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Urgences : le rapport qui va faire râler les généralistes

Éditorial de la 450ème

Aujourd'hui, le député Thomas Mesnier (En Marche), médecin urgentiste d'Angoulême, doit remettre à la Ministre de la Santé un rapport sur les soins non-programmés dont le JDD livre quelques extraits. Comme la Ministre, il constate que le système de santé français est "à bout de souffle"...

"Le Samu a dévié de sa mission de traiter seulement les urgences vitales pour répondre à tous les besoins de la population. Et la moitié des personnes qui se retrouvent aux urgences ne nécessitent ni les compétences des urgentistes ni le plateau technique de l'hôpital (...) Les jeunes parents ne savent plus comment gérer la première fièvre d'un premier bébé". Certes.

Il y a une vraie "cacophonie des numéros d'urgence" (15, 18 mais aussi 112, SOS Médecins, etc.) et le 15 est devenu "non un numéro d'urgence mais le numéro de régulation de la santé".

Le décès de la jeune Naomi Musenga, qui n'avait pas été prise au sérieux par le Samu, a relancé avec acuité le débat sur l'organisation des urgences. La semaine dernière, Agnès Buzyn, reprenant les pistes lancées par l'IGAS et l'IGA dont elle attend les conclusions, avait évoqué la possibilité d'un numéro unique comme aux États-Unis. Le Syndicat des médecins libéraux (SML), quant à lui, avait mis en garde sur ce dispositif en proposant plutôt de généraliser le 116 117, déjà mis en place dans certaines régions aux horaires de permanence des soins ambulatoires (PDSA).

Thomas Mesnier propose dans son rapport 19 pistes pour inventer "une organisation nouvelle" pour désengorger les urgences. L'une d'elles risque d'en faire bondir certains : selon l'hebdomadaire du dimanche, il s'agit d'obliger, par la loi, les généralistes à s'occuper des "premiers soins". "Les médecins de ville ont une vraie responsabilité sociétale et territoriale, ils doivent prendre leur part des soins aigus."

Autre piste : renforcer les équipes des centres 15 avec des généralistes pour la bobologie. "Encore plus d'urgentistes, comme cela a été réclamé après le drame de Strasbourg, n'est pas une solution à court terme. Il faut repenser toute l'organisation." On attend le rapport, mais il risque de faire couler beaucoup d'encre.

Crédits photos : François et fier de l'Être.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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