Tag archives : stratégie nationale de santé

Tiers payant : un combat idéologique ?

L’annonce d’un tiers-payant généralisé dans le discours de Marisol Touraine fait un fracas médiatique démesuré par rapport à son impact attendu. Dans le discours de Marisol Touraine prononcé le 19 juin dernier, la généralisation du tiers-payant tient une place relative. « Je redis ma détermination à lutter contre les barrières financières et toutes les formes de discrimination » assène-t-elle à son auditoire en rappelant qu’elle en avait pris l’engagement le 23 septembre dernier et en précisant, prudence oblige, que la première étape (tiers-payant aux bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé – ACS) serait confiée pour sa mise en place à l’assurance maladie. Dix-sept lignes dans un discours de quinze pages suffisent cependant à allumer quelques mèches inutiles. La presse s’est précipitée sur le tiers-payant en occultant hélas des questions plus centrales comme (suite…)

Discours de ministres : dix ans de mots

A quelques encablures de la présentation par Marisol Touraine de sa « stratégie nationale de santé » (le 17 juin) le survol des discours de nos ministres depuis une décennie nous laisse plutôt perplexes.

L’un des avantages d’Internet est de retrouver presque tout dans les archives de la République. Les discours prononcés par nos ministres de la santé successifs sont conservés dans leur poussière originelle et, avec un peu de chance, une vidéo de l’événement  fournit la mise en scène. Quant aux scénaristes et dialoguistes, les « plumes » discrètes tapies dans les ailes des cabinets ministériels, ils ont généralement disparu des génériques.

Les forçats des cabinets ministériels le savent tous : un discours n’est pas une circulaire, on ne met pas six mois pour la rédiger. « De toute façon, dit Alain Coulomb dans ses inimitables démonstrations, « les circulaires sont faites pour tourner en rond, et les arrêtés pour ne pas bouger !« . Ni planifié, ni même parfois seulement prévu, le blabla d’un ministre s’écrit sur un coin de table, ou sur les genoux dans la voiture, avec une seule consigne : effacer toute trace d’improvisation.
On mesure mal sans doute l’étonnante capacité des occupants des soutes ministérielles à établir toutes les connexions nécessaires. Les présidents de la République sont bien évidemment mieux armés que leurs ministres, fussent-ils bien placés dans l’ordre protocolaire. Sarkozy, le président en mouvement permanent, avait l’habitude d’envoyer quelques éclaireurs discrets sur les lieux d’une improbable visite. On se souvient par exemple de sa visite à Bletterans dans le Jura en octobre 2008 pour lancer son opération anti-désertification médicale. Avant lui, Chirac missionnait son conseiller, Frédéric Salat-Baroux, devenu plus tard secrétaire général de l’Élysée et même gendre du président, pour investir les nombreux réseaux chiraquiens. Le discours de reconquête du corps médical en 2002 après les affres du plan Juppé ne méritait-il pas le plus grand soin !

Lire : la révolution du premier recours.

Les ministres de la santé sont moins bien lotis. Sur des sujets aussi variés et des problèmes aussi nombreux, un ministre de la santé, au pire simple « ministre délégué » d’une star, au mieux ministre omnipotent sur le champ de la solidarité, est une machine à parlotte. Avec cette règle immuable : bien connaître les dossiers.

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Touraine en mode mineur

Polémique autour du portefeuille de Marisol Touraine : si la Ministre est reconduite dans ses fonctions, le terme « santé » a disparu de l’intitulé du ministère. La santé sera confiée à un secrétaire d’État dont on attend la nomination prochaine. Lire : Valls... a mis le temps Réactions indignées Le Conseil de l’Ordre des Médecins croit encore au poisson d’avril et demande dans un communiqué lapidaire de réparer au plus vite cet « oubli ». Le Dr Hamon de la FMF déplore également cette absence et s’interroge sur ce remaniement dont « le maintien de Marisol Touraine tient sans doute plus à la solidarité  gouvernementale dont elle a fait preuve plutôt qu’à son bilan où l’immobilisme était en marche et le dogmatisme constamment présent. » La pilule passe mal confie au Nouvel Obs Mickael Benzaqui, secrétaire général (suite…)

Quand les Qataris investissent dans les déserts… médicaux !

En ces temps houleux d’élections municipales, on aurait pensé que les maires et les candidats en lice se seraient saisis des enjeux de la désertification médicale sur leurs territoires. Les maisons médicales représentent souvent une solution commode pour se faire réélire : en promettant le médecin ou l’infirmière, on achète la paix sociale et l’électeur. Certaines communes n’ont d’ailleurs pas hésité à salarier leurs professionnels de santé. Lors de la visite de François Hollande, l’émir du Qatar avait promis d’investir 10 milliards d’euro dans des « institutions françaises majeures« . Sans plus de précisions. Mais on ne pensait pas que cet investissement concernerait à hauteur de près de 2,5 milliards d’euro la Stratégie Nationale de Santé ! Lire notre article : la révolution du premier recours Du désert saoudien au désert jurassien La (suite…)

La révolution du premier recours

Formule choc utilisée par la Ministre de la santé, « la révolution du premier recours » n’est qu’un éternel recommencement. Le faux problème de la désertification médicale sert d’analgésique aux prurits populistes.

Lire : médecine de proximité, retour sur les origines d'un slogan politique

Étymologiquement, une « révolution » n’est qu’un « retour en arrière ». Et en matière de médecine de proximité, ça ressasse ferme. La Lettre de Galilée depuis quelques années s’en amuse goulument, « plus la médecine de proximité mobilise les débats, plus les inégalités se creusent… » disions-nous encore en novembre 2013De révolution en résolution, où en est-on aujourd’hui ? A-t-on trouvé des solutions à un problème qui n’en était pas véritablement un ?
Notre analyse est que, construit à l’origine avec une intention manifestement électoraliste, le discours sur l’inégalité d’accès aux soins s’est transformé, contre toute attente, en exigence politique portée par les édiles locaux. Et plus les pouvoirs publics font semblant d’apporter des réponses, plus la critique du populisme s’assourdit.

Je pense que les déserts médicaux, avec le recul des services publics, expliquent en partie la hausse du vote FN en zone rurale.

Claude Leicher, président du syndicat MG France

Voilà que le premier recours soigne les bobos et les fachos…

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Stratégie nationale de santé : des hommes et des envieux

Avec l’éviction de Claude Evin pour piloter la stratégie nationale de santé, l’été aura été riche en rebondissements. Contestée, Marisol Touraine doit faire face aux critiques. Mais Matignon ne peut se permettre de remercier sa Ministre alors que le dossier des retraites accapare toute les attentions de cette rentrée 2013. La stratégie nationale de santé : chronique d’une mort annoncée ? Lorsque Jean-Marc Ayrault annonce le 8 février 2013 le lancement d’une stratégie nationale de santé, les discours sont laudateurs et les commentaires enthousiastes : il faut « changer de paradigme », « gommer les inégalités », quitter l' »hospitalo-centralisme ». Un comité des sages présidé par Alain Cordier est convoqué pour réfléchir sur les réformes possibles. Il faut engager sans tarder une réforme de fond, une réforme structurelle de notre système de santé et cela (suite…)

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