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[Re]vue de Web : les mutuelles sur le gril

Cette semaine, au-delà de l'exercice de communication bien huilé du pouvoir, quelques brèves actualités santé pointent du doigt les mutuelles... Mais ce n'est pas nouveau.

La thérapie génique, nouvel espoir des laboratoires

Hier, avec la mise sur le marche par la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis d'un nouveau médicament, le Kymriah, pour lutter contre le cancer, la thérapie génique constitue un vaste et nouveau champ d'investigation des laboratoires pharmaceutiques.

Il s'agit de la troisième mise sur le marché dans le monde de ce type de médicament. Deux autres médicaments de thérapie génique seulement ont déjà été mis sur le marché. Le premier, le Gencidine, commercialisé en Chine, contre le cancer, en 2004, l'autre en Europe, le Glybera, fin 2012, contre le déficit familial en lipoprotéine lipase.

Une acquisition par Gilead Sciences de Kite Pharma, pionnier dans le domaine des thérapies géniques contre le cancer, pour un montant de 10 Md€, qui se révèlent particulièrement stratégique.

Les mutuelles étudiantes : le début de la fin ?

Le principal syndicat étudiant, la FAGE, a publié un rapport sur le coût de la rentrée pour les étudiants.  "En 10 ans le coût de la rentrée a augmenté de plus de 10%. (...) Le poste de dépenses qui augmente le plus en cette année 2017 est celui de la santé. Outre la légère hausse des frais de sécurité sociale c’est la part complémentaire qui augmente de près de 10%, une augmentation malvenue alors que les mutuelles étudiantes sont toujours aussi défaillantes et mettent en danger la santé des étudiants." Ces mutuelles jouant bien souvent sur la "méconnaissance des néo-bacheliers d’un système complexe pour leur vendre à leur insu ou par insistance, des produits de complémentaire en dehors du régime obligatoire."

Mais pour Ahmed Hegazy, président d’Emevia, réseau national des mutuelles étudiantes régionales, interrogé par Le Monde, "les critiques relayées par la FAGE sont sans lien avec la réalité du terrain. « Les chiffres avancés par le rapport démontrent juste la méconnaissance du syndicat étudiant des métiers de la santé et de ses acteurs mutualistes, dont le principe est la solidarité (...) Sur 160 000 étudiants affiliés via la Smeno, seuls 20 000 ont une complémentaire santé. On veut faire croire que nous vampirisons les étudiants. Ce n’est pas une réalité. » Selon le patron mutualiste, l’annonce de la ministre est davantage un mouvement de stratégie politique qu’un plan pour le mieux-être des étudiants. « Un cadeau politique fait à la FAGE », avance Ahmed Hegazy, en échange « d’une paix sociale dans les universités à la rentrée 2017 ».

En tous cas, la suppression du régime étudiant de sécurité sociale (RESS), créé en 1948, promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron, est bien sur la feuille de route de la Ministre de la Santé.

Voir à cet effet le chapitre 19 (pp. 507-524) du rapport de la Cour des Comptes sur les comptes de la sécurité sociale de septembre 2013 consacré au sujet.

Les onze mutuelles étudiantes, qui couvrent 1,7 million d’affiliés, ont remboursé 800 M€ de dépenses de soins et perçu à ce titre 93 M€ de remises de gestion.

Même si d’une mutuelle à l’autre des différences peuvent apparaître, leur qualité de service est très insuffisante, qu’il s’agisse du règlement des prestations ou des relations avec les étudiants, dont l’insatisfaction est très prononcée, notamment à l’encontre de la mutuelle des étudiants. Leur rémunération a pourtant sensiblement augmenté alors même qu’elle est fondée sur des bases particulièrement avantageuses dans des conditions dénuées de toute transparence.

La reprise de la gestion de la population étudiante par les caisses d’assurance maladie permettrait une économie de près de 70M€.

Rapport de la Cour des Comptes, Septembre 2013.

Le Conseil d'Analyse Économique propose de supprimer la "mixité du système d'assurance maladie" français

Dans une note du Conseil d'Analyse Économique (CAE) de juillet 2017, ces conseillers du Gouvernement affirment ainsi que "la mixité du système d’assurance-maladie français, Sécurité sociale et organismes complémentaires, entrave la maîtrise des dépenses de santé par manque de coordination entre la Sécurité sociale et les organismes complémentaires et implique des coûts de gestion élevés de l’ordre de 13,4 milliards d’euros, dont 7,2 pour les organismes relevant de la Sécurité sociale en 2015. En encourageant la souscription de contrats collectifs généreux, le système nourrit les dépassements d’honoraires et la hausse des tarifs médicaux."

Lire : Les rapports du HCFi-PS : un pré-shampoing avant la douche (sept.2013)

Crédits photos : Nicholas Erwin.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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