). Dans les deux cas, l’argumentation, quand elle existe, reste sommaire et n’a convaincu personne. Ce serait plutôt du mensonge par omission. Les organisations syndicales de médecins, non associées semble-t-il à cette bombe de fabrication artisanale, ont réagi avec circonspection. La CSMF ne s’est pas placée sur le plan politique mais sur l’infaisabilité technique; le SML n’en a pas parlé, ou peu; la FMF a organisé discrètement un sondage dont les (suite…)

PLFSS 2014 : les industriels montent au créneau

Un courrier signé de 25 patrons d’entreprises internationales du médicament alerte la présidente de la commission des affaires sociales sur les dangers du PLFSS 2014. L’ancien président de l’assemblée nationale sous l’ère Sarkozy, Bernard Accoyer, dans un entretien paru dans le journal Les Echos, n’y va pas par quatre chemins : le PLFSS 2014 est « mau-vais », et conduit « vers une indéniable étatisation du système de soins ». C’est vite oublier que l’étatisation a été inscrite dans le marbre par un certain Raymond Soubie dans les années 90 et que l’évangélique rapport « santé 2010 » a servi de pensée unique à la haute fonction publique pendant 20 ans pour tricoter les lois. Car après tout, qui présidait les débats parlementaires sur la Loi HPST, pierre de voûte d’une étatisation commencée (suite…)

L’archidémago rapport Archimbaud

Commandé par le Premier Ministre en mars 2013 à la sénatrice Aline Archimbaud, le rapport « l’accès aux soins des plus démunis : 40 propositions pour un choc de solidarité » répond… à côté.

La commande était pourtant claire : il s’agissait « d’établir les raisons pour lesquelles les personnes malades se détournent des prestations auxquelles elles peuvent prétendre ». Visés expressément par la feuille de route : l’accès à la complémentaire santé (ACS), la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et l’aide médicale aux personnes en situation irrégulière (AME), trois dispositifs boudés par leurs bénéficiaires.

On s’attendait, au minimum, à quelques explications sur l’inaccessibilité. Que nenni ! Le rapport empile des réponses convenues, des affirmations non fondées, des solutions approximatives qui vont toutes dans le sens du poil d’un électorat qui érige la lutte contre l’inégalité en véritable religion.

Démago à gogo

La première ligne de la préface donne le ton : « des centaines de milliers de nos concitoyens se voient refuser l’accès aux soins… ».
« Se voient refuser » : l’intention accusatoire n’échappe à personne.
Juste après, isolée entre deux interlignes pour bien la mettre en exergue, une phrase hyperbolique qui se jette à vos yeux comme une évidence : « Il y a le mur de l’argent… »
Et comme bien sûr, vous n’avez pas encore tout compris, on vous parle alors de « stigmatisation des chômeurs », de la vilaine administration qui se mobilise contre la « triche sociale », de ces fonctionnaires sûrement psychopathes qui rognent sournoisement, à coups de circulaires, l’édifice de la couverture universelle.
« Cette offense à la cohésion nationale et cette déchirure profonde du lien social… » glose la sénatrice avec des relents de guerre civile, est la seule cause des difficultés d’accès aux soins des plus démunis. La réalité dit-elle, est celle d’un « parcours du combattant », « dans un système qui semble ne pas avoir été conçu pour ces personnes et où la lutte contre la fraude a pris ces dernières années une importance démesurée au regard des enjeux financiers. »

Y-aurait-il, embusqués derrière les guichets désuets de la sécurité sociale, quelques activistes du front national appliqués à faire régner un climat de terreur.
Ainsi lit-on à la page 57 : « Le climat de suspicion généralisée qui en résulte est désastreux : le système semble tourné, et toutes les énergies mobilisées, vers la chasse aux fraudeurs, plutôt que vers la recherche des bénéficiaires des droits et la lutte contre le non recours. Il est par exemple frappant d’entendre la CNAMTS se féliciter des possibilités d’échanges avec les CAF et la direction générale des finances publiques, et envisager une diversification de ces échanges, notamment au moyen des signalements par les URSSAF des ressources dissimulées. »

On y lit un peu plus loin : « Des travailleurs sociaux ont fait part à la mission de l’existence dans certaines caisses primaires « d’entretiens ‘’piégeants’’ et de l’initiative prise par certaines associations d’organiser des séances de coaching … » pour les éviter.

Même si Frédéric Van Roekeghem ne fait pas dans Lire la suite…

Les ressorts inattendus de la médecine libérale

Editorial de la 231 Pour leur 9ème édition, Les rencontres de La Baule auront encore montré ce week-end que la médecine libérale avait du jus. On la croyait moribonde ou en tout cas aphone ; la voilà donnant de la voix sur des sujets pointus, se projetant avec enthousiasme dans un avenir incertain, phosphorant sans complexe sur la difficile équation de l’économie de la santé. Quand il y a trop de ténors, direz-vous, on n’entend plus les chœurs, car il y avait du beau linge dans ce beau lieu baulois. Qu’importe ! Nous prendrons le temps ici de déchiffrer les différentes partitions entendues sur « les évolutions du paiement de la médecine », chansons pour le moment jouées en mode mineur par le rapport Cordier et reprises en canon presto dans le PLFFS 2014. (suite…)

PLFSS 2014 et Bio-similaires : le coup du père Anatole

Avec un air de ne pas-y-toucher, l’article 38 du PLFSS tente d’assimiler les bio-similaires aux génériques. Médecins et… parlementaires réagissent… Alors que le positionnement des bio-similaires en termes juridiques n’est pas encore stabilisé et qu’il reste quelques zones d’ombre scientifiques sur leur réelle similitude, les rédacteurs du projet de LFSS tentent un passage en force pour des raisons de gros sous. Copies non conformes Le profane aura vite fait le tour : il y a quelques « pour », et beaucoup de « contre ». Comme aurait dit Churchill, cela suffit pour que les « pour » l’emportent. Du côté de ceux qui disent avec componction qu’un bio-similaire, c’est la même chose que son princeps, on trouve bien sûr les génériqueurs, persuadés que le marché va littéralement exploser sous le double effet de la mondialisation et de (suite…)

Prescription pharmaceutique : la CNAMTS distribue ses mauvais points

Une analyse de la prescription des médicaments de spécialité réalisée par la CNAMTS donne au PLFSS 2014 une occasion d’accroître le contrôle dans les hôpitaux.

Le n° 41 de Points de repère, intéressant petit document d’information de la CNAMTS de juin 2013, fait une analyse de la prescription des médicaments. Ses conclusions ne sont pas tombées dans l’oreille d’une sourde : le PLFSS 2014 dans son article 41 prévoit un renforcement du contrôle sur les médicaments de la liste en sus prescrits par les médecins des hôpitaux.

Cocorico

Dans un graphique montrant la remarquable dégringolade de la consommation des médicaments délivrés en officine depuis 10 ans, la CNAMTS s’envoie des fleurs : la politique de maîtrise finit par payer. Trois facteurs expliquent selon ses calculs cette décroissance continue :

  • « des mesures de régulation constantes depuis plusieurs années sur les médicaments de ville avec une maîtrise des volumes, d’importantes baisses de tarifs (baisses de prix et passages au tarif forfaitaire de responsabilité, TFR) et le développement des génériques »
  • « un ralentissement de la croissance sur des classes de médicaments qui contribuaient significativement à la croissance ces dernières années non relayé par de nouvelles classes à fort potentiel »
  • « des baisses brutales de prescriptions de médicaments dont les indications ou l’évaluation de l’apport thérapeutique a été modifié ».

Baisse des tarifs et substitution par des génériques… Lire la suite…

Industrie et PLFSS 2014 : loin de la coupe aux lèvres

Tous les comités Théodule qui ont phosphoré tout l’été nous laissaient imaginer quelques changements majeurs. Le PLFSS 2014 reste d’un classicisme décevant.

Lire aussi : "Économie de la santé : des solutions qui restent prudentes et ambiguës"

Le dossier de presse présentant le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) résume assez bien le manque d’audace du gouvernement.
Au-delà d’une série de bonnes intentions, la série de coupes-sombres budgétaires fait du projet de loi un « copié-collé » des années précédentes.

Économies, économies

Facile à comprendre, notre sécu coûte cher.
Reléguées dans une deuxième partie lénifiante, les mesures structurelles attendues sont seulement… annoncées.
L’État attend des sous. Hors ONDAM, on relèvera d’abord une économie d’1/2 milliard d’euros sur les frais de gestion. De quoi alimenter quelques mécontentements dans les organismes sociaux. Les principales fédérations syndicales d’employés et de cadres des caisses de sécu n’ont pas encore réagi. Cela ne saurait tarder.

Côté ONDAM, les mesures sont d’un classicisme démoralisant. Le gouvernement, comme les précédents, taillent dans le gras.
On attend 25% d’économies grâce à la maîtrise des dépenses de santé. Les caisses vont devoir retrousser les manches et sortir le bâton… et peut-être déployer les chars de combat. La dérobade sera difficile puisque les contrats d’objectifs et de gestion conclus entre l’Etat et les caisses devraient être renégociés sous peu.
On notera aussi une baisse des honoraires de certains spécialistes et aussi quelques hypothétiques économies dans les hôpitaux publics regroupées sous le terme « efficience à l’hôpital ».

Le gros morceau, comme les autres années, est le médicament : presque 1 milliard de baisse de prix, plus de 40% des économies attendues sur les 2,4 milliards programmés. Formatée par une communication culpabilisatrice, l’opinion accepte ; les médecins aussi.

Lire notre article « l’incroyable résistance des idées reçues »

La réaction du LEEM est aussi un « copié-collé » de… Lire la suite…

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