Numérique

Quand Google nous vaccinera…

Bill Gates vend des vaccins avec GSK; Larry Page décode l’ADN et mise sur l’éternité de notre santé… Big Pharma et GAFA, le cocktail détonnant ! Les nouveaux géants du numérique ont réussi à faire de nous des êtres numériques, connectés en permanence. Grâce à nos comportements sur Internet, Google est capable d’annoncer une épidémie de grippe. Autant de données personnelles qui permettent d’améliorer notre santé, d’anticiper nos risques et proposer une meilleure prévention/vaccination.  De Big Pharma à Big Brother, n’y aurait-il qu’un pas ?

 

Google Flu, les limites du modèle prédictif

Confirmé par une étude de la revue Nature, les comportements des internautes renseignent sur la progression de la grippe : et les données réelles colligées confirment les tendances observées par Google. Google peut ainsi proposer un modèle prédictif basé sur l’analyse des BigData nommé Google Flu. Le site nous explique : « chaque semaine, des millions d’internautes du monde entier recherchent des informations ayant trait à la santé. (…) Nous avons en effet remarqué une corrélation étroite entre le nombre d’internautes qui recherchent des termes liés à la grippe et le nombre de personnes présentant les symptômes de cette maladie. (…) La comparaison du nombre de requêtes Google par rapport aux données des systèmes de surveillance conventionnels a démontré que la fréquence de nombreuses requêtes augmentait au moment de la saison des grippes. » Lire la suite…

Numérique & Santé : le baron perché

Le Commissariat général à la Stratégie et à la Prospective (CGSP) -ex Centre d’Analyse Stratégique- vient de publier un  rapport sur les territoires du numérique sous la direction de Claudy Lebreton. Les pages 92 à 107 traitent des enjeux liés à la santé. Le chapitre « santé et dépendance » du rapport rappelle, par une revue de littérature assez scolaire, les enjeux de la « révolution bio-informatique » : « ces avancées technologiques pourraient faire basculer la médecine du XXème siècle dans un nouveau paradigme interdisciplinaire qui remettrait en cause les compétences, les savoirs et les métiers actuels.(…) Percevons-nous bien la révolution bio-informatique et génomique qui s’annonce ? (p.93-94) ». Le décor est planté. Un bilan sans concession Si le numérique est une révolution, elle est portée par le « patient 2.0« , ce « citoyen-patient« , car les médecins sont (suite…)

Le parcours du patient au coeur des nouvelles technologies

Dans le cadre des Salons de la Santé et de l’Autonomie organisé du 28 au 30 mai, j’ai eu le plaisir d’animer une conférence intitulée : « Transformer l’organisation des soins avec les technologies de l’information et de la communication (TIC) : le défi du parcours patient » (conférence plénière présidée par Philippe Burnel, Délégué à la stratégie des SI santé, Jean-Jacques Romatet, Directeur Général de l’Assistance Publique Hôpitaux de Marseille, Eric Rumeau, Directeur de la santé et de l’autonomie au Conseil Général de l’Isère, Michel Laforcade, Directeur Général de l’ARS Aquitaine et Mikel Ogueta, Sous Directeur Asistencia Sanitaria, Ministère de la santé du Pays Basque Espagnol.). Alors que les Français sont en attente des possibilités offertes par la télémédecine, que l’informatisation progresse à tous les niveaux et que les expérimentations innovantes du (suite…)

Et si la vraie démocratie sanitaire était virtuelle ?

Le 27 février dernier, j’ai assisté à un forum organisé par l’Agence Régionale de Santé d’une grande richesse sur l’aménagement urbain et la santé en l’Ile-de-France. Au-delà des échanges nourris et instructifs, ce colloque m’a inspiré quelques digressions sur la démocratie sanitaire. Un grand merci à Giovanna Marsico, fondatrice de la plateforme collaborative Cancer Contribution, pour sa relecture, ses conseils et ses liens bien utiles ! L’émergence de la démocratie sanitaire dans les années 90 participe d’un changement de paradigme qui tend à substituer à la conception d’un soin où le patient reste étymologiquement passif. Le terme patient vient du latin patior qui signifie souffrance. Le mot patient partage donc la même racine latine que les termes passion, patience, passif, etc. Une représentation de la santé où l’usager est, au contraire, (suite…)

DMP…de lapin?

Bondée, la salle Pierre Laroque au ministère de la santé pour écouter ce jeudi 9 avril le discours fébrilement attendu de la ministre sur « le programme de relance du DMP et des systèmes d’information partagés de santé ». Initialement prévue le 23 mars, cette grand-messe apostolique aurait pu être repoussée de quelques jours supplémentaires pour coïncider pile poil avec la Résurrection. Car, après la traversée du désert que Roseline Bachelot a infligée elle-même au dossier en diligentant « une revue de projet » restée mémorable, il s’agissait bien d’une renaissance. Une répétition tellement vraie que Christian Saout, le président du Collectif inter associatif sur la santé (CISS), frappé par la métempsychose du DMP, se demandait s’il n’avait pas déjà vécu ce moment … dans une autre vie. Même réaction (suite…)

DMP : Top-down, bottom-up et grand tournis

Canardisée par le sulfureux rédacteur du site i-med, la conférence internationale organisée hier et aujourd’hui à Paris sur « les défis des systèmes d’information de santé » procure aux laborieux tâcherons de notre introuvable DMP (dossier médical personnel…ou partagé, selon le côté où l’on se place) un bien agréable frisson d’autosatisfaction. Car, finalement, cette revue comparative des systèmes européen et américain nous révèle sans détours que c’est un peu le bazar dans le monde entier. De quoi rassurer nos responsables français volontiers prompts à se battre la coulpe. Ni les Allemands, ni les Suédois, encore moins les Belges ou les Canadiens n’ont de modèle qui évite l’incertitude, les faux pas et la grogne des utilisateurs. Les systèmes étatiques, parachutés « clés-en-mains » sur le terrain, ne marchent nulle part. Depuis Newton, tout le (suite…)

La mission-Gagneux sur le DMP : empirique mais œcuménique

On peut juger de la portée d’un rapport à son contenu –et c’est généralement la règle des commentaires saluant la publication d’un document officiel demandé par le gouvernement à une personnalité– et on peut aussi l’aborder par … ce qu’il ne dit pas. Ainsi le rapport-Larcher se montre-t-il peu disert sur les deux sujets « qui fâchent » à savoir le lien quasi-incestueux entre le management de l’établissement et la collectivité locale d’accueil, la protection des personnels par le statut avantageux du Titre IV de la fonction publique. L’auteur a de toute évidence opté pour une proposition ménageant la congruence des élus locaux et la … susceptibilité des partenaires sociaux. Cette stratégie de contournement s’avère finalement assez pragmatique et n’étonnera pas de la part d’une personnalité qui ferait, à défaut de la (suite…)

DMP : à Pâques ou à la Trinité ?

Après un pronostic très réservé prononcé à l’automne par la mission interministérielle (IGF, IGAS et CGTI) mandatée par une ministre elle-même dubitative, le Dossier Médical Personnel paraît redonner signe de vie. Il semble que le DMP entre dans sa phase de rédemption, la mission Gagneux a promis de le sortir du tombeau à la fin du mois. Ça tombe bien, ce sera Pâques. Qu’on ne s’y trompe pas néanmoins, la feuille de route de la mission vise à redéfinir les grandes étapes du projet, à améliorer sa gouvernance et à organiser la concertation. Comme si le GIP avait fauté sur tous ces points ! Mais pour l’instruction du dossier, il vaut mieux se référer au rapport d’information de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales présenté il y a un (suite…)

Feu le DMP : et vive le dossier … professionnel partagé !

Le DMP « bouge encore » … Si peu mais quand même ! Le Quotidien vient de se faire l’écho des réticences que suscite dans la communauté médicale le chantier ouvert par le ministère à l’enseigne d’une « Task Force » sensée désembourber le dossier avant fin février. Pilotée par l’inspecteur IGAS Michel Gagneux, un des co-auteurs du rapport assassin de novembre, celle-ci tient ce mardi sa deuxième réunion de travail après avoir, la semaine passée, auditionné les ministres ayant eu à connaître du sujet. Jacques Sauret, le patron du GIP et André Loth, successeur du précédent à la tête de la Mission Interministérielle pour le Système de Santé (MISS) sont évidemment membres de ce focus-groupe, ainsi que deux représentants de la CNAMTS (Denis Richard et Alain Folliet), un représentant des médecins en la personne (suite…)

La mission d’audit public sur le DMP, … le bébé et l’eau du bain

Une véritable « Bérézina » : le mot est suffisamment rare sous la plume des très prudes inspecteurs de l’IGAS, de l’IGF et du Conseil Général des Technologies de l’Information (CGTI) pour aiguiser la curiosité de tous les observateurs qui ont eu à connaître le chantier-DMP. Leur rapport d’audit, maintes fois différé, n’est pas encore officiellement publié -Mme Bachelot le fera sous quelques jours simultanément à l’annonce de ses propres conclusions- que la curée médiatique a déjà commencé. Un peu malsaine venant d’anciens thuriféraires du chantier et de ses maîtres d’œuvre. C’est à la fois trop d’honneur et largement indigne. Trop d’honneur parce qu’il n’était pas besoin d’une mission d’audit public pour entériner un constat que tout le monde avait fait de longue date : ce chantier était décidément mal-né (suite…)

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