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[Re]vue de Web : La France est-elle en bonne santé ?

Cette semaine d'actualité est marquée par la publications de plusieurs rapports intéressants sur l'état de santé et sur la démographie médicale. Nous y reviendrons en détail dans la semaine.

L'état de santé de la population

L'IRDES publie ce mois-ci une étude européenne sur l'état de santé des populations. Il s'agit d'un panorama extrêmement complet sur l'année 2014, représentatif de 95% de la population française.

Ainsi, selon les résultats de l'enquête, en France métropolitaine, 69 % des personnes âgées de 15 ans ou plus se déclarent en "bon" ou " très bon" état de santé (p.35). Près d'une personne sur trois déclare un état de santé "assez bon", "mauvais" ou "très mauvais" (p.30) : 23 % déclarent un état de santé "assez bon" et 7 % un "mauvais" ou "très mauvais" état de santé .

Ce sont les catégories sociales les plus défavorisées qui déclarent être en moins bonne santé que les autres.

Lire : Pauvreté et minima sociaux : vers une nouvelle donne ?

Un problème de santé chronique ou de caractère durable est déclaré par 38 % de la population et 26 % déclarent une limitation dans leurs activités habituelles. Environ 9 % des femmes et 5 % des hommes souffrent de symptômes dépressifs, ce qui place la France au huitième rang des 26 pays pour lesquels ces données sont disponibles.

Lire : La pauvreté dans les villes : des disparités préoccupantes

Le rapport note que près de 5 % de la population n'a pas de couverture complémentaire santé, en particulier les plus précaires. Malgré des dispositifs d'aide existants, comme la CMU-C et l'ACS, le premier motif de non-recours demeure le coût trop élevé des contrats.

Le CNOM publie son rapport annuel sur la démographie médicale

Le Conseil de l'Ordre des Médecins (CNOM) a rendu public le 17 octobre dernier son traditionnel rapport annuel sur la démographie médicale pour la dixième année consécutive. L'occasion de mettre en perspective dix ans de démographie médicale. Ainsi, entre 2007 et 2017, si le nombre de médecins inscrits augmente, "la proportion des professionnels en activité régulière recule de 10 points depuis 2007 pour atteindre 68% en 2017".

Lire : Et si les « déserts médicaux » étaient un mirage ?

Sans surprise, le rapport met en lumière l'exacerbation des disparités territoriales, parfois déconnectées des dynamiques démographiques des territoires : dans 45 départements, si la population générale est en hausse, le nombre de médecins quant à lui baisse.

Lire : Désertification, métropolisation et lutte des classes : les médecins dans le viseur

L'Ordre alerte ainsi sur la baisse préoccupante des médecins généralistes alors même que la population nationale augmente. "Face à ces disparités territoriales et à cette baisse généralisée, la définition en 2012 de zones déficitaires par les ARS et les mesures qui leurs sont liées n’ont pas eu d’impact. La quasi-totalité des installations des médecins généralistes ont eu lieu en dehors de ces zones." Et Agnès Buzyn qui en remet une couche !

Lire : Richard Ferrand, la prescription et les déserts médicaux

Le CNOM publie simultanément à l’Atlas 2017 une étude sur les flux migratoires de médecins à diplômes étrangers en France. Le nombre de médecins étrangers en activité régulière depuis 10 ans ne cesse d'augmenter pour représenter 11% de l’activité régulière en France en 2017.

Lire : Déserts médicaux : des airs de déjà vu

Toutefois, contrairement à une idée largement répandue, ce flux n’est pas une réponse aux difficultés territoriales d’accès aux soins car les médecins étrangers ne s’installent pas non plus dans les zones définies comme déficitaires par les ARS. D'autant que comme les médecins français, ils privilégient l'exercice salarié (les formalités pour exercer en libéral sont d'ailleurs assez complexes pour les diplômes étrangers).

Lire : Démographie médicale : un médecin sur cinq est étranger

Les départements ont attribué 4,2 millions de prestations sociales

La DREES a publié un rapport sur les prestations sociales des départements en 2016. On comptabilise ainsi 4,2 millions de prestations, essentiellement ciblées sur le RSA socle et les contrats d'insertion (2 millions). Si entre 2015 et 2016 le nombre de prestations diminue (-1,3 point), porté par la baisse des prestations RSA (à cause de la fusion du RSA activité avec la prime pour l'emploi), entre 2012 et 2016, les prestations augmentent de 3,8 à 4,2 millions (+8,6 points).

Lire : Dépenses d’action sociale : vers la fin de la solidarité locale ?

La Lettre de Galilée

Selon le dernier rapport de la Cour des Comptes sur les finances publiques (chapitre 5, p.215), les dépenses sociales des départements représentent 32Md€, soit plus de la moitié (55 %) de leurs dépenses de fonctionnement. Entre 2010 et 2016, les dépenses sociales ont augmenté de 24,5%, absorbées majoritairement par la croissance des dépenses de RSA depuis 2010 (+ 44 %). "La vive croissance des dépenses sociales est la principale cause de la dégradation de l’équilibre financier des départements" (p.238).

Lire : Revenu universel de base : utopie à la mode ou nécessité sociale ?

Malgré les compensations financières de l'État et les nouveaux financements, le "reste à charge" pour les collectivités locales reste très important. Ainsi, "le montant des ressources transférées par l’État a progressé de 1,5 Md€ au lieu de 3,2 Md€ pour les dépenses d’allocations. La part des dépenses non couvertes par des financements spécifiques est passée de 6,2 Md€ en 2011 à 7,9 Md€ en 2015" (p.234).

Crédits photos : jope Lines

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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