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Une fin de quinquennat sous le signe de la grogne

Éditorial de la 402ème

Le bilan du quinquennat Hollande "pèse incontestablement", de l'aveu même de Benoît Hamon, dans la course à la présidentielle. L'ancien frondeur, devenu le candidat du Parti Socialiste, compte désormais désabusé les ralliements à Emmanuel Macron et assiste impuissant à la montée fulgurante de Jean-Luc Mélenchon. Pour lequel il votera certainement au deuxième tour, a-t-il confié sur le plateau de l'émission On n'est pas couché, après "une bonne sieste". Une badinerie qui ne passe pas auprès des socialistes...

Pourtant, il y a matière à défendre le quinquennat passé. Lors du Conseil des Ministres, mercredi dernier, un livret de 75 pages intitulé "Un quinquennat pour la France et les Français" a été remis aux membres du Gouvernement. Les pages 29-30 sont consacrées à la santé et reviennent sur les 16 Md€ d’économies pour l’assurance maladie sur 2013/2017, la baisse du reste à charge des patients, la progression du budget des hôpitaux de 10 Md€, la mise en place du tiers-payant généralisé, l'amélioration de l’accès aux soins dentaires ou la mise en place du paquet neutre.

Philippe Rollandin, chroniqueur habitué de La Lettre de Galilée, dans son dernier ouvrage "Les pathologies chroniques du quinquennat" (Ed. du Net), revient sur les promesses de changement de François Hollande dans le domaine de la santé : le Président a fait le pari de l'immobilisme en choisissant délibérément de ne pas toucher à l'hôpital et en n’engageant aucune réforme de nature à réveiller une bête prompte à l’embrasement. "De manière délibérée mais non assumée, François Hollande et Marisol Touraine ont mis en œuvre une politique de l’édredon, qui consiste à ne faire de mal à personne et à amortir les chocs. " La santé a joué le rôle d'un amortisseur social de la crise en renforçant l’accès aux soins, notamment par le plafonnement des dépassements d’honoraires et l’emblématique tiers-payant généralisé. "La politique économique libérale doit avoir son pendant social, prenant la forme d’amortisseurs sociaux. Ce sera la principale action de Marisol Touraine que de mettre en place des parachutes sociaux." La paix sociale était la condition indispensable pour réussir le virage social-démocrate, véritable marqueur de son quinquennat troublé.

Pourtant, la grogne continue de sourdre sous les communications bien huilées du Gouvernement. Déjà, en mars dernier, hôpital public et cliniques privées s'étaient unis pour dénoncer l'avenir que leur réserve le plan d'économies triennal. Cette fois, ce sont les directeurs d'hôpitaux et la Fédération hospitalière de France (FHF) qui pointent les nouveautés tarifaires de l’hospitalisation de jour. Dans un communiqué, la FHF dénonce la publication, le 30 mars dernier, sur le site de l’ATIH de la notice technique relative aux conditions de facturation de l’hospitalisation de jour sous le nouveau régime. "Avec pour conséquence une perte de recettes pour les hôpitaux publics estimée à au moins 500 M€ en année pleine." Voire la disparition pure et simple des hôpitaux de jour.

Marisol Touraine a démenti ces chiffres "fantaisistes" qui reposent sur des "interprétations erronées" accusant la FHF de propager des "contre-vérités". Une réunion était prévue le 5 avril dernier mais a été suspendue... L'hôpital sera sur le haut de la pile des dossiers du futur locataire de l'Élysée.

De leur côté, les internes de médecine donne de la voix contre la réforme du troisième cycle :  l’InterSyndicat des Internes (ISNI) a déposé un préavis de grève à partir du 18 avril 2017 dans les hôpitaux. Dans le viseur : l'année de consolidation "ressemblant à une année d’assistanat déguisée et obligatoire" et une revalorisation salariale afin de garantir la qualité des soins. Des tumultes qui risquent de reporter la négociation de cette réforme au prochain quinquennat...

Crédits photos : Petit Louis.

 

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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