La marée et les astres

Éditorial de la 374

Alors qu'à l'approche des présidentielles, les équipes des cabinets ministériels se recasent à qui mieux mieux avant la tempête, Marisol Touraine semble à la manoeuvre pour positionner ses troupes. Une vraie marée descendante. Le Monde passe au crible ce "sauve-qui-peut" qui semble avoir doublé par rapport à la fin du précédent mandat. "Pas moins de 57 membres de cabinets ministériels et à la présidence de la République ont cessé leurs fonctions, soit un peu plus de 10 % des effectifs. Par comparaison, ce nombre était de 28 en 2011 sur une période identique." Dans ces eaux troubles et mouvantes, pourtant, les gros navires manoeuvrent : le 28 septembre prochain se dérouleront l'élection par son conseil d'administration du prochain président de la Fédération hospitalière de France (FHF). Et vendredi dernier, deux candidatures ont été enregistrées : celle du président sortant, Dr. Frédéric Valletoux (LR) et de son colistier le Pr. Jean-Louis Touraine; mais également celle du Dr. Olivier Veran (député PS) et de son colistier Édouard Couty, ancien patron de la DGOS au Ministère. On se souvient qu'en mars 2013, Marisol Touraine avait repris 13 propositions du rapport Couty pour renouer la confiance avec l'hôpital. Et Olivier Veran, après avoir été rapporteur de plusieurs volets de la loi de santé de 2016, a été chargé de réfléchir sur les réformes possibles du mode de financement des établissements de santé.

Lire : Marisol Touraine, le bilan des 3 ans

Une bataille éminemment politique donc où l'on sent bien que la présidence de Véran à la FHF arrangerait la politique du Ministère. Certains y voient même clairement une "OPA de la Ministre de la Santé" qui verrait cette élection d'un bon oeil et "veillerait personnellement à un "alignement favorable des planètes"...

Pendant ce temps, la Fédération de l'Hospitalisation Privée (FHP) fulmine contre ce quinquennat et les "mesures punitives et vexatoires" qu'il lui a infligé. Lamine Gharbi, son président, lors d'une conférence de presse de rentrée, jeudi dernier, en appelle à la Ministre de la Santé. Il s'est alarmé de "toute une série de mesures, qui vont de la dégressivité tarifaire au coefficient prudentiel, et maintenant en préparation un contrôle du bénéfice raisonnable de nos établissements, alors que notre secteur affiche une rentabilité d’à peine 3%. Jamais, je crois, depuis 1945, l’hospitalisation privée en France n’avait connu de telles attaques, non seulement sur le plan financier, mais également dans la remise en cause de sa place, de son utilité et de sa participation aux missions de santé". Le service public hospitalier et l'article 99 de la loi de santé ne passent décidément pas...

Lire : Croissance, le syndrome d'Ulysse

On attend la parution des fameux décrets en cours d'écriture sur les "bénéfices raisonnables" prévus par la loi de santé de 2016 et qui transposent une directive européenne. Ces décrets prévoient un mécanisme de récupération des excès de financements des établissements qui réaliseraient des profits jugés élevés. Avec un taux de "bénéfice raisonnable" fixé à 10 % du chiffre d'affaires, ce seraient les ARS qui récupèreraient le surplus. De quoi alimenter les discussions de leur université d'été consacrée à l'innovation qui s'ouvre aujourd'hui à Paris.

Crédits photos : Martine.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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