Tag archives : thérapeutique

Bonne année Eugénie

La comparaison des prévisions de l’an neuf avec celles de l’an dix, offre une curieuse asymétrie. D’abord, il y a un an, on présageait l’arrivée d’une pandémie qui n’aura été qu’une grippette à peine un peu plus corsée qu’une épidémie saisonnière. Il y a un an, le président de la République nous annonçait une crise économique frontale; voilà que nous l’avons dans le dos. C’est en tout cas ce que nous révèle le même président dans ses vœux doucereux à la nation. Il y a un an, on annonçait une loi HPST révolutionnaire et on ne donnait pas cher des CAPI. Il y a un an, encore, la presse people s’acharnait avec tapage sur la naissance du bébé Dati. Un an après, on évoque avec une respectueuse compassion la mort (suite…)

Et si la mission Fragonard n’était pas si transitoire ?

La presse a souligné l’isolement de Roselyne Bachelot consécutif au putsch qui a littéralement déposé Martial Olivier-Koehret au profit de son challenger Claude Leicher. Le nouveau président de MG France a immédiatement inauguré ses fonctions en conduisant la délégation de son syndicat à une séance de négociation conventionnelle sans enjeu et sans résultat. Tout le monde est désormais acquis à la perspective de confier la barre du système conventionnel à un arbitre providentiel, en la personne de Bertrand Fragonard1. On a d’ailleurs le sentiment que le personnage était, de tout temps, promis à cette fonction. La ministre a donc perdu un allié de poids et gagné un contestataire habile ! Elle « fera contre mauvaise fortune bon cœur, le temps qui lui reste à son ministère, c’est-à-dire au moins jusqu’au probable (suite…)

Confit d’interêts et interêt des conflits

Devenus incontournables, les rencontres de la HAS à la Cité des Sciences de la Porte de la Villette, ont rassemblé jeudi et vendredi derniers près de 2000 pèlerins de l’effectiveness assessment, jeune religion syncrétique entre une foi rigoureuse dans la force de la « preuve scientifique » et une mystique de l’incertitude et de l’inattendu, ce que Laurent Degos, officiant suprême de cette grand-messe de la qualité des soins, appelle « la résilience ». Pas moins de 23 tables rondes pour cette « Mostra », animées par tout ce que le microcosme de la santé compte de stars adulées, d’astres déclinants ou d’étoiles montantes, devant un public d’aficionados agglutinés dans les travées comme aux grandes heures de la Sorbonne de 1968, et apparemment peu marris de l’empêchement de la ministre (suite…)

L’Institut Futuribles, sentinelle de l’innovation sociale. Iconoclaste et tellement stimulant !

De l’Institut Futuribles International on connaît à la fois les fulgurantes prospectives de la revue et le charisme de son patron Hugues de Jouvenel pour les porter sur la scène médiatique. Ses incursions dans le domaine social sont toujours percutantes. Et les trois scénarii imaginés en 1986 avec le concours de Christian Charpy (aujourd’hui patron du Pôle emploi après avoir dirigé le cabinet de Philippe Douste-Blazy) mériteraient encore d’être revisités aujourd’hui : le premier scénario était fondé sur un regain de croissance, le second sur son marasme et le troisième sur une politique volontariste. C’est en fait à un autre exercice de veille que s’est livré l’Institut en mettant pendant un an « Les politiques sociales au défi de l’innovation ». Avec, cette fois, le concours scientifique de Louis Charles (suite…)

L’intendance suivra…

Seuls ? pas tout à fait. La vertu des situations solitaires est de réveiller l’instinct grégaire. URCAM et ARH s’étaient solidarisées dans deux conférences professionnelles qui avaient royalement agacé la CNAMTS pour l’une et provoqué une vigoureuse reprise en mains de l’autre par la DHOS. Fin de l’aventure. Jean-Marie Bertrand, est tout sauf un aventurier. Nourri des erreurs de ses prédécesseurs amusés, le secrétaire général des ministères sociaux trace la préfiguration des ARS au cordeau. Depuis deux mois que les DGARS préfigurateurs ont atterri dans leur région bénie, pas un mot, pas un chuchotement. Tout juste un soupir de Claude Evin à Paris, c’est peu dire ! Et moins qu’un murmure de Daniel Lenoir chez les chtis, pour ne rien dire. Inconcevable ! La mécanique ministérielle serait-elle en train de (suite…)

Cent’sgiving

Barak Obama a sans doute gagné, dimanche au Sénat, une manche décisive dans son combat pour instaurer dans son pays le système d’assurance maladie à l’échelle de sa démocratie. La partie n’est pourtant pas gagnée et il faudra désormais à sa famille démocrate faire montre de pugnacité pour amener cette réforme à son terme. C’est dans cet exercice où il excellait à la tête de la Commission de la Santé que Ted Kennedy fera cruellement défaut à son fils spirituel. Pour être de pure procédure, la bataille de dimanche n’était pas gagnée d’avance, car sur les 100 sénateurs, il fallait à Harry Ried, le leader démocrate, s’assurer une majorité de 60 suffrages. Rigoureusement les effectifs du groupe mais avec quelques voix chancelantes d’élus… surtout soucieux de leur prochaine réélection. Avec (suite…)

Le dessous des sous

Dans un élan de bravoure, les sénateurs, qu’on vouait aux gémonies pour leur obstination à provoquer le gouvernement pour sa mollesse à trouver des solutions aux déficits sidéraux de la protection sociale, les sénateurs donc, ont adopté avant-hier le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Les différences entre le texte adopté par les députés il y a quinze jours et celui de la haute chambre sont d’une telle ampleur, qu’on n’échappe pas à une commission mixte, demain après midi, qui promet d’être chaude. Car s’il est un lieu qui dément tous les stéréotypes d’une assemblée assoupie marmonnant inlassablement les platitudes d’une majorité godillot, c’est bien la commission sociale du sénat. Et si Alain Vasselle, le rapporteur du projet de loi, revient si souvent dans nos lignes c’est (suite…)

Grippe, pourquoi cette ligne Maginot ?

Roselyne Bachelot va donc montrer l’exemple et sera la première à se faire vacciner contre la grippe H1N1, jeudi matin dans un des 1000 centres de vaccination que son service de presse est encore le seul à connaître. Sans doute pas trop loin du Palais du Luxembourg où elle doit défendre « son » PLFSS devant des Sénateurs assez prompts à l’amendement… Les images seront sur toutes les chaînes dès midi et si le reste de l’actualité voulait bien faire relâche, la campagne pourrait du même coup « faire » la Une du Monde… C’est que la ministre risque, dans cette affaire, rien moins que son avenir politique ! François Fillon a expliqué à son fan club angevin que sa présence au front de la grippe ne souffrait aucune défaillance et notamment pas pour (suite…)

Loi de financement revolving

Les députés ont terminé l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010, sans conviction, à en juger par le nombre de travées du Palais Bourbon désertées pour cause de fête des morts. Les mesures préconisées, dont l’éclectisme ne surprend plus, ont évité le rallumage de mèches mal éteintes : un secteur II indemne malgré la tentative d’Yves Bur (cf. notre lettre de la semaine dernière) d’obliger les médecins concernés à réaliser 30% de leurs actes en tarifs opposables ; une augmentation sensible du prix des cigarettes mais après avoir mégoté sur les taxes des cigarettiers ; un taux K ramené à 1% par Roselyne Bachelot alors qu’un amendement Door/Bur prévoyait curieusement de le maintenir à 1,4% (pour la petite histoire et pour éviter toute confusion, (suite…)

Mais pour qui roule donc l’artificier Yves Bur ?

Avec un art consommé de la mise en scène, les parties signataires de la Convention, rejointes pour la circonstance par les complémentaires réunies sous la bannière de l’UNOCAM, ont donc conclu la semaine passée sur le fameux « secteur optionnel », à quelques minutes de l’échéance que leur avaient consentie les Parlementaires ! Avec un art tout aussi travaillé de la provocation, les députés se sont empressés d’en combler les lacunes ! Et d’organiser le strict encadrement du secteur 2 que les négociateurs avaient justement écarté car trop politiquement « inflammable ». Et voilà Michel Chassang dépité qui s’en va solliciter l’arbitrage suprême de l’Élysée sur le mode « A quoi ca sert qu’on se mette enfin d’accord ? » … En d’autres termes : A quoi sert encore la (suite…)

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