Politique

Pacte Territoire Santé 2 : Comment repeupler nos déserts médicaux ?

Lors du Congrès des médecins généralistes enseignants, ce 26 novembre à Dijon, la ministre de la Santé a présenté les 10 engagements phares de son deuxième volet du Pacte Territoire Santé lancé en 2012. Les syndicats ont accueillis cette annonce tièdement, déplorant des « mesures insuffisantes » (CSMF) « concoctées par son seul cabinet sans véritable concertation » (SNJMG). Au même moment, le CNOM présentait ses Atlas régionaux. Faut-il s’entêter à peupler nos déserts médicaux ?

Lire : Et si les déserts médicaux étaient un mirage ?

Lire la suite…

Le rapport sur la santé de l’OCDE pointe du doigt la dérive du coût des médicaments

Le rapport de l’OCDE, publié le 4 novembre dernier, décrit au travers de 11 sections et 226 pages un panorama comparatif de la santé au travers d’un faisceau d’indicateurs synthétiques. Ainsi, on apprend sans surprise que l’espérance de vie continue de s’allonger malgré quelques disparités. Qu’il n’y a jamais eu autant de médecins et d’infirmiers dans les pays de l’OCDE. Malgré tout, l’accès aux soins reste une question. Le rapport pointe tout de même l’augmentation des dépenses pharmaceutiques liées à la mise sur le marché de nouveaux médicaments innovants très onéreux interroge sur l’efficience des politiques publiques menées. Malgré un coût exorbitant, le rapport coût/efficacité n’est pas meilleur et « interroge sur la meilleure façon d’aligner les intérêts des sociétés sur ceux des laboratoires pharmaceutiques et des investisseurs« …

Les dépenses pharmaceutiques s’élevaient à 800 Md$ environ en 2013, soit près de 20 % du total des dépenses de santé en moyenne.

L‘envolée des dépenses pharmaceutiques est contrastée puisque, ces dernières années, si la croissance des dépenses pharmaceutiques au détail a ralenti les dépenses hospitalières ont généralement augmenté. En cause : l’émergence de nouveaux médicaments de spécialité onéreux, visant des populations restreintes et/ou des pathologies complexes. Ainsi, en moyenne, la consommation de produits pharmaceutiques des hôpitaux et des autres établissements de soins accroît la facture pharmaceutique totale d’environ 20 %, soit plus d’un dollar sur cinq dépensé dans le domaine de la santé consacré à l’achat de produits pharmaceutiques.

Pourquoi ce recul des ventes en détail ? Principalement les politiques de maîtrise des coûts déclenchées dans les périodes récentes de crise. Egalement, l’expiration des brevets de certains médicaments « blockbusters » et l’essor des génériques. « Plusieurs produits d’une valeur totale de plus de 30 milliards de dollars annuel de recettes aux États-Unis ont perdu leurs brevets en 2011-2012, parmi lesquels Plavix® (agent antiplaquettaire), Lipitor® (anti-cholestérol) et Actos® (diabète), qui représentaient ensemble près de 15 milliards USD de ventes » (p.44).

La Lettre de Galilée

« La demande croissante de médicaments et la mise sur le marché de nouveaux produits sont les principaux déterminants de la croissance des dépenses. Dans le même temps, la disponibilité des médicaments génériques et biosimilaires, associée à la mise en place et au renforcement des politiques de maîtrise des coûts, a fait baisser les dépenses au cours des dernières années » (p.40)

En revanche, les dépenses hospitalières en produits pharmaceutiques ont augmenté en raison de la multiplication des médicaments de spécialité majoritairement délivrés en milieu hospitalier et au coût souvent très élevés (p.38). L’augmentation constante des dépenses liées au médicament tient également à l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques (cancer,diabète, maladies mentales), du vieillissement de la population, de l’évolution des pratiques cliniques et de l’extension de la prise en charge, ainsi que de nouvelles options thérapeutiques : « entre 2000 et 2013, la consommation d’antihypertenseurs, d’antidiabétiques et d’antidépresseurs a quasiment doublé, tandis que la consommation d’hypocholestérolémiants a triplé. » (p.41)

Lire la suite…

Virage ambulatoire : sortie de route pour les libéraux ?

Le Ministère de la Santé tout en rapportant les derniers résultats des élections des médecins libéraux au sein des unions régionales des professionnels de santé (URPS) indique que « le Ministère s’appuiera, comme il l’a fait jusqu’ici, sur les acteurs de terrain et leur représentation locale pour mener le « virage ambulatoire ». Ce sont d’abord les dynamiques locales initiées par les professionnels qui permettront de réformer le système et d’améliorer la prise en charge des patients. La ministre souhaite aussi que les prochains mois permettent de poursuivre au niveau national, avec les syndicats, les actions en faveur de la modernisation de la médecine libérale et faciliter l’installation des jeunes médecins. » Elément de langage faussement rassurant ou lapsus linguae, le terme « libéral » est encore inscrit dans le dictionnaire du Ministère ! Mais patience, comme (suite…)

Nouveau record historique pour la dette publique de la France

La dette publique dépasse les 2 100 Md€, soit 97,6 % du produit intérieur brut (PIB), dont 224 Md€ pour les administrations de sécurité sociale. Selon une nouvelle note de l’INSEE, À la fin du deuxième trimestre 2015, la dette publique de Maastricht s’établit à 2 105,4 Md€, en hausse de 16,0 Md€ par rapport au trimestre précédent. Alors que la contribution de l’État à la dette s’accroît de 25,4 Md€ au deuxième trimestre 2015, la dette des administrations de sécurité sociale (–8,1 Md€) et celle des administrations publiques locales (–1,2 Md€) diminuent. Lire : le déficit de la protection sociale continue de se résorber. Source : INSEE, téléchargez les chiffres depuis 1995. Crédits photos : Christophe André. (suite…)

Réforme de l’État : les fonctionnaires se ramassent à la pelle…

A l’approche de l’automne, les feuilles mortes tombent, entre le rapport sur la fonction publique de la Cour des comptes et la réforme de l’État, les fonctionnaires aussi… Le « choc de simplification » voulu par le Président de la République, doit permettre à l’État de se moderniser pour devenir une administration 3.0. Plat de résistance de cette modernisation, la réduction du nombre de régions. Le 1er janvier 2016 la France métropolitaine passera donc de 22 à 13 régions. Sous le régime du mariage forcé, 16 régions vont ainsi être supprimées et remplacées par 7 nouvelles grandes régions. Mariage à deux, mariage à trois régions ; l’État modernise ses mœurs et légalise la polygamie ! On ne connaît que trop bien les raisons qui ont poussé le gouvernement à procéder à ces (suite…)

Saint-Siège des ARS : fumée blanche pour Montpellier ?

En Avignon, le festival « In » vient tout juste de tirer le rideau sur la scène de la Cour d’Honneur du Palais des Papes et le « Off » de refermer les portes des arrières cuisines, mini-théâtres où, dans la chaleur de l’été, des centaines d’artistes ont transpiré le meilleur d’eux mêmes devant un public toujours plus averti. Le cru « In » 2015 ne fut pas exceptionnel. Le « Off », quant à lui, nous révélait de merveilleux calices à déguster… mais santé oblige, surtout pas jusqu’à la lie ! Pendant ce temps, nos gouvernants, Prélats de la réforme territoriale du Pays, finissaient de mijoter le dernier acte autour de la question du futur « Saint-Siège » des administrations des nouvelles grandes régions ; comme au temps du (suite…)

Élections professionnelles des médecins : une rentrée musclée

A en croire les gesticulations des syndicats de médecins à l’approche de leurs élections professionnelles, la rentrée politique s’annonce électrique. D’autant que la ministre de la santé ayant réussi à mobiliser l’ensemble des professionnels de santé contre elle et son projet de loi, les syndicats vont devoir rivaliser et surenchérir pour ramener la couverture à eux. Mais l’histoire n’est pas nouvelle : en France, contrairement à l’Allemagne par exemple, le syndicalisme médical, privilégiant la logique libérale, s’est développé en opposition à la mise en place de l’assurance maladie obligatoire. On relira sur le sujet avec intérêt l’ouvrage de référence de Patrick Hassenteufel intitulé « Les médecins face à l’État » publié en 1997. Et le calendrier est chargé : à partir du 14 septembre, le Sénat examinera le projet de loi de santé de (suite…)

La santé et ses dérives sectaires

Un rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) remis au Premier Ministre en début de mois interpelle sur les dérives sectaires de plus en plus nombreuses dans le domaine de la santé. Gourous, guérisseurs, thérapeutes New Age, etc., le marché de ces soins parallèles non conventionnels est en plein essor grâce à Internet et séduit de plus en plus d’adeptes, déçus par la médecine traditionnelle ou  craignant un complot à grande échelle. 

4 Français sur 10 ont recours aux médecines dites alternatives. On recense plus de 400 pratiques non conventionnelles, 1 800 structures d’enseignement ou de formation « à risques » dans le domaine de la santé et 4 000 «psychothérapeutes» autoproclamés qui n’ont suivi aucune formation et ne sont inscrits sur aucun registre. En 2010, environ 3 000 médecins seraient en lien avec la mouvance sectaire.

Les promesses de la magie contre la rigueur de la pensée rationnelle

Parfois reconnues au sein même de l’hôpital public, certaines pratiques thérapeutiques déviantes « portées par le véritable supermarché de soins qu’est devenu Internet » constituent des dangers pour la santé des individus : médecine énergétique, biomagnétisme, énergiologie, libération des cuirasses, harmonisation EMF, Spiritual Human Yoga (SHY), fasciathérapie, instinctothérapie, kinésiologie, etc. autant d’offres qui pullulent sur le Web. Ainsi, « le vecteur essentiel de cette transformation est l’usage d’Internet, plus précisément du Web 2.0 qui, en en simplifiant l’usage et en favorisant ainsi la possibilité pour chacun de proposer des contributions, d’échanger et d’interagir, a permis à ces mouvements organisés en entités distinctes de diffuser massivement leur idéologie par la mise en commun de relais d’information, la recherche de soutiens, voire de cautions institutionnelles, et par la coordination de démarches d’influence. » (p.21)

Contenu non disponible.
Merci d’accepter les cookies en cliquant sur « Accepter » sur la bannière.

Les « fauteuils de Lumière« , dont les concepteurs ont été élevés, puis initiés par “les Gardiens de la Flamme” sont « un don unique du monde de lumière. Ils ont une grande valeur de guérison et permettent au processus d’accélération cellulaire de prendre place. Tout le système nerveux s’emplit de lumière, et ainsi tout notre système retrouve la mémoire de son état de perfection d’origine. De cette manière les blocages ou imperfections peuvent fondre, ce qui entraîne un soulagement ou une guérison de problèmes de santé« .

Le rapport alarmant déplore «  milliers de signalements et d’interrogations reçus au cours des douze dernières années sont la preuve indiscutable de la nécessité d’une vigilance de tous les instants des pouvoirs publics face à la déferlante sectaire en matière de santé. Près du tiers des signalements reçus à la Miviludes concernent directement le domaine de la santé. On assiste à la construction de réseaux quasi mafieux, dont la structure pyramidale s’appuie dans bien des cas sur un «gourou-thérapeute», inventeur d’une méthode de soins, qui publie de nom- breux ouvrages autour de sa théorie et qui met en place un véritable système de «franchises» avec des conférences, des stages, des soirées débats, des centres de formations, etc. (…) Aujourd’hui, force est de constater que certaines organisations sectaires tentent d’infiltrer notre système de santé. » (p.97)

Certains médecins, des vrais, diplômés, ne sont pas en reste. Ainsi, « la forte demande dans les domaines du bien-être a conduit de nombreux médecins à s’intéresser à ces pratiques. Dans la majorité des cas il s’agit d’initiatives individuelles souvent prises au mépris du code de déontologie (…) Pour échapper aux sanctions ordinales certains médecins n’hésitent pas à se faire radier tout en gardant et en utilisant le titre de médecin. Il s’agit là d’un moyen de mettre en confiance leurs victimes potentielles à qui ils vont vendre des traitements miracles. » (p.104)

Lire la suite…

Marisol Touraine, le bilan des 3 ans

Nommée Ministre des Affaires sociales et de la Santé dans le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le 16 mai 2012, Marisol Touraine constitue aujourd’hui une figure féminine incontournable du gouvernement Valls et une fidèle de Hollande. Confortée dans son poste pour avoir soutenu des réformes de gauche, la Ministre a tout de même réussi à fédérer une large opposition contre elle dans le monde de la santé. Retour sur ces trois années.

Le « pacte de confiance »

Dès la rentrée 2012, Marisol Touraine lance le pacte de confiance : il s’agit de quitter les fantômes de la loi HPST et de regagner la « confiance des Français dans leur système de soins« , celle des « responsables politiques » et la confiance « au sein même de l’hôpital public« . Dans son discours de présentation, elle affirme que « le monde a changé » que « les pouvoirs publics doivent faire face aux profondes mutations de notre société dans tous les domaines qui relèvent de leur responsabilité. » Ce constat « nous oblige à réorganiser en profondeur l’action de notre système de soins, dont l’hôpital public est l’épine dorsale« . L’objectif est de caresser dans le sens du poil l’hôpital malmené quelque peu par la T2A en 2004 et la loi HPST en 2009. Pour cela, la confiance passe par le dialogue social. « Plusieurs décrets seront publiés avant la fin du mois de septembre qui amélioreront le bilan social des établissements de santé : ces bilans doivent être vraiment utiles et permettre une évaluation efficace des politiques conduites en s’appuyant notamment sur des indicateurs de ressources humaines pertinents. Je souhaite également qu’un volet social apparaisse très clairement dans chaque projet régional de santé, ainsi que dans toutes les opérations de restructuration qui seront conduites. La dimension sociale ne peut plus être un codicille de nos projets d’établissements. » Pour renouer la confiance avec l’hôpital, la Ministre commande un rapport à Edouard Couty.

Lire : l'hôpital reste une question centrale

En février 2013, le rapport Couty est remis. Il fait écho à la mission Fellinger/Boiron qui avait déjà remis ses conclusions en janvier l’année passée. Le constat est connu : la grogne est unanime et l’hôpital est au bord de la dépression.

La médecine libérale a certainement eu moins d’égard. Dès ses premiers mois d’exercice, la Ministre a obtenu le succès d’une négociation conventionnelle majeure entre l’UNCAM, les trois syndicats de médecins (MG France, CSMF, SML) et l’UNOCAM :

  • La mise en place d’une nouvelle procédure de sanctions conventionnelles des pratiques tarifaires excessives,
  • La création d’un « contrat d’accès aux soins » pour les médecins à honoraires libres afin de réduire les dépassements et le reste à charge des patients
  • L’extension des tarifs opposables à tous les assurés dont les revenus sont modestes (éligibles à l’Aide à la Complémentaire Santé – ACS) pour l’ensemble des médecins exerçant en secteur 2 (4,7 millions de personnes potentiellement concernées)
  • Une diversification accrue de la rémunération des médecins en secteur 1 et des adhérents au contrat d’accès aux soins.

Le début d’un divorce avec la médecine libérale… Aujourd’hui, le bilan est plutôt positif puisque l’Assurance Maladie vient de confirmer une baisse du taux de dépassements d’honoraires des médecins passant de 55,1% en 2013 à 54,1% en 2014.

Lire la suite…

Le rôle des aidants : une souffrance souvent méconnue

Conséquence du baby boom, les projections démographiques établissent un vieillissement accéléré de la population française dans les prochaines années. La dépendance constitue à ce titre un enjeu économique majeur de santé publique. Dans ce contexte, de nombreuses personnes s’occupent quotidiennement de leur proche en situation de perte d’autonomie. Souvent seuls, ces « aidants naturels » sont confrontés à des situations de souffrance et à une charge difficilement supportable. La récente loi sur l’adaptation de la société au vieillissement, adoptée en première lecture, après examen par le Sénat, le 19 mars dernier, par 178 voix pour et aucune contre, prévoit d’allouer 365 millions d’euro pour les 8 à 9 millions de personnes, aidant un proche dépendant, malade ou handicapé âgé. Un geste suffisant pour reconnaître ces aidants de plus en plus nombreux ?

Le vieillissement de la société et l’émergence d’un « 5ème risque »

La France traverse une double transition : à la fois démographique, puisqu’elle est marquée par un vieillissement de sa population en raison de l’allongement de l’espérance de vie à la naissance, et épidémiologique, puisque, de fait, le pays se trouve confronté à l’essor des maladies chroniques et dégénératives. D’ici 2050, l’INSEE prévoit que la population de la France atteigne 70 millions d’habitants dont un habitant sur trois âgé de 60 ans ou plus, soit 22,3 millions de personnes -contre 12,6 millions en 2005 (représentant une hausse de 80 % en 45 ans).

Selon l’INSEE, au 1er janvier 2010, la part des personnes de plus de 60 ans représente 23% de la population, soit 14,8 millions de personnes. Mais, par suite du baby boom, c’est la tranche des plus de 75 ans qui est de plus en plus représentée : 9% de la population totale soit 5,8 millions de personnes. Depuis 2002, l’allocation de perte d’autonomie (APA) permet de chiffrer le nombre de personnes en dépendance modérée (GIR3 et 4) ou lourde (GIR1 et 2). La dépendance d’une personne est évaluée à partir d’une grille recensant 6 groupes iso-ressources appelés GIR : du GIR6 pour une personne encore autonome pour les actes essentiels de la vie courante à GIR1 pour une personne en fin de vie ou confinée au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altérées et qui nécessite une présence indispensable et continue d’intervenants . Selon la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie, citant les chiffres de la DREES, au 31 décembre 2011, 1,2 million de personnes sont bénéficiaires de l’APA dont 721 416 à domicile et 477 851 en établissements. Lire la suite…

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer