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Olé ! La mise à mort de la médecine libérale

Éditorial de la 308

Si l'"inventaire à la Prévert" de cette loi de santé sans véritable "colonne vertébrale" ne résout aucun des "maux structurels de notre système de santé", pour reprendre les mots de Philippe Rollandin, il aura eu le mérite de renforcer la Ministre de la Santé. Face à des médecins entêtés, Marisol Touraine s'impose comme la "caution de gauche en matière sociale", à l'image de Christiane Taubira dans le domaine sociétal avec sa loi pénale et le mariage pour tous. "L'épreuve de santé de Marisol Touraine", titrait Le Monde cette semaine, aura su fédérer une gauche élargie autour d'une loi comportant des marqueurs de gauche forts.
Et pour conforter sa politique, l'Assurance Maladie vient de confirmer une baisse du taux de dépassements d'honoraires des médecins passant de 55,1% en 2013 à 54,1% en 2014. En décembre 2013, Marisol Touraine avait signé un contrat d'accès aux soins (CAS) au travers duquel  les médecins s’engagent à geler leur tarifs pendant trois ans, à ne pas pratiquer des taux de dépassement d’honoraires supérieurs à 100 % et à appliquer le tarif opposable sur une partie de leurs consultations. Avec des débuts quelque peu chaotiques, ce contrat a pu être proposé à 11 103 médecins, principalement installés en secteur 2. Une annonce du patron de la CNAMTS, Nicolas Revel, qui tombe à pic pour la Ministre. Interrogé dans Le Quotidien du Médecin, Nicolas Revel annonce même avoir tiré les oreilles de 600 médecins pour avoir facturé leur C à 25€ au lieu de 23 (à l'appel du syndicat MG-France). Mais peut-être faudrait-il creuser au-delà de l'annonce médiatique d'un chiffre tiré du chapeau...
Côté médecin, la CARMF pointe du doigt la baisse du revenu des médecins, notamment ceux exerçant en secteur 2 : les baisses les plus fortes étant pour les chirurgiens tous secteurs (-4,56 %), les dermato-vénérologues tous secteurs (-4,99 %) et les radiologues de secteur 2 (-11,28 %). La faute au CAS ? Autre annonce de la CNAMTS dans l'actualité de cette semaine : le paiement de la rémunération sur objectifs (ROSP), introduite en 2012 pour compléter le paiement à l'acte dans la prise en charge de certains malades, qui a augmenté de 8,5% en 2014. Du grain à moudre pour la CSMF qui déplore des retards de paiement flagrants, signe de mauvaise augure pour le déploiement du tiers-payant...

Les propos de Brigitte Dormont ont défrayé la chronique : interrogée sur la médecine de ville, l'économiste la jugeait ainsi « complètement incompatible avec un système de santé comme le nôtre » et affirmait que la mise en œuvre du tiers payant généralisé signerait « la mort annoncée de la médecine libérale» ce qui, « d’une certaine manière […] est une bonne chose ». Pour reprendre les mots de l'éditorial de Philippe Rollandin, il n'en fallait pas moins aux syndicats pour foncer "comme des taureaux dans l’arène fonçant tête baissée dans la muleta rouge…"

On attend la mise à mort ! Olé !

VF

Crédits photos : Thierry Tete.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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