Politique

La santé en panne d’innovation ?

Dans le contexte politique et économique actuel, bien morose, d’aucuns cèdent volontiers au pessimisme ambiant et à la critique facile. La ménagère n’écoute plus les commentaires alarmistes d’un David Pujadas annonçant que la dette publique française a dépassé les 2 000 milliards d’euros au deuxième trimestre 2014; ni même l’humour grinçant d’un Jean-Michel Apathie brandissant un rapport du Sénat affirmant que ladite dette est de l’argent sale détenu par le Luxembourg, le Royaume-Uni et les Îles Caïmans.  Tant qu’il y aura du pain sur la table, on ne sera toujours pas surpris par des annonces à venir, encore plus catastrophiques. Les chiffres sont tellement abyssaux que le « trou de la sécu » est devenu un incontournable des comptoirs.  Et dans un élan très schopenhauerien, les Français se conforment à la doxa médiatique : il n’y a pas pire (suite…)

Loi de santé : le mal-être des présidents de CME privés

Réunis en assemblée générale pour renouveler leurs instances, les présidents de CME des établissements de santé privés de la région Pays de la Loire, ont exprimé leur inquiétude.
Voyage en Marasmie occidentale.

Après avoir, il y a quelques années, piloté la conférence nationale des présidents de CME des établissements privés (CNPCMEHP), aujourd’hui présidée par Jean-Luc Baron, Jean Halligon a réuni la conférence des Pays de Loire le 25 septembre dernier pour transmettre le relais à son successeur. Soirée consacrée aussi au déchiffrage des projets politiques qui toucheront directement l’activité des établissements privés.

Le dit et l’écrit

Nous le savions, les CME des établissements privés n’ont pas leur langue dans leur poche, même si le ton reste très policé. Le rapport adressé à Marisol Touraine en octobre 2012, sans doute pour rappeler l’hospitalisation privée au bon souvenir de la nouvelle ministre et éviter sa dédaigneuse indifférence, en est l’exemple cruel. Les propositions contenues dans ce pensum n’ont pas suscité la moindre inspiration dans la tête des rédacteurs de la «stratégie nationale de santé» attendue avec l’angoisse du condamné à mort par les médecins des établissements privés.

La Lettre de Galilée

Entre deux coups de bistouri, les présidents de CME auront réussi à capter la semaine précédant leur réunion les bribes de trois discours qui ont marqué l’actualité politique.

D’abord, le discours, pugnace et ponctué d’anaphores devenues la marque de fabrique de l’exécutif («non ce n’est pas de l’austérité !»), du premier ministre appelant la confiance du Parlement. On attend la 39ème minute pour comprendre que ce que le chef du gouvenement aura retenu comme point fort de sa politique de santé était le tiers payant généralisé.

Lire : Tiers payant : un combat idéologique ?

Ensuite, insignifiante sur les questions de santé, la conférence de presse du président de la République (qui, il est vrai, a d’autres chats à fouetter). Sa petite phrase sur la santé n’aura pas marqué les esprits, le président considérant déjà comme acquise la loi de santé présentée par sa ministre au conseil des ministres. Circulez, il n’y a rien à voir !
Enfin le retour bruyant et gesticulant de Sarkozy dans une droite divisée, caractérisée par l’absence de projet original sur la santé et la protection sociale (suivi quelques jours plus tard de celui de Juppé à la télévision dans un exercice de contrition sans différence notoire sur le fond).

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Les dépassements des libéraux…

Selon un document de travail de la CNAMTS publié par le Quotidien du Médecin, entre 2010 et 2014, les médecins de ville ont amélioré l’efficience de leurs prescriptions et ils télétransmettent davantage : 90% ont télétransmis au moins une fois… En 2013, si le montant des dépassements a atteint 2,7 milliards d’euros (+2,9 %), le taux moyen de dépassement, en revanche a diminué, passant de 56,9 % en 2011 à 56,3 % en 2013 pour les spécialistes. Lire : Conventionnement des professions libérales, vers la fin d'un système ? Jean-Paul Ortiz, le président du CSMF, se félicite de cet infléchissement qu’il attribue à la signature des contrats d’accès aux soins, « preuve de l’engagement des pouvoirs publics et des syndicats de médecins à réduire les dépenses du système de santé« , a-t-il indiqué à Lille ce week-end, lors de l’université d’été du (suite…)

Assurance maladie : …de mort lente

Le rapport de la Cour des comptes sur l’exécution du LFSS 2013 continue de lancer ses flèches empoisonnées sur une institution moribonde.

Aussi bien le chef de l’Etat dans sa conférence de presse que le premier ministre dans sa déclaration de politique générale, défendent le « modèle social français ». Parée des vertus que procure une formule aussi magique, cette attitude n’en est pas moins vide de sens. Elle interdit toute évolution et laisse à l’Etat le dernier mot.
Les dernières déclarations du Medef sont pour le moins provocatrices mais, quelques mois auparavant, l’équipe de Gattaz avait produit un rapport plutôt intéressant, voué à l’indifférence générale des pouvoirs publics.

Lire notre article "MEDEF, le retour"

Il faut s’en persuader, le modèle français (en tout cas l’assurance maladie) n’existe plus depuis longtemps. Faut-il voir dans la disparition cette semaine d’André Bergeron, « le petit père du syndicalisme français » comme se plaît à le rappeler Le Figaro, quelques mois seulement après celle de Marc Blondel, la datation précise de l’extinction des derniers pachydermes de notre protection sociale.

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Loi de santé : du vent et des bourrasques

La Loi de santé de Marisol Touraine est une logorrhée de mots vides. Les seules propositions à retenir sont manifestement idéologiques. Médecins libéraux et cliniques privées sont sur le pied de guerre. Le projet de loi de santé, concocté depuis de longs mois par une ministre avide de glaner quelques sympathies de l’électorat au milieu d’un océan de mécontentement contre le gouvernement, ne déverse que banalités et bricolages. On aurait pu s’en douter. Entre la « feuille de route » (23 septembre 2013) et la mouture du projet de loi, le vide reste sidérant. On ne peut pas dire que les ARS ont démérité ; de réels débats avec les usagers eurent lieu et des contributions intéressantes furent produites. Mais la feuille de route était si explicite que la contestation, ou même seulement (suite…)

Les inégalités d’accès aux soins dentaires

Selon une étude de l’IRDES de 2008, « en 2006, un Français sur sept déclare avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des douze derniers mois. » Les soins dentaires représentaient 63 % de ces cas de renoncements (contre 25 % pour les lunettes). Lire aussi l’instructif chapitre 13 sur les soins dentaires du rapport de la Cour des Comptes de 2010. Lire : Conventionnement des professions libérales : la fin d'un système ? Crédits photos : Môsieur J. (suite…)

Juppé et ses tontons flingueurs

Le rapport de la Cour des Comptes sur la politique conventionnelle, probablement rédigé par les acteurs des ordonnances de 96, intervient au moment où justement Juppé annonce son entrée en lice pour 2017 Dans le théâtre de marionnettes de la politique française, en pleine déconfiture, quelques Guignols disparaissent à gauche tandis que Gnafron, à droite, gesticule pour revenir en scène. Malgré les faux pleurs de Madelon et les coups de bâton de Flageolet le gendarme, le public ne rit plus. Au fond du trou (la stagnation économique masque en fait une réelle récession), la France aurait sûrement besoin d’un consensus politique autour d’un exécutif déjà contesté et bien impuissant, à qui il est facile il est vrai d’imputer les 30 dernières années de gabegie publique. Hubert Védrine dans un petit (suite…)

Piketty, Pisani et le Pape

Les dernières publications de l’INSEE le confirment : les inégalités augmentent. Les riches sont plus riches, les pauvres plus pauvres : ainsi, les 40% plus modestes ont un niveau de vie qui a diminué entre -0,2% et -0,8% et les 40% plus riches ont connu une augmentation de leur niveau de vie entre +0,1% et +0,8%. Et la proportion des plus pauvres s’est accrue avec un taux de pauvreté à 14,3% (+0,3 point). 

Le Capital augmente…

C‘est le constat que porte également Thomas Piketty, dans son best seller international « Le Capital au XXIème siècle« . Mille pages bien renseignées où l’économiste français nous abreuve de chiffres et de calculs complexes. Pour lui, ce sont les 1 % de foyers les plus favorisés qui ont récupéré 11 % des richesses accumulées en 40 ans en France, 24 % au Royaume-Uni et même 47 % aux Etats-Unis. Au-delà des croissances de richesses qui enrichissent les plus riches, ce sont les tendances à venir sur la transmission du patrimoine qui inquiètent l’auteur. Piketty évoque en page 646 le dilemme de Rastignac : travailler ou …

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Rapport CNAMTS : gisements et déguisements

Le rapport annuel de la CNAMTS adressé à la ministre et au parlement apporte des démonstrations éclairantes sur les économies à réaliser à l’hôpital. Dans son rapport « au ministre de la sécurité sociale et au Parlement sur l’évolution des charges et des produits de l’assurance maladie au titre de 2015 » la CNAMTS annonce la couleur : « Le programme de stabilité 2014-2017 fixe un cadre contraint pour les trois prochaines années, avec une baisse progressive du taux de croissance de l’Ondam (2,1% en 2015, 2% en 2016 et 1,9% en 2017), qui suppose un effort supplémentaire par rapport à celui qui a été fait sur les dernières années. » Alors en bon soldat, comme il en a l’habitude chaque année depuis qu’il en a pris le commandement en 2005, le directeur général (suite…)

Tiers payant : un combat idéologique ?

L’annonce d’un tiers-payant généralisé dans le discours de Marisol Touraine fait un fracas médiatique démesuré par rapport à son impact attendu. Dans le discours de Marisol Touraine prononcé le 19 juin dernier, la généralisation du tiers-payant tient une place relative. « Je redis ma détermination à lutter contre les barrières financières et toutes les formes de discrimination » assène-t-elle à son auditoire en rappelant qu’elle en avait pris l’engagement le 23 septembre dernier et en précisant, prudence oblige, que la première étape (tiers-payant aux bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé – ACS) serait confiée pour sa mise en place à l’assurance maladie. Dix-sept lignes dans un discours de quinze pages suffisent cependant à allumer quelques mèches inutiles. La presse s’est précipitée sur le tiers-payant en occultant hélas des questions plus centrales comme (suite…)

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