La Cour… toujours

Le roboratif rapport annuel de la Cour des Comptes fait le point sur les suites données à ses contrôles. Le Gouvernement n’est pas le plus mauvais élève. Mais on ne sait rien sur les communes. Élections obligent.

La Lettre de Galilée

Une remise d'Oscars à l'envers pour la Cour des Comptes

La publication du rapport de la Cour des Comptes est toujours un événement. Entre les primés de la mauvaise gestion et les nominés du laxisme, la Cour mériterait une remise de prix largement diffusée sur les chaînes de télévision publiques, avec smokings et nœuds pap’, magistrats en robe et hermine, gardes républicains en tenue d’apparat.
Une remise d’Oscars à l’envers en quelque sorte avec une distribution de bonnets d’âne.
"Le prix de la gestion la plus désordonnée est attribué à... la CIPAV (caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse des professions libérales)".
"Le prix du meilleur fiasco financier est attribué à... la coopération franco-britannique en matière de porte-avions".
"Le prix de la débrouille est décerné... aux 800 000 personnes qui voyagent à l’œil à la SNCF."
Et ainsi de suite, car les 1 500 pages du rapport regorgent de données qui auraient certainement fait le bonheur de Jean-Pierre Pernaut il y a quelques années dans une émission nunuche, "Combien ça coûte ?", malheureusement susceptible de réapparaître sur la chaîne de Bouygues pour le grand bonheur du contribuable moyen.

Le plus succulent sous embargo

Si l’accès public aux contrôles et avis intégraux de la Cour est une exigence démocratique, la vulgarisation par les médias est à prendre avec des pincettes. Le Monde en a fait une présentation plutôt intelligente avec cette tentation cependant (comme nous l’avons fait ci-dessus) de ne retenir que les sujets les plus friands. Idem pour Libération. Mais Le Point fait sa manchette sur le privilège des cheminots et BFMTV fait la même chose, alors que, tout bien pesé, la SNCF n’est pas sur le podium des plus nuls mais dans la catégorie des élèves à surveiller.
C’est là tout le danger. Chaque média puise dans les rayons des comptes publics ce qui correspond à son lectorat au risque de shunter l’essentiel, parler de la fuite du lavabo alors que le pays est inondé.

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À propos de Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international. Voir tous ses articles.
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