La Lettre de Galilée

Touraine bashing

Mardi 17 mars

Le Gouvernement espérait qu’elle fasse pschit; la mobilisation des professionnels de santé a fait carton plein : ils étaient entre 20 000 et 40 000 à battre le pavé parisien, remontés contre le projet de loi de santé. Ambitieuse, cette loi est la goutte d’eau qui fait déborder un vase rempli depuis les ordonnances Juppé de 1996; elle aura réussi à noyer les professionnels de santé dans un système jugé de plus en plus centralisé et administratif.

Des médecins généralistes libéraux, furieux contre un tiers payant dont le groupe de travail de concertation lancé en début d’année a pointé les difficultés techniques de mise en œuvre; mais également des internes et des étudiants reprochant à la loi de santé d’oublier les soins ambulatoires. D’autres professionnels de santé libéraux (sages-femmes, dentistes, kiné, etc.) étaient présents pour manifester leur rancœur et leur malaise. Le 10 mars dernier l’annonce de la baisse de 2,5% des tarifs pour les hôpitaux privés (contre 1% pour l'hôpital) a même incité directeurs d’établissements et chirurgiens libéraux à rejoindre le mouvement ensemble. La Fédération Hospitalière Privée réclamant la démission pure et simple de Marisol Touraine.

Sur fond d’élections dans chaque camp (professionnelles pour les uns et départementales pour les autres), c’est une véritable bataille rangée, napoléonienne, qui ne peut décevoir. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a d’ailleurs demandé à l’exécutif de "ne pas céder sur le tiers-payant". Invoquant les Pères de la IIIème République, la crispation idéologique sur le dossier interroge la pertinence de la concertation menée jusque-là.

Heureusement que Marisol Touraine n’a pas eu le plaisir de porter un autre sujet brûlant : celui de la loi sur la fin de vie votée le 15 mars dernier. C’est un« sujet présidentiel ». L’engagement 21 du candidat à la Présidence porte la marque de François Hollande : un consensus mou qui mécontente tout le monde. Garder le cap au mépris des simulacres de concertation, en s’abritant derrière des éléments de langage et de communication bien huilés, c’est certainement la seule arme qui reste. Les astres finiront bien par s'aligner un jour. Ou pas.

Autre patate chaude passée trop inaperçue, l'examen aujourd'hui par le Sénat de la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement valorisant le rôle des aidants familiaux. 

Dans les faits divers, on notera le changement de nom de l'hôpital Charles Richet, jugé trop «raciste». Une façon de s'enfoncer davantage dans une idéologie du ressentiment -en oubliant certainement un colonialisme largement porté par les hommes politiques de gauche de la IIIème république si souvent et chèrement invoqués. Ainsi, deux heures après sa prise de fonction François Hollande avait créé la polémique en rendant un vibrant hommage à Jules Ferry le 15 mai 2012. Ce même Ferry qui déclarait à propos de l'Afrique noire de l'époque que "les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures"...

Mais que retiendra l'Histoire de nos réformateurs-astrologues ? Et peut-être avant, les prochaines élections !?

VF

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Mourir à l'hôpital est-il un échec ?

Mourir à l'hôpital est-il un échec ?

1574 mots

Remanié par la Commission des Affaires Sociales, le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement est examinée aujourd'hui par les sénateurs. Concernant les aidants prenant soin d'un proche âgé, la commission des affaires sociales a proposé de renforcer le rôle des Conseils Généraux dans la prise en charge des personnes âgées, notamment dans le soutien, l'accompagnement et la valorisation des proches aidants par l'ajout de l'article 52 A.  L'observatoire national de la fin de vie (ONFV) en mars 2013 avait publié un rapport intitulé "Vivre la fin de sa vie chez soi". Autour de 10 questions, ce document lèvait le voile sur un sujet tabou qui se pose avec acuité en France alors qu'est débattue la loi sur la fin de vie. Marisol Touraine a demandé d'engager davantage de formation sur les soins palliatifs à l'attention des professionnels de santé intervenant au chevet des patients en fin de vie.

 

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Fin de vie : chronique d'une loi qui déçoit

1371 mots

Le vote de la loi sur la fin de vie ne se fera pas sans douleurs. Mesure emblématique du candidat Hollande, l’engagement 21 souhaitait ouvrir  "pour toute personne majeure en phase avancée d'une maladie incurable" un droit à "bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". Le 14 janvier, lors d'une conférence de presse à l’Élysée, il a rappelé qu’il souhaitait une nouvelle loi pour compléter la loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des patients en fin de vie. Aujourd’hui débattue au Parlement, cette loi tiède déçoit les parties prenantes.

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#5 Trois milliards de coupes budgétaires pour les hôpitaux