Tag archives : sécurité sociale

Funambules et équilibristes

Éditorial de la 314 C‘est une unité artificielle qu’a obtenu le parti socialiste réuni à Poitiers durant trois jours. Un numéro d’équilibristes où les « postures » lénifiantes ont eu raison des frondeurs et des dissidences. Un exercice acrobatique certainement réussi de synthèse qui a permis de réellement ouvrir une deuxième étape dans le quinquennat de François Hollande. Mais c’est à un tout autre numéro de funambule auquel s’est livrée Marisol Touraine après la publication  des comptes de la sécurité sociale. La Ministre s’est félicitée qu’en raison des « grands chantiers » ouverts depuis 3 ans, « le déficit de 2014 du régime général s’établisse 2 Md€ en-deçà des prévisions de l’automne dernier, au plus bas depuis 2008« . La Drees a publié la semaine dernière une étude européenne qui corroborait cette tendance. Autre publication cette semaine, (suite…)

Les flèches de Larcher

Le rapport établi par le Cercle Santé Innovation, nouveau think tank animé par l’ancien président du Sénat, lance des fléchettes dans tous les sens. Le souffle de la FHF Gérard Larcher, en octobre 2013. Crédits : UMP Photos   On s’attendait, venant de Gérard Larcher, l’initiateur et animateur de ce Think Tank né dans l’écume des montées de sève printanières, à des propositions de poids, puissantes comme le personnage, du même jus que le rapport sur l’hôpital qui avait phagocyté la Loi HPST de sa collègue Bachelot en 2008. Rien de tout cela. Le rapport aligne une série d’informations insipides sur la nécessaire universalisation de l’assurance maladie et sa mise à mort définitive pour aboutir, dans un grand écart assez spectaculaire, à la tout aussi nécessaire indépendance des gestionnaires de (suite…)

PLFSS 2014 : les industriels montent au créneau

Un courrier signé de 25 patrons d’entreprises internationales du médicament alerte la présidente de la commission des affaires sociales sur les dangers du PLFSS 2014. L’ancien président de l’assemblée nationale sous l’ère Sarkozy, Bernard Accoyer, dans un entretien paru dans le journal Les Echos, n’y va pas par quatre chemins : le PLFSS 2014 est « mau-vais », et conduit « vers une indéniable étatisation du système de soins ». C’est vite oublier que l’étatisation a été inscrite dans le marbre par un certain Raymond Soubie dans les années 90 et que l’évangélique rapport « santé 2010 » a servi de pensée unique à la haute fonction publique pendant 20 ans pour tricoter les lois. Car après tout, qui présidait les débats parlementaires sur la Loi HPST, pierre de voûte d’une étatisation commencée (suite…)

L’archidémago rapport Archimbaud

Commandé par le Premier Ministre en mars 2013 à la sénatrice Aline Archimbaud, le rapport « l’accès aux soins des plus démunis : 40 propositions pour un choc de solidarité » répond… à côté.

La commande était pourtant claire : il s’agissait « d’établir les raisons pour lesquelles les personnes malades se détournent des prestations auxquelles elles peuvent prétendre ». Visés expressément par la feuille de route : l’accès à la complémentaire santé (ACS), la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et l’aide médicale aux personnes en situation irrégulière (AME), trois dispositifs boudés par leurs bénéficiaires.

On s’attendait, au minimum, à quelques explications sur l’inaccessibilité. Que nenni ! Le rapport empile des réponses convenues, des affirmations non fondées, des solutions approximatives qui vont toutes dans le sens du poil d’un électorat qui érige la lutte contre l’inégalité en véritable religion.

Démago à gogo

La première ligne de la préface donne le ton : « des centaines de milliers de nos concitoyens se voient refuser l’accès aux soins… ».
« Se voient refuser » : l’intention accusatoire n’échappe à personne.
Juste après, isolée entre deux interlignes pour bien la mettre en exergue, une phrase hyperbolique qui se jette à vos yeux comme une évidence : « Il y a le mur de l’argent… »
Et comme bien sûr, vous n’avez pas encore tout compris, on vous parle alors de « stigmatisation des chômeurs », de la vilaine administration qui se mobilise contre la « triche sociale », de ces fonctionnaires sûrement psychopathes qui rognent sournoisement, à coups de circulaires, l’édifice de la couverture universelle.
« Cette offense à la cohésion nationale et cette déchirure profonde du lien social… » glose la sénatrice avec des relents de guerre civile, est la seule cause des difficultés d’accès aux soins des plus démunis. La réalité dit-elle, est celle d’un « parcours du combattant », « dans un système qui semble ne pas avoir été conçu pour ces personnes et où la lutte contre la fraude a pris ces dernières années une importance démesurée au regard des enjeux financiers. »

Y-aurait-il, embusqués derrière les guichets désuets de la sécurité sociale, quelques activistes du front national appliqués à faire régner un climat de terreur.
Ainsi lit-on à la page 57 : « Le climat de suspicion généralisée qui en résulte est désastreux : le système semble tourné, et toutes les énergies mobilisées, vers la chasse aux fraudeurs, plutôt que vers la recherche des bénéficiaires des droits et la lutte contre le non recours. Il est par exemple frappant d’entendre la CNAMTS se féliciter des possibilités d’échanges avec les CAF et la direction générale des finances publiques, et envisager une diversification de ces échanges, notamment au moyen des signalements par les URSSAF des ressources dissimulées. »

On y lit un peu plus loin : « Des travailleurs sociaux ont fait part à la mission de l’existence dans certaines caisses primaires « d’entretiens ‘’piégeants’’ et de l’initiative prise par certaines associations d’organiser des séances de coaching … » pour les éviter.

Même si Frédéric Van Roekeghem ne fait pas dans Lire la suite…

Ovnis, omis, honnis

Editorial de la 229 Dans un article du n° 38 du magazine Causette, Antonio Fischetti fait le point sur les petits hommes verts et signale que les services secrets américains et britanniques, enfin persuadés qu’il s’agit de foutaises, ont fermé définitivement leur système de surveillance du ciel. De l’aveu de la CIA, Roswell n’était qu’une supercherie bien commode pour couvrir les essais secrets d’un avion de surveillance. Dans sa lunette, Galilée a repéré cette semaine un étrange appel paru dans Les Echos du 4 octobre. Cette date vous dira-t-elle quelque chose ? Il s’agit de la date anniversaire de l’Ordonnance du 4 octobre 1945 créant la sécurité sociale. On omet souvent de préciser que Pierre Laroque a rêvé pour les Français d’un système à la sauce anglaise mais s’est heurté, à l’époque, (suite…)

Médicament et croissance économique : les industries dans le cas « K »

Pourtant décrié depuis presque 10 ans, l’application du fameux « taux K » au chiffre d’affaires des entreprises du médicament est reconduite dans le PLFSS 2014. Depuis la loi de financement de la sécurité sociale de 1999, les industries productrices de médicaments sont soumises à une clause de sauvegarde consistant à verser dans les caisses de la sécu une contribution lorsque leur chiffre d’affaires dépasse celui de l’année précédente d’un pourcentage supérieur à un taux fixé par le Parlement. Rien de génial dans la technique, c’est vieux comme Hérode, simple, rapide et ça rapporte gros. Petit rappel A partir du moment où les pouvoirs publics ont pris le contrôle des caisses d’assurance maladie (ça remonte quand même à quelques décennies) et que celles-ci sont devenues des « administrations publiques de sécurité sociale » (dixit (suite…)

Les soupirs de la vieille dame

Le 12ème colloque de la protection sociale, organisé les 29 et 30 novembre 2012 par l’Ecole Nationale Supérieure de Sécurité Sociale, résume l’ambiguïté de la protection sociale française.

L’Ecole Nationale Supérieure de Sécurité Sociale, installée à Saint Etienne à la suite d’un caprice ministériel (le ministre Durafour était maire de cette ville à la fin des années 70), a longtemps été dirigée par des gens du cru : Yannick Dhaene, comme son successeur Claude Bigot, étaient d’anciens dirigeants de caisses de sécurité sociale. Depuis deux ans, c’est un énarque, Dominique Libault, connu des états-majors parisiens pour avoir dirigé la direction de la sécurité sociale au Ministère, qui préside aux destinées de cette discrète grande école. L’ENA, sa prestigieuse grande sœur, était comme il se doit, la partenaire de cette manifestation.

Lire : "l'École Nationale Supérieure de la Sécurité Sociale, cette belle inconnue"

Au-delà de la symbolique

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Dominique Libault

En fait, les dirigeants de la sécu, anciens élèves de l’EN3S, n’étaient pas à la tribune mais dans la salle, spectateurs assidus d’une palanquée d’intervenants de haut vol, du beau linge venu de la commission européenne, de l’Ena, de Polytechnique, de l’Université, des administrations centrales, de la Cour des Comptes… et quelques syndicalistes pour le décor. Ne cherchons pas la petite bête : ce n’est pas sur le symbole de cette absence qu’il nous faut placer le doigt, mais bien sur la mécanique de construction d’un discours dominant.

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