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Amour, gloire et homéopathie : le monde médical se déchire

Cette semaine, les médecins ont trouvé des sujets pour ne pas s'entendre.

Faut-il interdire les relations sexuelles entre médecins et patients ?

Dans la foulée de l'affaire Weinstein, le climat victorien qui règne un peu partout réveille les passions les plus sordides. Cette fois-ci, c'est le médiatique médecin-blogueur Dominique Dupagne, que l'on a connu mieux inspiré, qui jette l'opprobre sur sa profession.

Mardi dernier, il a lancé une pétition en ligne pour intégrer dans le Code de Déontologie un article visant à interdire toute relation sexuelle avec ses patients. Alors que l'antique Serment d'Hippocrate contenait une interdiction explicite, le Code de Déontologie actuel quant lui a gommé toute allusion. Le médecin argumente : "Pour protéger les patient(e)s, mais aussi les médecins peu ou pas formés à ces risques, nous demandons à la Ministre de la Santé de publier un décret permettant l’ajout d’un article spécifique au Code de Déontologie Médicale. Son libellé (au masculin neutre comme pour les autres articles du Code) pourrait être le suivant : "Le médecin doit s’interdire toute relation sexuelle avec les patients dont il a la charge". Le Conseil de l’Ordre devrait logiquement soutenir cette demande."

Les médias remontent des témoignages poignants. En 2016, l’Ordre a prononcé 35 sanctions et 6 radiations en première instance et 15 sanctions et 4 radiations en appel pour manquements déontologiques à caractère sexuel. Par voie de communiqué de presse, l'Ordre estime "infondée, et inopérante en pratique, une demande de modifier le code de déontologie médicale", en rappelant qu'il dispose déjà des moyens pour sanctionner les professionnels. Au contraire, rajouter un article aussi ferme risquerait d'attirer une condamnation de la CEDH.

Un amour sincère ne peut-il pas naître dans le colloque singulier ?

Les réactions de certains médecins ne se sont pas fait attendre. Face à l'habituel docbashing, comme le remarque Adrien Renaud de What'sUpDoc?, "le débat sera tranché par l’opinion publique, et non par la profession"

Les homéopathes passent à l'attaque

Dans une tribune que nous évoquions la semaine dernière, 124 signataires décriaient publiquement les #fakemed, les médecines alternatives, notamment l'homéopathie. Les professionnels incriminés contre-attaquent.

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Plusieurs syndicats (l'Union Collégiale, le Syndicat des Médecins Indépendants Libéraux Européens, le Syndicat de la Médecine Homéopathique, le Syndicat des Mésothérapeutes Français, l'Association pour l'Utilisation Rationnelle des Médecines Alternatives), jugeant cette tribune "insultante et anti-confraternelle", ont ainsi saisi l'Ordre des Médecins.

Toutefois, souhaitant certainement clarifier un débat crispé, les services du Premier Ministre ont publié, le 20 mars dernier, une mise en garde sur les pratiques de soins non-conventionnelles, précisant leurs différences avec la médecine conventionnelle et notamment leur absence de validation scientifique ainsi que leur dangerosité potentielle.

De son côté, l'Ordre des Médecins a souhaité s'exprimer, le 22 mars, "regrette que la forme véhémente de l’interpellation publique, dans laquelle l’Ordre est impliqué, ait davantage alimenté le buzz médiatique d’un moment qu’une réflexion sereine et argumentée sur le sujet" et "appelle tous les médecins, lorsqu’ils s’expriment dans l’espace public dont les réseaux sociaux font partie, à tenir compte des conséquences que leurs propos peuvent avoir sur le public en général et le trouble que cela peut créer chez les malades, en particulier". Sur le fond, le CNOM demande à l'Académie nationale de médecine "de bien vouloir se saisir de nouveau du sujet" ainsi qu'à la Haute autorité de santé et l’Agence nationale du médicament et des produits de santé. 

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Crédits photos : Boiron Groupe

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée.Voir tous ses articles.
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