Tag archives : PIB

Croissance française : nous ne travaillons pas assez

Jacques Lucas nommé à la tête de l’agence agence numérique de santé (ANS) À peine son départ du CNOM annoncé, en juin dernier, le Dr Jacques Lucas a été nommé par Agnès Buzyn (communiqué de presse) à la présidence de l’agence numérique de santé (ANS) qui doit succéder à l’ASIP Santé. Premier vice-président du CNOM, en charge du numérique, le Dr Lucas a largement contribué au développement des enjeux du numérique en santé notamment avec la publication en 2015 d’un Livre blanc sur le numérique en santé. Lire : Rapport Villani sur l’Intelligence Artificielle : quelles perspectives pour la santé ? « Le Dr Jacques Lucas a toujours voulu faire bouger les lignes, et nous ne pouvons que nous réjouir de l’embarquer dans cet ambitieux chantier qu’est le numérique en santé. Cette nomination (suite…)

L’équilibre des comptes ne sera pas au rendez-vous

Éditorial de la 410ème Le Saint Esprit semble bien avoir touché toutes les têtes cette semaine. Selon un dernier sondage Ifop pour Le Parisien, le raz-de-marée Macron escompté pour les élections présidentielles pourrait assurer au Président une majorité absolue à l’Assemblée. Pour autant, le Président christique devra en convaincre plus d’un lorsque l’on sait les perspectives économiques envisagées par les experts. La Cour des Comptes a rendu public la semaine dernière son rapport sur le budget de l’État en 2016 dans lequel elle pointe du doigt le bilan critiquable de l’ère Hollande. Si le déficit affiché en fin de quinquennat est inférieur aux prévisions de la loi de finances initiale et de la loi de programmation pluriannuelle des finances publiques 2014-2019, il résulte d’un bidouillage avec les comptes spéciaux. Et les sous-budgétisations ainsi (suite…)

Amour, Gloire et Black Friday

Éditorial de la 335 La croissance semble de retour en Europe, même si la France depuis dimanche n’a plus un seul centime dans ses caisses et vivra à crédit jusqu’à la fin de l’année… Le Gouvernement vient de publier un rapport sur les nouveaux indicateurs de richesse : si les indicateurs montrent une conjoncture défavorable, changeons d’indicateurs ! Il s’agit de « déplacer le centre de gravité de notre appareil statistique d’un système de mesure privilégiant la production à un système orienté sur la mesure du bien-être des générations actuelles et à venir, aux fins d’aboutir à des mesures plus pertinentes du progrès social. » Pour aller « au-delà du PIB« , en « utilisant des mesures plurielles » susceptibles d’avoir un « poids dans la décision publique au moins aussi important que celui des mesures usuelles de la production« . (suite…)

Economie : PIB, PNB… et si nous mesurions le bonheur ?

PIB, PNB, RNB, IDH, … que d’acronymes accrochés aux pages des volumineux rapports des pays et des organisations internationales (OCDE, ONU,…) pour mesurer la richesse et le développement humain d’un pays. Et si un seul acronyme suffisait à mesurer le bien-être d’un peuple ? Il était une fois un Roi qui décida pour son pays de remplacer PIB et PNB, indices vénérés du capitalisme, par un indice mesurant le bien-être de son peuple. Lire : Rapport sur les nouveaux indicateurs de richesse, rupture ou trompe-l'œil ? En 1972, Jigme Singye Wangchuck devint, après la mort de son père, le quatrième roi du Bhoutan, pays peuplé de 750 000 habitants, situé à l’extrémité Est de la chaîne Himalayenne et niché entre la Chine au nord (Tibet) et l’Inde au sud. Au (suite…)

Rapport sur les nouveaux indicateurs de richesses : rupture ou trompe l’œil ?

Le Gouvernement vient de rendre public son rapport pour la première année sur de nouveaux indicateurs synthétiques de richesse « pour aller au-delà du PIB ». Un faisceau d’une dizaine d’indicateurs originaux dont quelques-uns sur la santé : taux d’emploi, effort de recherche, endettement, espérance de vie en bonne santé, satisfaction dans la vie, inégalités de revenus, pauvreté, sortie du système scolaires, empreinte carbone et artificialisation des sols. A première vue, on peut en rire. Après avoir évoqué l’alignement des astres et constaté désespérément que les augures étaient définitivement sombres, autant changer les indicateurs. Si la courbe du chômage ne s’inverse pas, changeons la courbe : au lieu d’évoquer le chômage, parlons de taux d’emploi comme le ferait Pangloss, le docteur en cosmolonigologie de Voltaire… Décryptage.

Les origines de cette nouvelle approche

La Lettre de GaliléeCette publication part d’un bon sentiment : le PIB est insuffisant pour qualifier les efforts de croissance dans un contexte de crise. La critique n’est pas nouvelle. Dès les années 90, certains chercheurs comme Dominique Méda (Au-delà du PIB, pour une autre mesure de la richesse), Patrick Viveret (Reconsidérer la richesse), Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice (Les nouveaux indicateurs de richesse) ont remis en question cette comptabilité nationale évaluant les flux monétaires. Institué dès après les années 30, dans un contexte de plein emploi après la guerre, comme un standard pour les comptes nationaux des pays de l’OCDE, le PIB est avant tout une référence pour mesurer la valeur monétaire des biens produits par une nation et fixer des objectifs de croissance communs et harmonisés. Mais il échoue lorsque la crise surgit. Dès les années 70, les objectifs de croissance, malgré le recours massif à l’endettement, se déconnectent d’un partage équitable des fruits de la croissance. Ce constat est particulièrement criant pour la santé qui est une activité non marchande : l’accroissement du coût des services de santé à qualité de service égale fait croître le PIB sans améliorer pour autant notre bien-être. Et comme le note Géraldine Thiry dans Alternatives économiques d’octobre qui consacre un dossier sur la question : le PIB reste encore la référence car « le niveau de l’emploi reste corrélé à celui de la croissance » et que « la croissance du PIB est également la condition de l’équilibre des comptes sociaux. Comment financer les retraites ou la politique familiale si les revenus soumis à cotisation sociales stagnent ou diminuent ?« . Citant Tim Jackson (« Prospérité sans croissance, la transition vers une économie durable« ) et l’économiste iconoclaste Thorstein Veblen, les logiques sociales et culturelles incitent à valoriser toujours plus le consumérisme, y compris paradoxalement pour les plus pauvres : « cet accès très inégal à la consommation conduit, paradoxalement, riches et pauvres à aspirer à une poursuite de la croissance. Les premiers parce qu’ils craignent de perdre les privilèges réels ou symboliques ; les seconds, parce qu’ils aspirent à sortir de leur situation et aimeraient accéder au mode de vie des plus riches.« 

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Assurance maladie : …de mort lente

Le rapport de la Cour des comptes sur l’exécution du LFSS 2013 continue de lancer ses flèches empoisonnées sur une institution moribonde.

Aussi bien le chef de l’Etat dans sa conférence de presse que le premier ministre dans sa déclaration de politique générale, défendent le « modèle social français ». Parée des vertus que procure une formule aussi magique, cette attitude n’en est pas moins vide de sens. Elle interdit toute évolution et laisse à l’Etat le dernier mot.
Les dernières déclarations du Medef sont pour le moins provocatrices mais, quelques mois auparavant, l’équipe de Gattaz avait produit un rapport plutôt intéressant, voué à l’indifférence générale des pouvoirs publics.

Lire notre article "MEDEF, le retour"

Il faut s’en persuader, le modèle français (en tout cas l’assurance maladie) n’existe plus depuis longtemps. Faut-il voir dans la disparition cette semaine d’André Bergeron, « le petit père du syndicalisme français » comme se plaît à le rappeler Le Figaro, quelques mois seulement après celle de Marc Blondel, la datation précise de l’extinction des derniers pachydermes de notre protection sociale.

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