Tag archives : médecins

Loi de santé : L’Éléphant et le Singe de Jupiter

Éditorial de la 472ème  Alors que la loi de santé, « Ma santé 2022 », a entamé la semaine dernière son parcours parlementaire, 57 députés dont Joël Aviragnet, Pierre Dharréville, Caroline Fiat,  André Chassaigne, Jean-Luc Mélenchon et Valérie Rabault ont signé une tribune dans Le Journal du dimanche pour dénoncer le « manque de concertation » d’une loi « qui compte 7  ordonnances pour 23  articles ». Lire : Grand Débat National : le retour de la coercition « Face à la désertification médicale, tout n’a pas été essayé. Le conventionnement sélectif des médecins permettrait leur meilleure répartition et une meilleure prise en charge des patients dans tous nos territoires. Or, le gouvernement et la majorité se refusent à cette idée malgré le très large consensus qu’elle recueille tant chez les associations d’acteurs de la santé qu’auprès de la (suite…)

Les médecins et l’Assurance Maladie signent la convention… de 1971

A l’heure des grands défis de la révolution médicale – ubérisation, big data, médecine 4P – les syndicats de médecins et la Caisse nationale d’assurance-maladie ont conclu une convention qui tourne le dos à l’avenir. Organisant le suicide collectif des médecins, cette Convention semble tout droit sortie d’une sorte de Jurassik Parc politique et social. Décryptage. Comme il était prévisible, la Caisse nationale d’Assurance-maladie et les syndicats de médecins (certains d’entre eux au moins) ont trouvé un accord après une négociation qui a connu son lot habituel de coups de menton et de bluff réunis. Lire : Négociations conventionnelles, une signature en demi-teinte. Il s’agissait d’une discussion de marchands de tapis puisque l’enjeu était simplement de se répartir le gâteau, soit 1,2 Md€, que la Caisse nationale d’assurance-maladie avait mis (suite…)

Négociations conventionnelles : une signature en demi-teinte

Éditorial de la 371 Quand Jacques Monnier, président de la CSMF, et Maurice Derlin, syndicaliste Force Ouvrière et président  de la CNAMTS, signaient la première convention nationale le 28 octobre 1971, l’acte était historique. Elle mettait fin à des années de turbulences autour de la liberté tarifaire. Surtout depuis l’ordonnance du 19 octobre 1945 (où les syndicats de médecins étaient absents des réflexions) qui règlementait les tarifs applicables au sein d’une nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) et de conventions départementales. Jacques Monnier, président de la CSMF. Maurice Derlin (à g.) en compagnie de Pierre Bérégovoy en janvier 1984. Lire : Conventionnement des libéraux : vers la fin d'un système ? Aujourd’hui, depuis le 24 février, le jeu des négociations conventionnelles a finalement accouché d’un accord ce 25 août dernier, après 6 mois de (suite…)

Loi de santé : No flop, no drop ?

Éditorial de la 334 Ce mardi 27 octobre, la Commission Mixte Paritaire a présenté ses conclusions de 9h30 à 10h30 pour sceller son désaccord sur la loi de modernisation de notre système de santé. L’objectif de cette commission présidée par la députée Catherine Lemorton est « d’essayer de dégager un texte commun entre l’Assemblée Nationale et le Sénat« . Point principal de désaccord politique : le fameux article 18, le tiers-payant généralisé jugé trop « complexe » et incompatible avec la médecine libérale. Pour Arnaud Robinet, « l’Assemblée nationale instaure une véritable étatisation de notre système de santé« , les médecins sous la coupe de la CNAMTS, les patients sous celle des complémentaires et des mutuelles… Mais il déplore « l’impréparation du travail parlementaire » avec le dépôt en dernière minute d’un amendement de six pages sur l’organisation de la santé (suite…)

Vagues, houle et ressac

Éditorial de la 304 Caractéristique déjà ancienne de notre démocratie qui n’en a plus que l’apparence, la direction du pays, incapable de mesurer la réalité du terrain, se complaît dans une espèce de schizophrénie paranoïde l’empêchant de comprendre réellement les aspirations des Français. Car quoi, sur quel indicateur ce week-end les partis politiques ont-ils braqué leur lorgnette ? Sur le résultat d’élections dont un Français sur deux se moque royalement, convaincu que les conseillers généraux dont on ne connaît le plus souvent ni le nom ni le rôle ne servent qu’à dépenser l’argent public. Comme le titre Le Monde du 23 mars  « c’est une élection sans perdant », car qui peut gloser sur ces résultats ? Le Front National évidemment qui ne rate jamais une vaguelette pour surfer sur le ras-le-bol, (suite…)

Les vrais enjeux du tiers-payant généralisé

La généralisation du tiers payant fait partie de ces apories qui mobilisent les professionnels sans que ceux-ci en mesurent vraiment les dangers. Car, quand on interroge les médecins individuellement sur les motivations de leur mobilisation, l’argumentation tourne davantage autour des complications administratives qu’une telle mesure va entraîner au quotidien que sur les raisons pour lesquelles Marisol Touraine en fait la mesure phare de sa réforme. Une insidieuse pollution du raisonnement ? Dans le n° 99 de UG Zapping, Claude Bronner plante le décor :  » Voilà plus d’un an que de réunion de « concertation » en réunion « technique » les syndicats expliquent que le tiers payant généralisé et obligatoire n’est pas une bonne mesure. Ils parlent à des autistes puisque la volonté du président de la République et de sa Ministre sont au delà de (suite…)

Loi Touraine : tape-à-l’œil, bricolages et dogmatismes

Éditorial de la 264 Il est des réformes qui marquent l’histoire de la protection sociale ; d’autres non. Pourtant enveloppée d’une campagne de communication soignée, ni trop tapageuse dans l’océan des platitudes, ni trop silencieuse dans le brouhaha des élections, le projet de Marisol Touraine fait hélas partie de la seconde catégorie et ne rejoindra pas le panthéon des grandes réformes. Passé l’endormissement estival, il ne restera de sa prétentieuse « refondation » que quelques épines bien inutiles. L’essentiel de la presse du week-end n’aura retenu que les tape-à-l’œil, la poudre de perlimpinpin. La plupart des journaux, du Figaro à 20 minutes en passant par Libération ou Ouest-France mettent en exergue l’annonce pompeuse « d’inscrire la prévention comme l’un des socles de notre politique de santé ». A croire que l’énarchie des cabinets, de gauche (suite…)

L’archidémago rapport Archimbaud

Commandé par le Premier Ministre en mars 2013 à la sénatrice Aline Archimbaud, le rapport « l’accès aux soins des plus démunis : 40 propositions pour un choc de solidarité » répond… à côté.

La commande était pourtant claire : il s’agissait « d’établir les raisons pour lesquelles les personnes malades se détournent des prestations auxquelles elles peuvent prétendre ». Visés expressément par la feuille de route : l’accès à la complémentaire santé (ACS), la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et l’aide médicale aux personnes en situation irrégulière (AME), trois dispositifs boudés par leurs bénéficiaires.

On s’attendait, au minimum, à quelques explications sur l’inaccessibilité. Que nenni ! Le rapport empile des réponses convenues, des affirmations non fondées, des solutions approximatives qui vont toutes dans le sens du poil d’un électorat qui érige la lutte contre l’inégalité en véritable religion.

Démago à gogo

La première ligne de la préface donne le ton : « des centaines de milliers de nos concitoyens se voient refuser l’accès aux soins… ».
« Se voient refuser » : l’intention accusatoire n’échappe à personne.
Juste après, isolée entre deux interlignes pour bien la mettre en exergue, une phrase hyperbolique qui se jette à vos yeux comme une évidence : « Il y a le mur de l’argent… »
Et comme bien sûr, vous n’avez pas encore tout compris, on vous parle alors de « stigmatisation des chômeurs », de la vilaine administration qui se mobilise contre la « triche sociale », de ces fonctionnaires sûrement psychopathes qui rognent sournoisement, à coups de circulaires, l’édifice de la couverture universelle.
« Cette offense à la cohésion nationale et cette déchirure profonde du lien social… » glose la sénatrice avec des relents de guerre civile, est la seule cause des difficultés d’accès aux soins des plus démunis. La réalité dit-elle, est celle d’un « parcours du combattant », « dans un système qui semble ne pas avoir été conçu pour ces personnes et où la lutte contre la fraude a pris ces dernières années une importance démesurée au regard des enjeux financiers. »

Y-aurait-il, embusqués derrière les guichets désuets de la sécurité sociale, quelques activistes du front national appliqués à faire régner un climat de terreur.
Ainsi lit-on à la page 57 : « Le climat de suspicion généralisée qui en résulte est désastreux : le système semble tourné, et toutes les énergies mobilisées, vers la chasse aux fraudeurs, plutôt que vers la recherche des bénéficiaires des droits et la lutte contre le non recours. Il est par exemple frappant d’entendre la CNAMTS se féliciter des possibilités d’échanges avec les CAF et la direction générale des finances publiques, et envisager une diversification de ces échanges, notamment au moyen des signalements par les URSSAF des ressources dissimulées. »

On y lit un peu plus loin : « Des travailleurs sociaux ont fait part à la mission de l’existence dans certaines caisses primaires « d’entretiens ‘’piégeants’’ et de l’initiative prise par certaines associations d’organiser des séances de coaching … » pour les éviter.

Même si Frédéric Van Roekeghem ne fait pas dans Lire la suite…

Médecine libérale en Pays de la Loire : le bon sens près de chez soi

Un colloque organisé au printemps dernier par l’URPS-ML des Pays de la Loire confirme le dynamisme de jeunes médecins qui ne craignent pas de se lancer dans l’aventure libérale

Il faut dire qu’avec le matraquage de l’opinion sur la désertification médicale, le succès de la journée des pôles et maisons de santé organisée par l’Union Régionale des Professions de Santé des Médecins Libéraux (URPS-ML) des Pays de la Loire et l’Association des Pôles et Maisons de Santé Libéraux pour sa deuxième édition n’était qu’une demi surprise. Près de 200 participants, autant d’élus que de professionnels de santé, avaient manifesté leur intérêt, le 18 avril dernier à Gétigné dans les environs de Nantes, au dossier finalement mal connu de la médecine de proximité. Et ils ne furent pas déçus.

Encore des idées reçues

Pollué par de coriaces assertions aux allures universelles, le constat s’éclaire d’éléments qui font désormais l’objet d’un timide consensus.
Non la démographie médicale n’a pas les allures de catastrophe nationale qu’on lui inflige. Au creux de la vague, l’offre de soins de proximité ne retrouvera jamais que son niveau des années 90.
Non, sur la question des soins de premiers recours, il ne s’agit pas d’une défection ou, pire, d’une désertion de la médecine libérale mais d’une transformation intrinsèque de la médecine dont la caractéristique majeure est sociologique : les femmes, avec 75% des cohortes sortant des universités, apparaissent bien comme l’avenir de la médecine et tracent une voie qui réfute la médecine de papa des années 60.
Que dire alors de cette révolte des élus locaux, porte-drapeaux d’une revendication désespérée qui place la médecine et plus généralement la santé comme ultime recours d’une revitalisation économique de dizaines de milliers de villages appauvris par une politique d’aménagement du territoire qui a favorisé exclusivement, depuis 50 ans, la « mégapolisation » des capitales régionales(1).

Non, enfin, le patient n’est pas immobile. Il bouge(2), s’organise, teste, este, et dans 80% des cas doit apprendre à vivre avec sa maladie chronique. Ceci étant dit, où en sommes-nous en Pays de la Loire ?

Mariage pour tous

La première table ronde au titre évocateur portait justement sur le sujet le plus épineux : couples élus/professionnels : éviter le divorce est-il possible ? Du Braudel à l’état pur, car les querelles de clocher encore de nos jours vont bon train. La présentation du projet de Torfou, haut lieu d’une révolte vendéenne en 1793, fut le détonateur d’une explosion de témoignages : « à quoi jouent ces maires qui dépensent l’argent public pour faire venir des Roumains alors que les… Lire la suite…

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