Tag archives : région

Bassins de santé, zones d’attraction : quel territoire pertinent ?

À l’heure où l’on parle de regrouper les régions ou de supprimer les départements, la question du territoire occupe une place centrale en France. Dans le domaine de la santé, la loi HPST « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » a inscrit en 2009 le territoire de santé dans le cadre réglementaire, après une quinzaine d’années où les notions d’espace et de géographie ont été prises en compte par les acteurs et décideurs.

La reconnaissance en 1998 des bassins de santé a représenté une première étape : « Les zones sanitaires sont définies par voie réglementaire en tenant compte des bassins de santé » (Code de la santé publique). La définition d’un bassin de santé est la suivante : « Un bassin de santé s’organise autour d’un pôle hospitalier qui draine des flux préférentiels de patients aux caractéristiques et aux comportements homogènes » (Picheral, 2001).

Classiquement, on fait la distinction entre les territoires de savoir et les territoires de pouvoir. Les territoires de pouvoir sont ceux de la décision, des territoires de compétences d’institutions : régulation, allocation de ressources, normes opposables. Les territoires de savoir concernent l’observation : zones « à risques », zones mal desservies ou défavorisées, zones homogènes en termes de besoins. Aussi la question du territoire pertinent est d’abord : pourquoi un territoire ? Et accessoirement : quelles sont les frontières ou les limites ? Sont-elles seulement géographiques ?

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Cure d’amaigrissement pour nos régions ?

Pour intensifier son « choc de simplification » annoncé en mars dernier et qui avait débouché en juillet sur 201 mesures, François Hollande souhaite « élaguer le mille-feuille territorial » en réduisant le nombre de régions, de « 22 à une quinzaine » a précisé Thierry Mandon interrogé par Bourdin sur RMC. Les Agences Régionales de Santé sont-elles sur la sellette ? Est-ce le début ou la fin des régions ?

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Revenons sur l’histoire de la décentralisation et de la santé dans nos régions…

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Coucou-les-Nuées et les Régions

Éditorial de la 237 Qu’il est plaisant de relire Aristophane; ses comédies n’ont pas pris une seule ride aujourd’hui ! Dans Les Oiseaux, Peisthétairos et Évelpide, excédés de la vie agitée et bruyante de la capitale grecque décident d’aller vivre parmi les oiseaux. Des ailes ! des ailes ! fuyons, fuyons ! Le parallèle est assez tentant avec nos hommes politiques et penseurs du monde de la santé… Car tout le petit monde parisien s’affaire, tous les think-tanks s’échauffent, et les rapports s’entassent. Et combien de colloques ou conférences se concluent par un décevant : « les solutions, on le voit, sont là… Il suffirait d’agir car tout le monde connaît la solution. Mais pourquoi rien ne change ? » Et combien d’oiseaux rencontre-t-on alors… Qu’il est tentant d’ergoter et de gazouiller ! Le concept ou (suite…)

Santé et territoire : le réveil tardif des Régions

L’intérêt croissant des collectivités régionales pour la santé ne va pas à contresens de l’histoire. Au contraire, les régions ont même perdu dix ans.

Un contexte de démesure

La caractéristique actuelle est la démesure des expressions données au phénomène de diminution du nombre de médecins. Le tapage fait sur cette affaire est sans commune mesure avec la réalité car il n’y a jamais eu autant de médecins actifs en France.

Lire : Médecine de proximité : la longue histoire d’un fiasco d’État

Il est nécessaire de comprendre les raisons pour lesquelles il y a un tel matraquage de l’opinion sur une situation présentée comme au mieux une catastrophe, au pire un séisme sur lequel se fonde le soulèvement médiatique des élus locaux. On serait tenté de penser que la médecine de proximité devient un alibi pour masquer une double intention : d’une part, une volonté larvée de mettre la médecine libérale au pli, vieux rêve de l’énarchie française ; d’autre part, l’échec d’une politique d’aménagement du territoire qui a sacrifié le rural au profit de la mégapolisation des régions.

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Médecine libérale en Pays de la Loire : le bon sens près de chez soi

Un colloque organisé au printemps dernier par l’URPS-ML des Pays de la Loire confirme le dynamisme de jeunes médecins qui ne craignent pas de se lancer dans l’aventure libérale

Il faut dire qu’avec le matraquage de l’opinion sur la désertification médicale, le succès de la journée des pôles et maisons de santé organisée par l’Union Régionale des Professions de Santé des Médecins Libéraux (URPS-ML) des Pays de la Loire et l’Association des Pôles et Maisons de Santé Libéraux pour sa deuxième édition n’était qu’une demi surprise. Près de 200 participants, autant d’élus que de professionnels de santé, avaient manifesté leur intérêt, le 18 avril dernier à Gétigné dans les environs de Nantes, au dossier finalement mal connu de la médecine de proximité. Et ils ne furent pas déçus.

Encore des idées reçues

Pollué par de coriaces assertions aux allures universelles, le constat s’éclaire d’éléments qui font désormais l’objet d’un timide consensus.
Non la démographie médicale n’a pas les allures de catastrophe nationale qu’on lui inflige. Au creux de la vague, l’offre de soins de proximité ne retrouvera jamais que son niveau des années 90.
Non, sur la question des soins de premiers recours, il ne s’agit pas d’une défection ou, pire, d’une désertion de la médecine libérale mais d’une transformation intrinsèque de la médecine dont la caractéristique majeure est sociologique : les femmes, avec 75% des cohortes sortant des universités, apparaissent bien comme l’avenir de la médecine et tracent une voie qui réfute la médecine de papa des années 60.
Que dire alors de cette révolte des élus locaux, porte-drapeaux d’une revendication désespérée qui place la médecine et plus généralement la santé comme ultime recours d’une revitalisation économique de dizaines de milliers de villages appauvris par une politique d’aménagement du territoire qui a favorisé exclusivement, depuis 50 ans, la « mégapolisation » des capitales régionales(1).

Non, enfin, le patient n’est pas immobile. Il bouge(2), s’organise, teste, este, et dans 80% des cas doit apprendre à vivre avec sa maladie chronique. Ceci étant dit, où en sommes-nous en Pays de la Loire ?

Mariage pour tous

La première table ronde au titre évocateur portait justement sur le sujet le plus épineux : couples élus/professionnels : éviter le divorce est-il possible ? Du Braudel à l’état pur, car les querelles de clocher encore de nos jours vont bon train. La présentation du projet de Torfou, haut lieu d’une révolte vendéenne en 1793, fut le détonateur d’une explosion de témoignages : « à quoi jouent ces maires qui dépensent l’argent public pour faire venir des Roumains alors que les… Lire la suite…

Bonne année Eugénie

La comparaison des prévisions de l’an neuf avec celles de l’an dix, offre une curieuse asymétrie. D’abord, il y a un an, on présageait l’arrivée d’une pandémie qui n’aura été qu’une grippette à peine un peu plus corsée qu’une épidémie saisonnière. Il y a un an, le président de la République nous annonçait une crise économique frontale; voilà que nous l’avons dans le dos. C’est en tout cas ce que nous révèle le même président dans ses vœux doucereux à la nation. Il y a un an, on annonçait une loi HPST révolutionnaire et on ne donnait pas cher des CAPI. Il y a un an, encore, la presse people s’acharnait avec tapage sur la naissance du bébé Dati. Un an après, on évoque avec une respectueuse compassion la mort (suite…)

Et si la mission Fragonard n’était pas si transitoire ?

La presse a souligné l’isolement de Roselyne Bachelot consécutif au putsch qui a littéralement déposé Martial Olivier-Koehret au profit de son challenger Claude Leicher. Le nouveau président de MG France a immédiatement inauguré ses fonctions en conduisant la délégation de son syndicat à une séance de négociation conventionnelle sans enjeu et sans résultat. Tout le monde est désormais acquis à la perspective de confier la barre du système conventionnel à un arbitre providentiel, en la personne de Bertrand Fragonard1. On a d’ailleurs le sentiment que le personnage était, de tout temps, promis à cette fonction. La ministre a donc perdu un allié de poids et gagné un contestataire habile ! Elle « fera contre mauvaise fortune bon cœur, le temps qui lui reste à son ministère, c’est-à-dire au moins jusqu’au probable (suite…)

Confit d’interêts et interêt des conflits

Devenus incontournables, les rencontres de la HAS à la Cité des Sciences de la Porte de la Villette, ont rassemblé jeudi et vendredi derniers près de 2000 pèlerins de l’effectiveness assessment, jeune religion syncrétique entre une foi rigoureuse dans la force de la « preuve scientifique » et une mystique de l’incertitude et de l’inattendu, ce que Laurent Degos, officiant suprême de cette grand-messe de la qualité des soins, appelle « la résilience ». Pas moins de 23 tables rondes pour cette « Mostra », animées par tout ce que le microcosme de la santé compte de stars adulées, d’astres déclinants ou d’étoiles montantes, devant un public d’aficionados agglutinés dans les travées comme aux grandes heures de la Sorbonne de 1968, et apparemment peu marris de l’empêchement de la ministre (suite…)

L’Institut Futuribles, sentinelle de l’innovation sociale. Iconoclaste et tellement stimulant !

De l’Institut Futuribles International on connaît à la fois les fulgurantes prospectives de la revue et le charisme de son patron Hugues de Jouvenel pour les porter sur la scène médiatique. Ses incursions dans le domaine social sont toujours percutantes. Et les trois scénarii imaginés en 1986 avec le concours de Christian Charpy (aujourd’hui patron du Pôle emploi après avoir dirigé le cabinet de Philippe Douste-Blazy) mériteraient encore d’être revisités aujourd’hui : le premier scénario était fondé sur un regain de croissance, le second sur son marasme et le troisième sur une politique volontariste. C’est en fait à un autre exercice de veille que s’est livré l’Institut en mettant pendant un an « Les politiques sociales au défi de l’innovation ». Avec, cette fois, le concours scientifique de Louis Charles (suite…)

L’intendance suivra…

Seuls ? pas tout à fait. La vertu des situations solitaires est de réveiller l’instinct grégaire. URCAM et ARH s’étaient solidarisées dans deux conférences professionnelles qui avaient royalement agacé la CNAMTS pour l’une et provoqué une vigoureuse reprise en mains de l’autre par la DHOS. Fin de l’aventure. Jean-Marie Bertrand, est tout sauf un aventurier. Nourri des erreurs de ses prédécesseurs amusés, le secrétaire général des ministères sociaux trace la préfiguration des ARS au cordeau. Depuis deux mois que les DGARS préfigurateurs ont atterri dans leur région bénie, pas un mot, pas un chuchotement. Tout juste un soupir de Claude Evin à Paris, c’est peu dire ! Et moins qu’un murmure de Daniel Lenoir chez les chtis, pour ne rien dire. Inconcevable ! La mécanique ministérielle serait-elle en train de (suite…)

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