Politique

CSG : le tour de passe-passe du Gouvernement

Après un été brûlant, l’automne pourrait bien être chaud. Le projet de suppression des cotisations chômage et du chouya de cotisation maladie en contrepartie d’une augmentation conséquente de la CSG fait partie de ces tours d’illusionnistes dont la gent publique a le secret. Derrière l’opération de jonglerie financière se confirme un mouvement de fond.

Le scénario est éculé. La première étape, dans l’euphorie du renouvellement politique, consiste à promettre une augmentation du pouvoir d’achat. La suppression de la part salariale des cotisations chômage (2,40 % sur le salaire plafonné) et de la part salariale de la cotisation maladie (0,75% sur le salaire total) est une ingénieuse poudre de perlimpinpin puisque il est prévu parallèlement une augmentation de la CSG de 1,7%.

Le différentiel pourrait apparaître intéressant (+ 1,35%). Encore convient-il de prendre la calculette car en effet le double jeu du déplafonnement et de la non-déductibilité partielle de la CSG de l’impôt sur le revenu mérite d’y regarder à deux fois.

Notons en effet que la CSG est une invention exemplaire : une somme que vous ne touchez pas mais sur laquelle vous payez des impôts sur le revenu. Même Necker en 1789 n’avait pas osé.

Sommes nulles

Quoi qu’il en soit, la mesure prévue (sans doute dans la loi de finances de l’automne) offre un coup double aux magiciens de l’économie et des finances : d’une main on donne du grain à moudre aux salariés (comme aurait dit Bergeron en 1958, le père de l’assurance chômage) et, de l’autre, on prélève sur les revenus de ceux qui sont le moins enclins à descendre dans la rue.

Encore que …

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[Intox] Quand Castaner se paye la couronne de la Reine d’Angleterre

Hier, en pleine grève des dentistes libéraux qui s’opposent au règlement arbitral, Christophe Castaner, porte-parole du Gouvernement, au micro de Bourdin a affirmé que le prix d’une couronne avoisinait les 1500€. À Marseille, on aime bien exagérer, mais le député des Alpes de Haute-Provence a provoqué une bronca chez les dentistes… Lire : Le suicide des syndicats de dentistes Interrogé par Bourdin sur la hausse de la CSG, le porte-parole du Gouvernement d’Édouard Philippe, s’est lancé dans une explication -hasardeuse- sur l’amélioration des conditions de vie des retraités, qui seraient taxés pour 60% d’entre eux, mais qui, grâce au plafonnement des prix des prothèses auditives et dentaires souhaité par Emmanuel Macron, pourront rentrer dans leurs frais… Si l’on comprend bien l’opération, les retraités ne sentiront pas passer l’augmentation de la (suite…)

[Nomination du Ministre de la Santé] Mais qui est vraiment Agnès Buzyn ?

Contrairement aux pronostics qui plaçaient déjà Olivier Veran ou Arnaud Robinet Ministre de la Santé, c’est Agnès Buzyn, 54 ans, qui prendra la suite de Marisol Touraine, avenue Duquesne. Si tout le monde loue son parcours exemplaire, certains pointent déjà ses conflits d’intérêts. Un expert sans conflit d’intérêts est un expert sans intérêt Le candidat Macron était accusé de conflits d’intérêts pour s’être entouré du Dr. Jean-Jacques Mourad, jugé trop proche des laboratoires Servier. Lors de son discours de Nevers sur la santé, Emmanuel Macron proposait de mieux rembourser les patients atteints d’hypertension, spécialité du Dr.Mourad et des médicaments Servier. C’était l’un de ses 5 axes de sa « révolution culturelle » en santé. Le Dr. Mourad a été débarqué de l’équipe santé… Lire : Macron ou le rêve éveillé Maintenant élu, le (suite…)

Entre le chaos et l’eau tiède

Le chamboulement politique que vivent les citoyens français les place dans une situation cornélienne : empêcher le chaos qu’entraînerait une victoire du Front National ou opter pour le projet peu argumenté d’un jeune premier de la classe, arrivé premier au premier tour, qui s’évertue à ménager la chèvre et le chou dans l’espoir de rebattre les cartes de la gouvernance politique française. La mal-être de beaucoup de citoyens est visible car les voilà coincés, les citoyens français, dans une situation sans comparaison possible avec le 21 avril 2002. En quinze ans, le FN s’est dédiabolisé, s’est banalisé, Marine Le Pen sourit, édulcore, rassure au point de faire oublier le fond de commerce d’un parti qui prend racine dans ce que l’histoire française renferme de plus détestable. On n’écoute plus les experts, (suite…)

Macron ou le rêve éveillé

Éditorial de la 399 Comment pouvait-il en être autrement ? À l’issue du Grand Débat organisé par TF1 et LCI avec les 5 « grands » candidats à la Présidentielle, c’est Macron qui a été jugé le plus convaincant avec 29% des intentions, selon un sondage Elabe rapporté par Europe1. Mélenchon, Le Pen et Fillon dans un mouchoir de poche, recueilleraient respectivement 20%, 19% et 19%. Benoît Hamon ne serait plébiscité que par 11 % des sondés. Mais comment pouvait-il en être autrement quand on voit l’affiche de l’annonce de ce débat historique sous la Vème république ? Emmanuel Macron est le seul à avoir le buste tourné à l’opposé de tous les autres candidats qui ont tous grise mine (à part lui qui semble bénéficier d’un traitement de faveur coloré et adouci…) Le beau parleur qui siphonne le parti (suite…)

Le suicide des syndicats de dentistes

Jeudi dernier, Marisol Touraine a reçu la proposition de Bertrand Fragonard, désigné pour arbitrer les négociations conventionnelles qui avaient échoué entre les représentants des chirurgiens-dentistes et l’Assurance maladie en janvier dernier. La Ministre souhaite ainsi « approuver cet arbitrage » qu’elle estime « en accord avec les lignes directrices » qu’elle avait tracées. Le système de négociation conventionnelle, inadapté face à la charge d’un État démiurge et d’une Assurance maladie lobotomisée a poussé les syndicats à un ultime harakiri.  Pouvait-il en être autrement ? Pourquoi les syndicats se sont obstinés dans leur ligne ?  À quoi servent les négociations conventionnelles ? Cela fait plus de 30 ans que les syndicats dentaires sont des marionnettes des négociations conventionnelles et n’ont jamais réussi à endiguer la baisse des remboursements proposés par l’Assurance maladie. Pis, si on se réfère à la convention nationale de 1997, les (suite…)

Le programme d’Emmanuel Macron est (enfin) arrivé : peu de mots sur les réformes de santé

Ça y est ! Emmanuel Macron a présenté son programme aujourd’hui à 10h30. En guise d’introduction, quelques estocades sur une droite en panique pour laisser la place à son programme. Le candidat veut redonner un renouveau démocratique en insufflant un « esprit de conquête » aux Français et leur « apporter une sécurité individuelle » pour qu’ils « choisissent leur vie » plutôt que de la « subir ». En termes de réforme santé, peu de mots. Décryptage. Lire : Programme santé de Macron, "révolution culturelle" ou paroles creuses ? Le programme du candidat tient en une trentaine de pages colorées et 6 chantiers majeurs : l’éducation et la culture, le travail, la modernisation, la sécurité, le renouveau démocratique, l’international. La santé qui constitue pourtant une préoccupation majeure des Français n’est pas un axe prioritaire du candidat. Suppression des (suite…)

La santé au coeur des présidentielles ? Encore un rendez-vous manqué

Aujourd’hui à 9h30, les principaux candidats à la présidentielle étaient invités au palais Brongniart par la Mutualité Française afin de débattre des questions de santé. Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, Benoît Hamon, Yannick Jadot puis François Fillon avaient chacun à leur tour 5 minutes pour convaincre leur auditoire, avant d’être gentiment « cuisinés » par un journaliste ou un analyste de think tank. On aurait pu regretter qu’il n’y ait pas eu de confrontation directe entre les candidats : au final, chacun a donc pu réciter sa leçon et dérouler ses arguments bien huilés sur le sujet. Les mutualistes s’invitent ainsi dans le débat sur la santé dans les présidentielles en proposant ce grand oral aux cinq candidats présents. Un grand oral assez gentillet qui nous laisse un peu sur notre faim… Ce qu’il faut retenir Le premier (suite…)

Programme santé de Macron : « révolution culturelle » ou paroles creuses ?

La Lettre de GaliléeEn attendant la publication du Petit Livre Rouge de celui qui promet, lors de son déplacement à Nevers, une « révolution culturelle » en santé, Emmanuel Macron égraine ses idées au fil  de ses prises de parole. Malgré l’absence de programme officiel (pas avant le 2 mars…), quelques grandes lignes se dégagent des propos du candidat à la présidentielle de 2017 sur les problématiques de santé.

Lire : Petit manuel de Macron-économie à l'hôpital

Emmanuel Macron se pose comme un candidat de l’innovation, de la rupture au-delà du clivage droite/gauche. En attendant des promesses écrites, on doit se contenter d’analyser sa rhétorique bien huilée. Ses premières propositions « santé », synthétisées dans un document tout rose qui fait mal aux yeux mais qu’on peut lire sans lunettes, s’articulent autour de 5 axes :

  • Révolutionner la prévention : la création d’un service sanitaire de 3 mois : « les 40 000 étudiants en santé, en médecine, en pharmacie, en dentaire, des étudiants infirmiers et infirmières, auront au moins trois mois d’actions de prévention. Ils iront, dans les écoles, sensibiliser sur le tabac. Ils iront, dans certaines écoles défavorisées, dans les EHPAD, les maisons de retraite, prévenir la mauvaise audition, certains risques liés à des maladies dentaires, certains comportements qui conduisent à des maladies. C’est bon pour les professionnels de santé, c’est bon pour le pays. C’est un décloisonnement, c’est une révolution culturelle que nous devons conduire. » a-t-il affirmé à Nevers le 6 janvier dernier.
  • Améliorer la couverture santé : prendre en charge à 100% l’optique, l’audition et le dentaire :  « Pour développer la prévention, il faut que les Français puissent prendre soin, sans se ruiner, de leurs yeux, de leurs dents et de leur audition. S’agissant des lunettes, des prothèses dentaires et de l’audition, l’objectif est de 100% de prise en charge pour 2022. Cette meilleure prise en charge ne se fera pas aux dépens des Français. En effet, la situation qui prévaut aujourd’hui, avec des prix très élevés pour ces prestations, est trompeuse car l’Assurance maladie rembourse très mal ces domaines. Ainsi, le tarif dit de « responsabilité » de l’Assurance maladie est de 7,42€. C’est peu, pour se rembourser une monture et des verres correcteurs dont le prix de vente moyen est de 299€… Pour améliorer la couverture santé des Français, les régimes obligatoire et complémentaire doivent travailler ensemble à une meilleure régulation de ces marchés.« 
  • Préserver la solidarité : le refus du déremboursement : « Face aux inégalités sociales, je suis défavorable au déremboursement des petits soins. Ce n’est pas un projet radical, c’est un projet partial, injuste et inefficace. Le projet que je porte encourage l’accès de tous aux soins. Je m’engage à ce qu’il n’y ait aucun déremboursement de soins utiles durant mon quinquennat. C’est un engagement solennel et fondamental. » a-t-il confirmé à Nevers taclant ainsi le projet de François Fillon.
  • Lutter contre le gâchis : le médicament à l’unité : « Qui n’a pas chez soi une armoire à pharmacie remplie de médicaments ? sermonne-t-il. C’est un gâchis, et pour le porte-monnaie des Français et pour les comptes publics. Une expérimentation a déjà été lancée. Mais il faut aller beaucoup plus vite. Cela demandera une adaptation importante pour les industriels et les pharmaciens. »
  • Améliorer la prise en charge des soins 50 000 patients par an ont une forme sévère d’hypertension artérielle : « Ces patients ont besoin de beaucoup plus de consultations, d’examens, ou d’hospitalisations, et de beaucoup de traitements pour se soigner. Ils étaient pris en charge à 100% jusqu’en 2011, jusqu’à ce qu’un décret signé par François Fillon, contre l’avis unanime de la communauté médicale, ne les prive de cette couverture justifiée. Cette mesure d’efficacité et de justice coûtera moins de 20 millions d’euros chaque année. »

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