Tag archives : ONDAM

Consommation pharmaceutique : l’héritage empoisonné de Rocky

La baisse des dépenses pharmaceutiques, claironnée triomphalement l’année dernière par l’ancienne équipe de Rocky, dissimule en réalité un échec de ses méthodes On n’a pas tari d’éloges sur les méthodes fortes de l’ancien patron de la CNAMTS, Frédéric Van Roekeghem, fanfaronnant sur le respect de l’ONDAM deux années consécutives et mettant un point d’honneur à avoir terrassé la progression de la consommation pharmaceutique des Français, considérés (à tort) comme les champions du monde dans cette discipline. Discours cnamien d’autant plus puissant et univoque que la maison mère de l’assurance maladie détient jalousement le monopole des datas, de l’analyse et de l’interprétation des données. L’article de Que Choisir dans son numéro de janvier 2015, à partir d’une enquête portant sur 347 ordonnances, exhume un vieux sujet : la polymédication des personnes (suite…)

La protection sociale au coeur des économies prévues par le Gouvernement

Comme le titraient Les Echos, la protection sociale sera le « premier gisement d’économies » du projet de budget 2015, soit 20 milliards d’euros au total sur les 50 milliards de réduction des dépenses. Concrètement, le projet de loi de financement de la protection sociale (PLFSS) présenté et discuté demain en conseil des ministres, demandera à l’assurance maladie un effort de 3,2 milliards d’euros, soit une maîtrise de l’Objectif national de dépenses d’assurance-maladie (l’Ondam) limitée à 2,1 % contre 2,4 % en 2014. Mauvaise nouvelle présentée par la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS), le dérapage des comptes de l’assurance maladie est plus grave que prévu. Des traitements plus chers que prévus auraient plombé les comptes :  un nouveau médicament contre l’hépatite C, le Sovaldi®, auait déjà coûté plus de 400 millions d’euros. Autrement (suite…)

Assurance maladie : …de mort lente

Le rapport de la Cour des comptes sur l’exécution du LFSS 2013 continue de lancer ses flèches empoisonnées sur une institution moribonde.

Aussi bien le chef de l’Etat dans sa conférence de presse que le premier ministre dans sa déclaration de politique générale, défendent le « modèle social français ». Parée des vertus que procure une formule aussi magique, cette attitude n’en est pas moins vide de sens. Elle interdit toute évolution et laisse à l’Etat le dernier mot.
Les dernières déclarations du Medef sont pour le moins provocatrices mais, quelques mois auparavant, l’équipe de Gattaz avait produit un rapport plutôt intéressant, voué à l’indifférence générale des pouvoirs publics.

Lire notre article "MEDEF, le retour"

Il faut s’en persuader, le modèle français (en tout cas l’assurance maladie) n’existe plus depuis longtemps. Faut-il voir dans la disparition cette semaine d’André Bergeron, « le petit père du syndicalisme français » comme se plaît à le rappeler Le Figaro, quelques mois seulement après celle de Marc Blondel, la datation précise de l’extinction des derniers pachydermes de notre protection sociale.

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Conventionnement des professions libérales : vers la fin d’un système ?

La Cour des Comptes apporte un éclairage meurtrier sur les dysfonctionnements du dispositif de conventionnement entre libéraux et assurance maladie.

Dans un rapport au vitriol, les Cerbères de la Cour des Comptes détaillent sans détour le fonctionnement des conventions établies depuis 2004 entre l’assurance maladie et les professions libérales. Rendu public en juillet dernier, le document apporte un éclairage au xénon sur les dysfonctionnements et les freins de ce dispositif conventionnel devenu à son goût un « jeu d’acteurs complexe dans un paysage brouillé » (p.10). Le rapport comporte 4 chapitres : une présentation du fonctionnement des conventions depuis la loi HPST, leur impact sur les rémunérations des professionnels ainsi que sur l’accès aux soins des usagers, des pistes de réformes pour faire évoluer l’organisation de soins. Mais, au-delà de ces honnêtes conclusions, pour les auteurs, la solution est simple : seul le retour d’un État fort dans les négociations permettra de garantir l’accès aux soins pour tous et une maîtrise des risques.

Les origines du conventionnement des professions libérales

Les Tables de la Loi de la médecine libérale remontent à une charte établie en 1927 par les premiers syndicats de médecins, gravant dans le marbre ces 4 principes fondateurs : la liberté totale d’installation, la liberté de prescription, la liberté de fixation des tarifs par entente directe et le secret professionnel. Mais, progressivement, à partir de 1945, l’émergence des négociations conventionnelles permettent d’encadrer les dépassements d’honoraires et d’asseoir les bases de remboursement. D’abord départemental, le conventionnement, instauré par l’ordonnance du 19 octobre 1945 introduisant la notion de tarif opposable, devient en 1971 national. C’est ainsi la loi du 3 juillet 1971 qui pose le cadre national entre les libéraux et l’assurance maladie : un tarif unique garantissant un accès aux soins des assurés par un remboursement aux professionnels. Initiées par les médecins, ces conventions nationales sont conclues également avec les autres professions de santé (les infirmiers en 1972, les chirurgiens-dentistes en 1975). Mais en 1980, un secteur 2 est créé pour la médecine libérale, un « secteur conventionné à honoraires libres » où les dépassements sont autorisés, puis restreint en 1990 en raison de son succès.

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Rapport CNAMTS : gisements et déguisements

Le rapport annuel de la CNAMTS adressé à la ministre et au parlement apporte des démonstrations éclairantes sur les économies à réaliser à l’hôpital. Dans son rapport « au ministre de la sécurité sociale et au Parlement sur l’évolution des charges et des produits de l’assurance maladie au titre de 2015 » la CNAMTS annonce la couleur : « Le programme de stabilité 2014-2017 fixe un cadre contraint pour les trois prochaines années, avec une baisse progressive du taux de croissance de l’Ondam (2,1% en 2015, 2% en 2016 et 1,9% en 2017), qui suppose un effort supplémentaire par rapport à celui qui a été fait sur les dernières années. » Alors en bon soldat, comme il en a l’habitude chaque année depuis qu’il en a pris le commandement en 2005, le directeur général (suite…)

Valls… a mis le temps

Sujet sensible et électoralement volcanique, la santé ne sera pas l’objet de réformes en profondeur. La gestion soporifique de Marisol Touraine fera l’affaire jusqu’en 2017. Lire : Touraine en mode mineur Tourne à gauche, tourne à droite La photo de famille du 2ème gouvernement Hollande montre des sourires figés. Une équipe reconduite presque dans la même configuration aurait pu incliner un moment à penser à un canular. Mais les deux sortants et les deux entrants dans l’équipe du « jeune homme pressé » confirment au contraire le savant calcul du président sur la suite des opérations. Le départ de Moscovici était attendu. C’est ce que, en telle circonstance, les intéressés racontent toujours, après coup. Il est vrai que Bercy abritait un peu trop de ministres et que locaux, bureaux avec vue sur (suite…)

L’étrange destin du commandant Rocky

L’information a déjà circulé sur les réseaux sociaux et dans les principaux quotidiens, c’est maintenant confirmé : Frédéric Van Roekeghem quitte la CNAMTS. Trop c’est trop Libération le voyait émigrer pour diriger Malakoff Médéric et succéder à Guillaume Sarkozy, le frère de Nicolas, patron de ce grand groupe mutualiste depuis plusieurs années. Mais cette information, présentée par le quotidien comme un scoop, datait du 13 avril 2013 et était démentie le lendemain même par l’Argus de l’assurance, affirmant que « le bureau de la sommitale, et tous les présidents des institutions et commissions, ont d’ailleurs eu l’occasion la semaine dernière encore de valider les orientations stratégiques et managériales proposées par le délégué général. » En réalité, certains ont pris leurs désirs pour des réalités au point de rêver tout haut d’un point de (suite…)

Hic et nunc ?

Juste après le premier tour, alors que d’évidence les jeux étaient faits pour le second et que la mine défaite des ténors de l’UMP trahissait déjà quelques prochains réglements de compte internes sur les escapades « buissionnières » de leur leader, la plupart des journaux sifflait la fin de la récréation. « Bonjour les ennuis » titrait la couverture du Point du 26 avril alors que, revenu à une ligne éditoriale un peu moins partisane, Libération du 7 mai annonçait que « pour les socialistes, le vrai travail commence ».
Omniprésente pendant la campagne, Marisol Touraine, à en croire son propre blog, accumule suffisamment de Miles pour un billet prime à destination de l’avenue de Ségur. Seulement 200 mètres séparent le QG de « transition » du nouveau président et le ministère des affaires sociales. La fille du grand sociologue de gauche, invitée sur France 2 à 13 heures et sur I-Télé à 18h30 dès le lendemain de la reprise de la Bastille par les électeurs socialistes aux troupes de Mélenchon, s’évertue à occuper l’espace visuel. L’accession au pouvoir commence par la reconnaissance d’un visage : une image doit en chasser une autre.

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