Tag archives : vaccination

Crispations autour de la vaccination

Éditorial de la 236 Alors que la première plainte est portée contre le Gardasil, l’actualité témoigne une fois de plus que le sujet de la vaccination est loin d’être dépassionné. La vaccination suscite aujourd’hui encore beaucoup de polémiques. Et pourtant le grand méchant loup pharma déploie des trésors pour séduire le chaperon rouge ! Les récents scandales sanitaires ont mis au jour dans le monde politique certaines pratiques banales. Et pour reprendre le mot de « thoughtlessness » qu’Hannah Arendt adresse à Eichmann, lui reprochant son absence de penser, prenons un peu de hauteur pour juger… Faut-il voir Big Brother dans Big Pharma ? La crise de confiance des Français pour leur gouvernement et pour le médicament est-elle définitivement consommée ? Un dossier spécial pour décrisper le débat. Ou pas. (suite…)

La vaccination en France, enjeu de santé publique

Éditorial de la 235 Sur fond de suspicions et de controverses, les premières indemnisations, concernant les effets secondaires de la vaccination H1N1 prévues en 2009, s’ouvrent difficilement auprès de l’ONIAM, l’organisme chargé de traiter ces indemnisations. Sur les 5,7 millions de personnes vaccinées en 2009, une soixantaine souffrent aujourd’hui de narcolepsie. Le principe de précaution ne sait plus sur quel pied danser. Le sujet engendre des crispations… Les autorités sanitaires peinent à clarifier la situation contrairement aux autres pays européens. Et de l’autre côté, la vaccination a rejoint le cortège des sujets conspirationnistes… L’histoire de la vaccination en France souffre de sa spécificité. Aujourd’hui, les industries pharmaceutiques françaises sont à la pointe de la recherche sur la vaccination et les débouchés semblent prometteurs et lucratifs; mais l’histoire de la vaccination en France n’est (suite…)

La santé publique au défi de la vaccination : une histoire complexe et ancienne

Dans un contexte de transnationalisation des politiques de santé(1) et alors que la France reste l’un des derniers États de l’Union Européenne à conserver l’obligation vaccinale contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (vaccin DTP), le fait que la politique vaccinale ait inexorablement évolué vers un système de recommandation en délaissant progressivement le double régime d’obligation et de recommandation – comme le montre l’abrogation de l’obligation du BCG depuis 2007 – amène à questionner, outre les facteurs exogènes, les pressions endogènes qui peuvent influer sur la politique vaccinale en France. Et pour cause, la vaccination est sans doute l’outil de prévention sanitaire le plus médiatisé, le plus décrié mais le moins bien compris.

La Lettre de Galilée la vaccination en France

Les revendications citoyennes et associatives concernant la liberté vaccinale, soit l’abrogation de l’obligation des trois vaccins encore obligatoires en France, suivent l’histoire de l’obligation vaccinale en France depuis la « grande loi » du 15 février 1902 instaurant l’obligation de la vaccination antivariolique. Les positions de chacun sont bien le résultat de la configuration historique du système de santé français, c’est-à-dire des interdépendances et des rapports de forces entre les acteurs qui participent à l’orientation des politiques de santé publique – contraintes institutionnelles, économiques et caractéristiques des médecins généralistes en France, lobbies pharmaceutiques – mais aussi de l’évolution des usagers des services de santé publique qui au fil des scandales sanitaires ont acquis une capacité de mobilisation, des logiques d’action et la diffusion de système de représentation sur un fond de révolution numérique, modifiant en conséquence l’utilisation des services et produits de santé.

Bref aperçu historique d’une technique médicale controversée

L’histoire de la vaccination ne commence pas, comme on pourrait facilement l’imaginer, avec Louis Pasteur. Les premiers rituels prophylactiques renseignés ont été reportés par les historiens en Chine au XVIème siècle, ils visaient alors à combattre la variole dont les épidémies depuis l’Antiquité ne cessaient de faucher des vies ; les premières pratiques documentées(2) revêtent deux formes, la première consistait en un dépôt de squames varioliques sur la muqueuse nasale, la seconde se présentait sous la forme d’une « variolisation » : il s’agissait d’inoculer au patient du pus varioleux prélevé sur un sujet présentant une forme bénigne de la variole, l’objectif visé était de provoquer une variole bénigne pour se prémunir de la forme grave de la maladie. La pratique de la variolisation s’est ensuite répandue le long de la route de la soie et atteignait l’Europe au XVIIIème siècle grâce à l’influence d’une femme : Lady Mary Wortley Montagu, épouse de l’ambassadeur d’Angleterre en Turquie. C’est après avoir observé la technique de l’inoculation de la variole, pratique alors courante dans l’Empire Ottoman, qu’elle fit elle-même inoculer son fils en 1715 à Istanbul(3), de retour à Londres elle fit connaître cette pratique à la princesse de Galles qui, assurée des bienfaits de la variolisation fit inoculer ses enfants : l’Angleterre suivit par la suite son exemple(4) puis la France, où la pratique fut introduite par un médecin Suisse, Théodore Tronchin qui après avoir inoculé son propre fils en 1756 introduisit la pratique à la cour de Versailles sur les enfants du duc Louis Philippe d’Orléans. Lire la suite…

Les valeurs ajoutées de la vaccination

La vaccination est l’innovation qui a le plus contribué à l’allongement de la durée de vie dans le monde : 55 vaccins permettent de couvrir 26 maladies infectieuses. Le vaccin permet de viser des populations entières définies selon des critères démographiques. Il est à la fois un médicament classique et le seul outil de santé publique médicamenteux : un des rares médicaments utilisé en prévention primaire et un des rares aussi à être inoculé dans des organismes sains. Il constitue un des seuls traitements médicaux rendu, dans certains cas, obligatoire par la loi. Lire notre article : La santé publique au défi de la vaccination Pourtant aujourd’hui, les nouveaux vaccins ne concernent plus des fléaux infectieux où la balance bénéfice/risque penchait de toute évidence en faveur du vaccin : la mortalité évitable par (suite…)

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer