Tag archives : Lise Rochaix

La patiente ascension de la médico-économie

Le non renouvellement de Lise Rochaix à la tête de la Commission d’Évaluation Économique et de Santé Publique de la HAS en émeut plus d’un. Faut-il craindre un retour en arrière ?

Quand la HAS s’est mise en place en 2005, on ne donnait pas cher de l’avenir d’une discipline considérée comme celle de l’erreur. Dans ce temple de la médecine triomphante et au moment où commençait l’agonie de Lehmann Brother, n’entendait-on pas des ricanements étouffés sur la capacité naturelle des économistes à… ne rien prévoir.

Il est vrai que, déjà à l’ANDEM (agence nationale pour le développement de l’évaluation médicale) puis à l’ANAES (agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé), nées à l’ère précambienne de l’évaluation médicale dans les dernières décennies du millénaire dernier, un volet économique pouvait accompagner les recommandations médicales de la toute jeune Autorité. Mais c’était encore du bricolage.

De l’individuel au collectif

Dès 2006, sous la houlette de Lise Rochaix, dont la constance n’avait d’égal qu’un sourire à toute épreuve, fut introduite une dimension collective dans les travaux de la Haute Autorité. Car après tout, si la mesure du bénéfice médical individuel restait le fonds de commerce de la HAS, fallait-il savoir aussi si tel produit, tel acte ou tel service avaient un bénéfice pour la société tout entière.
On introduisit alors dans une commission ad-hoc des économistes, des géographes, des sociologues et même – diantre ! – des philosophes.
Et chemin faisant, après 22 réunions mensuelles, le contour de ce que seront quelques années plus tard les méthodes de travail de la commission d’évaluation économique et de santé publique actuelle, a été définitivement tracé.

Était-ce une lubie française ? Un hochet confié à l’une des seules femmes de la HAS pour faire bien sur la photo de famille ?

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Les paradigmes artificiels

Le déficit chronique de l’assurance maladie se fait oublier. Par temps de crise, les paradigmes changent, les ordres de grandeur aussi. Il y a un peu moins d’un an, Eric Woerth se félicitait d’un déficit moins grave que prévu : 9 milliards au lieu de 11. Aujourd’hui, aucun économiste ne s’aventure à évaluer les conséquences catastrophiques que la dépression économique entraînera sur les comptes de l’assurance maladie même si on peut déjà pronostiquer que les experts de la commission des comptes de la sécurité sociale n’auront pas au printemps une langue de bois de circonstance. Car en effet les circonstances sont curieuses. Le président de la République réunit les partenaires sociaux demain à l’Elysée pour un « sommet social », quelques jours à peine après l’annonce par Total de son (suite…)

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