Politique

Présidentielles : se « trumper » ou « mariner » ?

Au lendemain de l’élection présidentielle américaine qui a vu la victoire de Donald Trump, l’élite occidentale se demande, après le choc des résultats, pourquoi les américains se sont-ils « trumpés » ?  En France, à quelques mois de l’élection présidentielle, l’événement américain associé au récent Brexit, amène l’intelligentsia à s’interroger : les français risquent-ils de « mariner » en portant le Front National et Marine Le Pen à la tête du pays ? Pourquoi les américains se sont-ils « trumpés » ? Les temps changent. Seules les élites bien-pensantes et sûres d’elles mêmes, journalistes, instituts de sondage, politiciens et autres intellectuels, ne voient, ni n’entendent ce changement climato-politique venu des peuples en souffrance, des peuples en désespérance. Pourtant les observateurs nous disent que les conditions et le niveau de vie mondial se sont globalement améliorés. Nul ne le conteste. Mais les richesses, (suite…)

Présidentielles : du sang et des larmes

Éditorial de la 380 L‘opinion aime à voir le sang. Elle se surprend même à aimer entendre le bruit des vertèbres qui craquent. Et les Français, quand il n’y a plus de pétitions qui circulent sur Facebook contre les vaches à hublot ou contre les courses de lévriers, se passionnent pour le combat des primaires de droite. Même Tinder s’y met. Non pas des idées ! Du spectacle ! Arnaud Bouthéon dans les colonnes du Figaro résume ce « loft électoral »: « L’acédie mine le pays, encore trop anémié pour se révolter. Trouvons-lui son hochet. Pour l’occuper, le divertir. Peut-être aussi, le disperser. Le nouveau produit des primaires nous vient d’Outre-Atlantique. Tel un formidable bonus démocratique, il offrirait ce second effet d’ajuster désormais à quatre années l’exercice du pouvoir présidentiel. Le temps presse. Accélérons. (suite…)

Les données de santé en libre échange

La marchandisation étend son emprise sur les données de santé qui valent de l’or pour les géants du Net. Le traité de libre-échange (CETA) entre le Canada et l’Union européenne donne la possibilité à Google de s’emparer de ce pactole au mépris des règles éthiques et des réglementations visant à protéger la vie privée. La résistance des wallons a empêché cette dérive. Mais pour combien de temps encore ? Lire : L'ubérisation de la santé est en marche Ils ont des chapeaux ronds, vive les Wallons. Il faut féliciter une fois, le gouvernement de la province francophone de Belgique d’avoir joué les Astérix en s’opposant et en bloquant – même provisoirement – la signature du Traité de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne, le désormais fameux CETA. Certes, leur résistance (suite…)

Revenu universel de base : utopie à la mode ou nécessité sociale ?

Si le revenu universel, ce concept à la mode, n’emporte pas l’adhésion de la majorité des Français, il  séduit néanmoins plusieurs candidats à la présidentielle comme Frédéric Lefebvre, Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann ou Nathalie Kosciusko-Morizet. On l’avait aussi déjà entendu dans la bouche de Christine Boutin en 2003 ou de Dominique de Villepin en 2011. Le revenu universel de base est-il un gadget social ou une révolution nécessaire ?

Le revenu universel est un concept à la mode dont les sirènes ont presque séduit le Sénat qui a conduit depuis mai dernier une mission d’information, présidée par Jean-Marie Vanlerenberghe, dont le rapport final a été publié la semaine dernière. Ce rapport sur l’intérêt et les formes possibles de mise en place d’un revenu de base en France, présenté par Daniel PERCHERON, revient sur cette idée humaniste qui resurgit dans le débat social actuel et propose de prudentes recommandations.

Lire : Sécurité sociale, faut-il débrancher la vieille dame ?

C’est à Saint Thomas More, le pieux chancelier du roi d’Angleterre Henri VIII (qui avait payé de sa tête sa fidélité à l’Église lorsqu’il avait reproché les errements conjugaux de son roi), que l’on doit l’origine des réflexions sur l’assurance pour tous d’un revenu minimum. Dans son île utopique, le magistrat imagine une société équitable où « sans argent, l’existence pourrait être facilement garantie à chacun ; et que la clef d’or, cette bienheureuse invention qui devait nous ouvrir les portes du bonheur, nous les ferme impitoyablement« . Cela a contribué à la promulgation de la loi sur les pauvres en Angleterre en 1601.

En France, aujourd’hui le revenu universel pourrait être la conséquence logique de l’instauration en 1988 du Revenu Minimum d’Insertion (RMI). C’est en tout cas ce que pense Lionel Stoléru dont les travaux ont inspiré en partie la création du RMI : « la mise en œuvre d’un revenu universel  l’aboutissement logique et inéluctable du processus engagé avec la création du RMI et poursuivi avec sa transformation en revenu de solidarité active (RSA) » (pp.18-19).

Lire : Dépenses d'action sociale : vers la fin de la solidarité locale ?

La Lettre de Galilée

Lire la suite…

Présidentielles et santé : pourquoi rien ne change jamais ?

Éditorial de la 376 Personne n’y croit. Et pourtant les communicants redoublent de pédagogie pour nous convaincre que tout va pour le mieux. Un peu comme Édouard Herriot durant l’été 1933 qui visitait, enthousiaste, une Ukraine dévastée par la famine. Marisol Touraine annonçait la fin historique du « trou » de la sécu, comme une réalisation majeure du quinquennat Hollande. « L’histoire du quinquennat, c’est la fin des déficits sociaux » disait-elle en substance… Passant allègrement sous silence la détérioration toujours alarmante, en raison de l’augmentation du nombre de chômeurs, du Fonds de solidarité vieillesse (3,9Md€ de déficit annuel),  qu’un rapport du Sénat avait déjà pointée en juin dernier (voir aussi pp.44-45 du rapport de la Cour des Comptes ci-après), et confondant à dessein l’amélioration avérée du déficit annuel (ramené à -400M€) et la dette cumulée de (suite…)

Convention des chirurgiens-dentistes : 200 millions d’euro à se mettre sous la dent

La Ministre de la Santé a promis un geste de 200 millions d’euro pour mieux rembourser les soins dentaires. La Cour des Comptes quant à elle consacre un chapitre sur les soins dentaires. Des annonces qui arrivent à point nommé alors que s’ouvrent depuis jeudi les négociations autour d’une nouvelle convention entre les chirurgiens-dentistes et l’Assurance-maladie. Entre l’annonce de la Ministre et les propositions soviétiques de la Cour des Comptes (conventionnement sélectif, soutien aux réseaux de santé dentaire, transmission des actes y compris non remboursables, etc.), la messe est dite pour les dentistes…

Selon une étude de l’IRDES de 2008, « en 2006, un Français sur sept déclare avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des douze derniers mois. » Les soins dentaires représentaient 63% de ces cas de renoncements (contre 25 % pour les lunettes).

Un désintéressement des pouvoirs publics

La Cour des Comptes, dans son rapport sur les comptes de la Sécurité Sociale, publié consacre son chapitre 6 aux soins bucco-dentaires qui représentent en 2014, 10,6 Md€, soit 5,6 % de la consommation totale de soins et de biens médicaux. Ainsi, « l’assurance maladie obligatoire de base joue un rôle minoritaire dans le financement total de la dépense. En 2014, elle ne prenait plus en charge que 33 % des dépenses dentaires (3,5 Md€ environ), contre 39 % pour les assurances complémentaires (4,1 Md€) et 25 % pour les ménages 231 (2,7 Md€). » (p.250) Si le reste à charge pour le patient est stable depuis 2008, bien qu’élevé, on constate une « érosion accentuée de l’intervention de l’assurance maladie » au profit des complémentaires qui sont ainsi devenus « les premiers financeurs des soins dentaires, avec un montant remboursé de 4,1 Md€ en 2014. » (p.251)

Lire la suite…

Santé : Quand Big Brother surveille votre comportement

Le rapport Lemoine en 2014, celui du Conseil national du numérique ou du Sénat en 2015 ont déjà largement évoqué, et alerté, sur les intrusions des politiques de santé, privées comme publiques, dans la vie et le comportement des individus. Assurances d’entreprise adaptées au comportement et à l’état de santé des salariés, taxes comportementales sur les produits néfastes pour la santé (soda, huile, etc.), interdiction et sanctions en tous genres… le panel est large aujourd’hui pour régenter les sociétés. D’autant qu’elles en sont demandeuses : 80 % des salariés français estiment que l’entreprise a un rôle à jouer pour contribuer à leur bonne santé et 1 Français sur 2 réclame un accompagnement personnalisé  de prévention (sondage Deloitte et Viavolce). « Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu’elles sont opprimées. » Orwell avait résolument raison.

Le comportement des individus a toujours fasciné les politiques de santé publique. Dans un article consacré à Michel Foucault et la santé publique, Michela Marzano s’interroge : « comment concilier le droit d’un État d’intervenir sur les comportements individuels dès lors qu’ils sont jugés nuisibles à l’ensemble de la société avec les libertés personnelles de chacun qui s’expriment désormais par le biais du consentement des individus.(…) Néanmoins, aucune politique ne peut être totalement « neutre ». (…) Les politiques de santé publique vont de pair avec la surveillance des individus et la mise en place du pouvoir disciplinaire, qu’il s’agisse du contrôle des naissances, de la nécessité de réguler les accidents du travail par des mécanismes assurantiels ou encore des politiques de vaccination. (…) N’y a-t-il pas derrière ce souci des autres une volonté de discipliner les individus en rentrant dans leur propre vie ? »

Lire : e-santé, les connexions dangereuses.

Du coup de pouce au coup de fouet

Depuis quelques années, l’économie comportementale intègre une régulation de nos modes de vie en proposant à chacun une « architecture de (bons) choix« . Ainsi, en santé publique, pour lutter contre l’obésité, le tabagisme ou l’alcoolisme, les gens sont incités en douceur à changer leur comportement, plutôt que de les y contraindre par la force ou de les sanctionner. Cette méthode a été popularisée en 2008 dans le livre de Cass Sunstein et Richard Thaler intitulé « Nudge : la méthode douce pour inspirer la bonne décision ». Elle a ainsi été baptisée « nudge » (coup de pouce) car elle organise les choix sans forcer les individus qui agissent de manière irrationnelle.

Lire : l'ubérisation de la santé est en marche.

Concrètement, « une idée toute simple a permis de rendre les toilettes masculines plus propres. Il a suffi de mettre un autocollant représentant une mouche à un endroit stratégique de l’urinoir. Cette mouche constitue une cible que les hommes ne manquent pas de viser. Cet exemple, qui peut paraître trivial voire risible, a cependant des conséquences non négligeables sur la propreté des latrines puisque cette astuce permet à elle seule de diminuer de près de 80 % les projections d’urine sur le mur ou sur le sol, soit un gain manifeste au niveau de l’hygiène et une économie substantielle en termes d’entretien. » (p.50) selon un document d’étude sur le sujet du Centre d’Analyse Stratégique en 2010. Néanmoins, quelques pages plus tard, les auteurs s’interrogent : « se posent les questionnements éthiques soulevés par le paternalisme libertaire. A-t-on le droit d’orienter le comportement des citoyens ? Il faut veiller à ce que la volonté d’inciter pour le bien de chacun ne se mue pas en désir de contraindre. Tant que le citoyen restera « l’architecte de son choix », ce ne sera pas le cas. Autrement dit, tant que les individus seront informés de la méthode et maîtres de choisir une voie qui n’est pas celle vers laquelle les oriente le nudge, cette politique pourra être légitimement appliquée. » (p.54)

Mardi dernier  l’assureur Generali a annoncé pour ses clients entreprises (134 000 entreprises en France) la mise en place d’un programme de prévention « clé en main et novateur »  visant à « améliorer le bien-être de leurs salariés« . Baptisé Generali Vitality, ce programme est déployé en France et en Allemagne, « selon des modalités différentes, en fonction des stratégies et réglementations locales« . Car pour contourner les interdictions et la réglementation en vigueur en France, il a fallu filouter. A deux reprises :

Lire la suite…

Les médecins et l’Assurance Maladie signent la convention… de 1971

A l’heure des grands défis de la révolution médicale – ubérisation, big data, médecine 4P – les syndicats de médecins et la Caisse nationale d’assurance-maladie ont conclu une convention qui tourne le dos à l’avenir. Organisant le suicide collectif des médecins, cette Convention semble tout droit sortie d’une sorte de Jurassik Parc politique et social. Décryptage. Comme il était prévisible, la Caisse nationale d’Assurance-maladie et les syndicats de médecins (certains d’entre eux au moins) ont trouvé un accord après une négociation qui a connu son lot habituel de coups de menton et de bluff réunis. Lire : Négociations conventionnelles, une signature en demi-teinte. Il s’agissait d’une discussion de marchands de tapis puisque l’enjeu était simplement de se répartir le gâteau, soit 1,2 Md€, que la Caisse nationale d’assurance-maladie avait mis (suite…)

L’Ordre des Pharmaciens dans la tourmente de sa clause de conscience

L’Ordre des Pharmaciens se trouve pris dans une tourmente médiatique dont il se serait bien passé. Mercredi dernier, le député Jacques Bompard a proposé une loi dont l’article unique affirme que « le pharmacien dispose d’une liberté de conscience lui permettant de refuser d’acheter, de préparer ou vendre tout médicament ou traitement qu’il jugera dangereux pour le patient ou susceptible d’affecter la vie humaine. » (notez en préambule la jolie citation de Pierre Rabhi copiée/collé du Monde avec les liens hypertextes…). On pensait la controverse apaisée; la voilà ravivée. De quoi clarifier définitivement les choses. Pour justifier sa proposition, le député rappelle qu' »alors que la clause de conscience est reconnue dans les cas d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) pour les médecins, sages-femmes, auxiliaires médicaux, kinésithérapeutes ou orthophonistes, elle ne l’est toujours pas (suite…)

À Colomiers, Marisol Touraine défend son maigre bilan

Faute d’université d’été du PS, prévue à Nantes et annulée pour des raisons de sécurité, c’est à Colomiers, en proche banlieue toulousaine, que s’est tenu, ce lundi 29 août, un meeting socialiste autour de la République. L’occasion de resserrer les troupes autour de Hollande. Marisol Touraine, notre Ministre de la Santé, était de la partie et n’a pas mâché ses mots contre la droite. Elle avait annoncé la couleur dans un entretien au JDD la veille : la campagne de Nicolas Sarkozy, « c’est « no limit » sur le populisme, il parie sur le déclinisme, le pessimisme. Son programme est anxiogène, destructeur sur le plan social. Il remet en cause des pans entiers de notre modèle social : déremboursements généralisés, recul de l’âge légal de départ à la retraite, mise à bas du code du travail.« 

Le lieu était-il bien choisi ?

Déjà, la veille, Jean-Luc Mélenchon avait prononcé un discours à Toulouse, à l’issue de l’université d’été du Parti de Gauche. La CGT avait d’ailleurs été offusquée de ce choix : à quelques encablures de Toulouse, Colomiers était la ville de Georges Séguy, ancien secrétaire général du syndicat de 1967 à 1982 et décédé le 13 août dernier. Cédric Caubère, responsable de la CGT31, dans une lettre ouverte au Premier Ministre, avait jugé cette arrivée comme « une provocation indécente« .

Lire la suite…

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer