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Vaccin DTP : l’État sera-t-il bientôt condamné ?

Éditorial de la 424ème

La Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, l'a rappelé devant l'Assemblée nationale : l'aluminium contenu dans les vaccins est sans risque pour la santé. "Nous avons sur les adjuvants un recul d’utilisation de quatre-vingt-dix ans et plusieurs centaines de millions de doses ont été utilisées depuis que les vaccins existent. [Les adjuvants] ne sont pas nocifs pour la santé, ainsi que tous les rapports le montrent. Je vous renvoie notamment à l’excellent rapport de l’Organisation mondiale de la santé publié en 2003 et à toutes les études scientifiques. Nous sommes dans l’irrationnel le plus total. Nous travaillons aujourd’hui à lutter contre les réseaux sociaux et contre la désinformation." avait-elle lancé en juillet dernier.

Pourtant une étude sur le sujet révélée par Le Parisien semble pointer du doigt des risques potentiels. Qu'en est-il vraiment ?

Lire : Vaccination : la controverse lancée par le professeur Joyeux s’enflamme

Le professeur Romain Gherardi est connu pour ses travaux et ses prises de position sur la dangerosité supposée des sels d'aluminium contenus dans certains vaccins. Avec son équipe de l'INSERM, il travaille sur ce sujet depuis les années 2000. L'Agence du Médicament (ANSM) a financé une de ses études sur laquelle elle a rendu un avis en mars dernier.

Lire : Médicament : conflits d’intérêts, recul de la vaccination et polémiques en tous genres

Mais contrairement à ce que titre Le Parisien, l'ANSM n'a pas cherché à cacher cette "étude". L'avis rendu par le conseil scientifique n'avait pas vocation à être publié. Il conclut "globalement, il y a une véritable logique dans ce projet, même s'il peut sembler avancer par petites touches sans construire encore un ensemble abouti. (...) L'apport de l'étude aux connaissances sur la sécurité des vaccins semble significatif, sans être encore déterminant. Qu'il s'agisse des résultats sur les effets observés en fonction de la dose d'aluminium ou de ceux sur la susceptibilité génétique, réplications et approfondissements sont nécessaires."

Lire : A-t-on perdu la mémoire des vaccins ?

Pour éviter un effet de panique de cette affaire, quelque peu montée en épingle par le quotidien, l'ANSM a été contrainte de publier un communiqué dans lequel elle tenait à "rassurer les patients" : "Aucun signal de sécurité lié à l'aluminium contenu dans les vaccins n'a conduit à ce jour à remettre en cause le rapport bénéfice / risque des vaccins contenant de l’aluminium, en France et à travers le monde. L’ANSM rappelle que ces vaccins sont administrés à des centaines de millions de personnes dans le monde depuis près d’un siècle. (...) Les résultats des études de l’équipe du Pr Gherardi, ainsi que l’ensemble des rapports et publications disponibles à ce jour, ne modifient pas ce rapport bénéfice risque positif."

Lire : Quand Google nous vaccinera…

Sans autre publication internationale qui tendrait à valider les mêmes résultats, faut-il y voir un buzz de trop ? "Mais ensuite ?" s'interroge le Dr.Nau, "ce lien existe-t-il ? Est-il démontrable ? Faut-il le démontrer ?"

 

Autre sujet concernant la vaccination, le recours porté par Me Jacqueline Bergel devant le Conseil d'État.

En effet, la loi française oblige à vacciner les enfants de moins de 18 mois contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). Or, depuis 2008, ces seuls vaccins ne sont plus disponibles. Pour se conformer aux exigences de la loi, il faut avoir recours à des vaccins contenant également d’autres vaccinations (comme la coqueluche, l’haemophilus ou l’hépatite B), non obligatoires.

Une action au Conseil d'État avait exigé, dans son avis rendu, que l'État puisse fournir le vaccin DTP "dans les six mois à venir".

Lire : Vaccination : la loi, les lobbies ou les labos ?

Les six mois se sont écoulés et l'avocate compte aujourd'hui revenir devant le Conseil d'État, nous apprend Emeline Cazi dans Le Monde,  via une requête exigeant l’exécution de la décision sous forme d’une astreinte de 15€ par jour de retard et par personne.

Le Ministère de la Santé risque bien de camper sur ses positions; à savoir, étendre l'obligation de vaccinations à 11 vaccins afin d'éviter une chute de la couverture vaccinale.

Une mollesse, légale mais maladroite, qui risquerait bien de conforter la défiance envers la vaccination.

 

Crédits photos : Apotek Hjartat.

 

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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