Tag archives : loi adaptation société vieillissement

Dépendance : des progrès à faire dans le maintien à domicile

En 2060, les personnes âgées de plus de 80 ans représenteront 8,4 millions de personnes dont près de 2,3 millions de personnes dépendantes. Les dépenses liées à la dépendance pèseraient près de 1 point du PIB et de plus en plus sur le budget des ménages. Un rapport de la Cour des Comptes estime que « cette évolution vers un effort accru des ménages solliciterait de plus en plus la solidarité familiale » (p.71) et appelle à une meilleure organisation du système pour relever les défis du vieillissement de la population.

Lire : Mourir à l'hôpital est-il un échec ?

La Cour des Comptes a rendu public un rapport le 12 juillet dernier sur le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes qui appelle à une « meilleure organisation » de la politique de maintien à domicile des personnes âgées dépendantes en renforçant « l’action d’information et d’orientation des familles » mais également en souhaitant « clarifier » son financement par un « ciblage des aides publiques«  plus important. Une étude de l’IRDES intitulée « Dépenses de santé, vieillissement et fragilité : le cas français » a montré que la « fragilité était associée à une augmentation des soins primaires, de consommation de médicaments et de consultations en urgence »  et qu’elle préfigurait un « risque d’événements péjoratifs et d’évolution vers la dépendance« . Des conclusions que se veulent « utiles » aux décideurs politiques souhaitant développer des « programmes ciblant les personnes âgées présentant une fragilité« .

Chronique d’une vieillesse annoncée

La proportion dans la population française des personnes âgées de 80 ans et plus devrait doubler entre 2010 et 2060 pour représenter environ 8,4 millions de personnes. Selon les chiffres de la direction de la recherche, de l’évaluation, des études et de la statistique (DREES), le taux de dépendance est de 8 % parmi les personnes âgées de 60 ans et plus, de 17 % pour les personnes de 75 ans et plus, et de 20 % pour les personnes de 85 ans et plus. La dépendance n’est prépondérante que parmi les personnes très âgées : la dépendance atteint 63 % des personnes de 95 ans et plus.

Lire : Le rôle des aidants : une souffrance souvent méconnue.

Pour la Cour des Comptes, « les politiques publiques doivent prendre en compte que le maintien à domicile n’est pas, en toutes circonstances, la solution optimale, en termes économiques ou de situations individuelles, par rapport à une prise en charge en hébergement collectif« . Pourtant, le maintien à domicile est largement plébiscité dans l’opinion publique : « 90% des Français expriment une préférence pour ce mode de prise en charge, ce qui ne les différencie pas, du reste, de leurs voisins européens« . (pp.21-22)

Lire la suite…

Mourir à l’hôpital est-il un échec ?

Remanié par la Commission des Affaires Sociales, le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement est examinée aujourd’hui par les sénateurs. Concernant les aidants prenant soin d’un proche âgé, la commission des affaires sociales a proposé de renforcer le rôle des Conseils Généraux dans la prise en charge des personnes âgées, notamment dans le soutien, l’accompagnement et la valorisation des proches aidants par l’ajout de l’article 52 A.  L’observatoire national de la fin de vie (ONFV) en mars 2013 avait publié un rapport intitulé « Vivre la fin de sa vie chez soi ». Autour de 10 questions, ce document lèvait le voile sur un sujet tabou qui se pose avec acuité en France alors qu’est débattue la loi sur la fin de vie. Marisol Touraine a demandé d’engager davantage de formation sur les soins palliatifs à l’attention des professionnels de santé intervenant au chevet des patients en fin de vie.

Lire : Fin de vie, chronique d'une loi qui déçoit

Se basant sur un sondage IFOP de 2010 selon lequel 81% des Français préféraient mourir à leur domicile, le rapport de l’ONFV nuance cette représentation, parfois sacralisée ou idéalisée, de la mort au domicile. Alors qu’en réalité seulement 25% des décès surviennent au domicile, il s’agit de bien distinguer le lieu de « fin de vie » et celui du « décès ». Le plus souvent, le choix de terminer ses jours à son domicile participe plus d’une crainte de mourir seul dans un lieu déshumanisé. C’est d’ailleurs l’intitulé du sondage (« En écho aux réserves émises à l’encontre des services hospitaliers, 8 Français sur 10 préféreraient passer leur dernier instant à leur domicile », sondage IFOP de 2010, p. 8). La réponse à la question posée paraît logique : mourir dans un établissement de soins signifie pour les répondants qu’il y a eu un incident, alors que mourir chez soi est une fin « normale »…

Lire la suite…

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer