Tag archives : acteurs de santé

Loi Touraine : tape-à-l’œil, bricolages et dogmatismes

Éditorial de la 264 Il est des réformes qui marquent l’histoire de la protection sociale ; d’autres non. Pourtant enveloppée d’une campagne de communication soignée, ni trop tapageuse dans l’océan des platitudes, ni trop silencieuse dans le brouhaha des élections, le projet de Marisol Touraine fait hélas partie de la seconde catégorie et ne rejoindra pas le panthéon des grandes réformes. Passé l’endormissement estival, il ne restera de sa prétentieuse « refondation » que quelques épines bien inutiles. L’essentiel de la presse du week-end n’aura retenu que les tape-à-l’œil, la poudre de perlimpinpin. La plupart des journaux, du Figaro à 20 minutes en passant par Libération ou Ouest-France mettent en exergue l’annonce pompeuse « d’inscrire la prévention comme l’un des socles de notre politique de santé ». A croire que l’énarchie des cabinets, de gauche (suite…)

PLFSS 2014 : les industriels montent au créneau

Un courrier signé de 25 patrons d’entreprises internationales du médicament alerte la présidente de la commission des affaires sociales sur les dangers du PLFSS 2014. L’ancien président de l’assemblée nationale sous l’ère Sarkozy, Bernard Accoyer, dans un entretien paru dans le journal Les Echos, n’y va pas par quatre chemins : le PLFSS 2014 est « mau-vais », et conduit « vers une indéniable étatisation du système de soins ». C’est vite oublier que l’étatisation a été inscrite dans le marbre par un certain Raymond Soubie dans les années 90 et que l’évangélique rapport « santé 2010 » a servi de pensée unique à la haute fonction publique pendant 20 ans pour tricoter les lois. Car après tout, qui présidait les débats parlementaires sur la Loi HPST, pierre de voûte d’une étatisation commencée (suite…)

L’archidémago rapport Archimbaud

Commandé par le Premier Ministre en mars 2013 à la sénatrice Aline Archimbaud, le rapport « l’accès aux soins des plus démunis : 40 propositions pour un choc de solidarité » répond… à côté.

La commande était pourtant claire : il s’agissait « d’établir les raisons pour lesquelles les personnes malades se détournent des prestations auxquelles elles peuvent prétendre ». Visés expressément par la feuille de route : l’accès à la complémentaire santé (ACS), la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et l’aide médicale aux personnes en situation irrégulière (AME), trois dispositifs boudés par leurs bénéficiaires.

On s’attendait, au minimum, à quelques explications sur l’inaccessibilité. Que nenni ! Le rapport empile des réponses convenues, des affirmations non fondées, des solutions approximatives qui vont toutes dans le sens du poil d’un électorat qui érige la lutte contre l’inégalité en véritable religion.

Démago à gogo

La première ligne de la préface donne le ton : « des centaines de milliers de nos concitoyens se voient refuser l’accès aux soins… ».
« Se voient refuser » : l’intention accusatoire n’échappe à personne.
Juste après, isolée entre deux interlignes pour bien la mettre en exergue, une phrase hyperbolique qui se jette à vos yeux comme une évidence : « Il y a le mur de l’argent… »
Et comme bien sûr, vous n’avez pas encore tout compris, on vous parle alors de « stigmatisation des chômeurs », de la vilaine administration qui se mobilise contre la « triche sociale », de ces fonctionnaires sûrement psychopathes qui rognent sournoisement, à coups de circulaires, l’édifice de la couverture universelle.
« Cette offense à la cohésion nationale et cette déchirure profonde du lien social… » glose la sénatrice avec des relents de guerre civile, est la seule cause des difficultés d’accès aux soins des plus démunis. La réalité dit-elle, est celle d’un « parcours du combattant », « dans un système qui semble ne pas avoir été conçu pour ces personnes et où la lutte contre la fraude a pris ces dernières années une importance démesurée au regard des enjeux financiers. »

Y-aurait-il, embusqués derrière les guichets désuets de la sécurité sociale, quelques activistes du front national appliqués à faire régner un climat de terreur.
Ainsi lit-on à la page 57 : « Le climat de suspicion généralisée qui en résulte est désastreux : le système semble tourné, et toutes les énergies mobilisées, vers la chasse aux fraudeurs, plutôt que vers la recherche des bénéficiaires des droits et la lutte contre le non recours. Il est par exemple frappant d’entendre la CNAMTS se féliciter des possibilités d’échanges avec les CAF et la direction générale des finances publiques, et envisager une diversification de ces échanges, notamment au moyen des signalements par les URSSAF des ressources dissimulées. »

On y lit un peu plus loin : « Des travailleurs sociaux ont fait part à la mission de l’existence dans certaines caisses primaires « d’entretiens ‘’piégeants’’ et de l’initiative prise par certaines associations d’organiser des séances de coaching … » pour les éviter.

Même si Frédéric Van Roekeghem ne fait pas dans Lire la suite…

La météo des plages : des universités d’été si banales

Le tour des Universités d’été nous renseigne sur les préoccupations du moment. Rien de bien original, ou presque, sur les questions de santé (quand elles figurent au programme !). Quelques bonnes idées cependant… Les universités d’été sont avant tout des événements médiatiques. On soigne la forme, le fond reste secondaire. L’arrivée des stars répond à une mise en scène millimétrée, chrono en main, pas trop tôt, pas trop tard, pour passer au JT de 20 heures. Les hommes ont tombé la veste, chemise blanche ouverte jusqu’au 2ème bouton; les femmes en robe d’été, lunettes de soleil élégamment calées dans les cheveux, le regard circulaire à l’affût des photographes… Les politiques en maillot Le Front de Gauche a choisi Grenoble, il est vrai un peu loin des embruns. Le ténor charismatique (suite…)

Les Industries de santé au créneau

Le G5 publie 10 propositions concrètes dans son livre blanc La platitude des propositions de réforme de la santé des candidats à la présidentielle aura eu un effet stimulant sur les acteurs de santé. La production de propositions, réflexions, think tank et autres livres blancs n’a jamais été aussi féconde. Après les propositions de la FHH sur la médecine de proximité, celles de la FHP, des Echos, voici celles du G5 (bioMérieux, Ipsen, le LFB, Pierre Fabre, Sanofi) en 10 points clés… qui ne sont pas dénués de bon sens. Le livre blanc du G5 intitulé « les industries de santé : un secteur stratégique au service de la santé des Français et de l’économie nationale » est accessible intégralement ici. (suite…)

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