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Pacte Territoire Santé 2 : Comment repeupler nos déserts médicaux ?

Lors du Congrès des médecins généralistes enseignants, ce 26 novembre à Dijon, la ministre de la Santé a présenté les 10 engagements phares de son deuxième volet du Pacte Territoire Santé lancé en 2012. Les syndicats ont accueillis cette annonce tièdement, déplorant des "mesures insuffisantes" (CSMF) "concoctées par son seul cabinet sans véritable concertation" (SNJMG). Au même moment, le CNOM présentait ses Atlas régionaux. Faut-il s'entêter à peupler nos déserts médicaux ?

Lire : Et si les déserts médicaux étaient un mirage ?

Des mesures incitatives à l’impact marginal

La Ministre à Dijon a souhaité apporter des solutions concrètes à la question : "Comment repeupler nos déserts médicaux ?", sujet de son intervention. Comment inciter les médecins libéraux à s’installer dans ces territoires en pénurie ? 

  • 1er engagement : Développer les stages des futurs médecins en cabinet de ville (étudiants en 2ème et 3ème cycles dans plusieurs spécialités, en particulier gynécologie, ophtalmologie, pédiatrie, dermatologie).
  • 2ème engagement : Faciliter l’installation des jeunes médecins dans les territoires fragiles au travers d'aides. Objectif d’ici 2017 : plus de 1 000 généralistes et spécialistes installés dans certaines zones; à la clé : des garanties de revenus.
  • 3ème engagement : Favoriser le travail en équipe, notamment dans les territoires ruraux et périurbains. Objectif : 1 000 maisons de santé fonctionnelles d'ici 2017.
  • 4ème engagement : Assurer l’accès aux soins urgents en moins de 30 minutes en augmentant le nombre de médecins correspondants du SAMU.
  • 5ème engagement : Augmenter de manière ciblée le numerus clausus régional pour l’accès aux études de médecine.
  • 6ème engagement : Augmenter le nombre de médecins libéraux enseignants : doublement du nombre de médecins généralistes "chefs de clinique" d’ici 2017 et revalorisation de la rémunération versée aux maîtres de stage.
  • 7ème engagement : Soutenir la recherche en soins primaires, avec la labellisation d’au moins une maison de santé ou d’un centre de santé universitaire dans chaque département d’ici 2017.
  • 8ème engagement : Mieux accompagner les professionnels de santé dans leur quotidien au travers d'un portail d’accompagnement des professionnels de santé.
  • 9ème engagement : Favoriser l’accès à la télémédecine pour les patients atteints de maladies chroniques et qui nécessitent des soins urgents.
  • 10ème engagement : Soutenir une organisation des soins de ville adaptée à chaque territoire et à chaque patient.

Beaucoup d'aides incitatives. Mais peu de mesures fortes. La Cour des Comptes,  dans son rapport sur les comptes de la sécurité sociale, en septembre 2015,  avait déjà relevé que "les mesures incitatives ont bénéficié essentiellement aux professionnels déjà installés et l’impact sur les nouvelles installations dans les zones sous-dotées a été marginal, voire nul pour les médecins." (p.199)

 

Lire : la révolution du premier recours

Pour la CSMF, "la question des déserts médicaux est complexe et ce plan ne résoudra pas tous les problèmes". Ces déserts médicaux sont d'ailleurs des "déserts tout court",  "marqués par le désengagement de l'État" du fait de la fermeture des services publics, des écoles et de la disparition des gares et des postes. Pour le SNJMG, ce plan est une série de "mesures gadgets qui ne peuvent résoudre les problèmes démographiques".

La France coupée en deux

Le Conseil national de l’Ordre des Médecins a présenté sa quatrième édition des Atlas régionaux de la démographie Médicale. Dans son communiqué, le CNOM entend proposer "de nouveaux critères permettant de corréler la population des médecins (densité pour 10 000 habitants et variation des effectifs des médecins sur la période 2007/2015) à la structure de la population générale, en s’appuyant sur plusieurs indicateurs sociodémographiques (variation de la population générale, âge moyen, catégories socio-professionnelles, etc.)". Ainsi, des bassins de vie en grande tension sont identifiés dans des régions, voire des départements, apparemment sans problèmes : c'est le cas en Midi-Pyrénées où, malgré une démographie médicale satisfaisante, on constate sur le territoire du Grand Toulouse un nombre de "médecins généralistes en diminution de -7.6%, sur la période 2007/2015, alors que la population générale augmente de 5.4%".

Dans la grands faits marquants, il faut retenir que malgré un nombre très important de médecins (la France n’a jamais dénombré autant de médecins), une part importante d’entre eux est aujourd’hui constituée de retraités actifs. L'Atlas national de 2014 avait déjà constaté cette tendance mais ces atlas régionaux distinguent des disparités entre régions : l’Aquitaine (25%), l’Ile de France (25,6%) et PACA (26,3%) comptent plus d’un quart de retraités, ils ne sont en revanche que 18.8% en Franche Comté.

La population médicale est vieillissante, notamment en Corse (32,5%), dans la région Centre (28,7%) et en Ile de France (29.5%) qui comptent la part la plus importante de plus de 60 ans.

Le rapport brise quelques idées préconçues sur la féminisation. Les femmes s'installent en zones rurales, contrairement à ce qu'il est coutume de croire : "certaines régions, y compris parmi les plus rurales comme la Franche-Comté, se féminisent plus vite".

Crédits photos : Debaird.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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