Tag archives : pauvreté

Congrès de la Mutualité : pas de « grand tournant social » 

Emmanuel Macron a présenté mercredi 13 juin à Montpellier sa politique sociale lors du congrès annuel de la Mutualité Française. Un discours attendu et préparé pour occuper le terrain médiatique. Mais peu d’annonces concrètes. Le « pognon de dingue » des minima sociaux C‘est une vidéo officielle. Filmée et postée par la conseillère comm de l’Élysée, le clip a été repris par tous les médias. On y voit le président de la République briefer son staff pour son discours devant la Mutualité Française à Montpellier. Lire : Minima sociaux : “pas question de faire des économies sur le dos des pauvres” Le Président ? Toujours exigeant. Pas encore satisfait du discours qu’il prononcera demain au congrès de la Mutualité, il nous précise donc le brief ! Au boulot ! pic.twitter.com/2mjy1JmOVv — Sibeth Ndiaye (suite…)

[Re]vue de Web : des annonces et des magouilles

Cette semaine, comme ces derniers jours, les affaires, les conflits d’intérêts et la magouilles des hommes politiques passionnent plus les journalistes et l’opinion publique que le bilan du Gouvernement. Comme  l’évoque Rouja Lazarova non sans poésie pour Libé : « La pire des sanctions, c’est l’indifférence. (…) Depuis quelques mois, personne n’attend les ministres à la sortie du Conseil le mercredi matin, leurs pas crissent solitaires sur le gravier de la cour de l’Elysée. Mais, cette fois, l’indifférence a été brisée par les «affaires».«  Le #gouvernement de l’#indifférence à la #transparence https://t.co/TUr2H3MAdf — Vincent Fromentin (@vfromentin) 23 mars 2017 Macron et ses casserolles Attaqué par Benoît Hamon sur ses accointances avec certains lobbies de « l’industrie pharmaceutique, pétrolière et chimique » lors du débat télévisé, Emmanuel s’est défendu et a pris l’engagement solennel de ne « pas être tenu (suite…)

Dépenses d’action sociale : vers la fin de la solidarité locale ?

La dépense sociale des départements revient dans l’actualité avec une note de l’Observatoire de l’Action Sociale Décentralisé sur la question. Les finances des Conseils Départementaux sont exsangues, pressées par la baisse des dotations et l’explosion de la demande sociale. Le décès de Michel Rocard, emblème de la gauche moderne et réformatrice, revêt une douloureuse dimension symbolique. Les départements dans le rouge Dans son rapport annuel sur les dépenses départementales d’action sociale, l’Observatoire de l’Action Sociale Décentralisé (ODAS) admet des « inquiétudes » en 2015 sur la dépense nette d’action sociale des départements qui progresse de +3,1 %, un niveau bien supérieur à l’inflation. Ces dépenses sociales représentent un budget de 36,1 Md€. « La dépense d’action sociale continue de représenter les deux tiers de la dépense de fonctionnement des Départements, une part en légère (suite…)

La pauvreté s’enracine en France

Malgré les annonces, la pauvreté s’enracine en France et la crainte de sombrer dans la précarité est à un niveau historique selon un sondage du Secours Populaire Français. François Hollande, lundi 7 septembre, lors de sa 6e Conférence de presse semestrielle à l’Élysée, a annoncé une baisse de 2 Md€ d’impôts pour 8 millions de foyers fiscaux, « en priorité les ménages les plus modestes« . Un « bricolage fiscal » et un « jeu dangereux » pour Olivier Bargain dans Le Monde car il s’agit en réalité d’un « geste très symbolique (les gains sont minimes pour les classes moyennes) et d’une démagogie certaine puisqu’aucune baisse d’IR ne profitera aux 55 % de Français les plus modestes… ceux qui ne paient pas d’IR. » Lire : la pauvreté dans les centres-villes, des disparités préoccupantes. Et pourtant, selon un baromètre IPSOS-SPF, la crainte de (suite…)

La pauvreté dans les villes : des disparités préoccupantes

Les récentes publications de l’INSEE sur la pauvreté des métropoles françaises interroge notre modèle social. Dans les centres-villes français, le taux de pauvreté avoisine les 20% de la population alors même que les revenus y sont constitués quasiment pour moitié par des prestations sociales. En temps de crise, malgré l’embellie annoncée, la pression exercée sur les dépenses publiques risque d’exacerber davantage encore ces fractures. Une réduction du poids des dépenses publiques et sociales et le tarissement des canaux redistributifs traditionnels provoqueraient un danger menaçant le modèle de cohésion sociale français, particulièrement dans les centres de nos métropoles.

L’INSEE a publié le 1er juin dernier une étude sur la pauvreté intitulée « Un nouveau regard sur la pauvreté et les inégalités en France« . Elle rassemble pour la première fois des données sur le revenu disponible et la pauvreté monétaire à l’échelle des communes. On y apprend qu’en 2012, le taux de pauvreté est le plus élevé (entre 18 et 23%) dans le Nord et le Sud-Est (particulièrement les régions Corse, Languedoc-Roussillon et Nord-Pas-de-Calais), ainsi qu’en Seine-Saint-Denis où le taux de pauvreté dans ce département est de 27%, là où la moyenne nationale constatée est de 14,3%.

Lire : Piketty, Pisany et le Pape

Deuxième fait marquant : le taux de pauvreté est le plus important dans les villes-centres (19,5%), particulièrement parmi les familles monoparentales, les familles nombreuses et les ménages jeunes. Ainsi, « 77 % de la population pauvre réside dans les 230 grandes aires urbaines de métropole, dont 65 %dans les grands pôles urbains et 20 % dans l’aire urbaine de Paris. » Pour rappel, selon les données de la CNAMTS en juin 2013, l’Ile-de-France concentre 170 000 bénéficiaires de l’Aide Médicale d’État (AME) (sur 273 000 à l’échelle de la France) soit 62% des bénéficiaires. Le département de la Seine-Saint-Denis (93) concentre près de 19% des bénéficiaires de l’AME, et Paris (75) plus de 20%.

Lire : Santé à deux vitesses, la France coupée en deux ?

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Malades ignorés et malades qui s’ignorent

On ne saurait trop insister, dans ce 4ème volet de notre première leçon, sur la relativité des attitudes face à la maladie et au système de soins. Autrefois dans une société dont l’organisation était largement sous-tendue par la religion, la grande consolation était que tout le monde finirait par mourir pour se retrouver devant dieu… à égalité.

Piètre consolation car, depuis toujours, nous ne sommes pas égaux devant la mort. Selon que vous serez puissant ou misérable comme disait le bon vieux La Fontaine dans les animaux malades de la peste, vous ne mourrez pas au même âge. Ça fait des lustres que le différentiel d’espérance de vie entre l’ouvrier agricole et le cadre supérieur est de plus de dix ans et si, globalement, l’espérance de vie n’a pas cessé de s’améliorer depuis un siècle, le différentiel demeure.

1 -Malades ignorants

Il faut chercher dans les nombreuses études sociologiques publiées depuis une cinquantaine d’années les explications à la complexité des attitudes face aux situations pathologiques. Georges Canguilhem (1), considéré comme l’initiateur d’une réflexion réellement philosophique sur la pathologie a donné l’impulsion à plusieurs générations de chercheurs qui ont permis de mieux comprendre notamment les mécanismes d’inaccessibilité aux soins. François Steudler a également présenté dans les années 70 l’état des recherches réalisées sur le sujet. Aujourd’hui, de nouvelles études viennent tempérer, confirmer ou contredire les soubassements épistémologiques de la socio-économie sanitaire.

Que ressort-il de ces recherches ? Pour faire simple il apparaît :

  • qu’il n’existe pas d’explication mono-factorielle des différences d’accès aux soins et que si le facteur économique est bien sûr omniprésent, celui-ci n’est pas essentiel,
  • que le facteur majeur est culturel et puise ses sources dans les profondeurs anthropologiques des Français

a – Le renoncement aux soins

Les comparaisons économiques menées il y a une quarantaine d’années montraient une… Lire la suite…

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