Tag archives : médecine

Cogito

Éditorial de la 243 Les cerveaux fumants de l’intelligentsia sanitaire cogitent sur les pistes tracées par le Gouvernement en matière de réforme de la protection sociale. Entre le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie, le Haut conseil pour le financement de la protection sociale, le Haut conseil des retraites et celui, pour faire bonne mesure, de la famille, les idées ne vont pas manquer. On nous annonce une mise à plat du financement pour le mois prochain. La généralisation de la couverture complémentaire santé fait aussi phosphorer les partenaires sociaux. L’accord national interprofessionnel (ANI), sur ce point précis, a servi de base à la Loi du 9 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi. On attend de voir. L’initiative prise par notre confrère Espace social Européen de réunir (suite…)

Médecin/patient : une relation singulière

La relation entre le médecin et le malade est un jeu très complexe(1). Elle répond à une infinité de facteurs sociaux et subit directement l’influence de systèmes de valeurs spécifiques à chaque corps social. Pour quelles raisons, en dehors des cas où le malade est passif, un patient va-t-il consulter un médecin ? Quels sont les facteurs déclenchants ?


La caractéristique de la relation thérapeutique est la supériorité du médecin et la dépendance du client. Mais la soumission du malade est de moins en moins vraie… en tout cas pour une partie éclairée de la population. La perception d’un symptôme, voire l’interprétation de la douleur, varie d’un groupe social à l’autre(2). Il existe une infinité de situations qui vont de celle dans laquelle le patient prend la maladie comme une fatalité et celle où le patient « dicte » la prescription à son médecin.

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L’archidémago rapport Archimbaud

Commandé par le Premier Ministre en mars 2013 à la sénatrice Aline Archimbaud, le rapport « l’accès aux soins des plus démunis : 40 propositions pour un choc de solidarité » répond… à côté.

La commande était pourtant claire : il s’agissait « d’établir les raisons pour lesquelles les personnes malades se détournent des prestations auxquelles elles peuvent prétendre ». Visés expressément par la feuille de route : l’accès à la complémentaire santé (ACS), la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et l’aide médicale aux personnes en situation irrégulière (AME), trois dispositifs boudés par leurs bénéficiaires.

On s’attendait, au minimum, à quelques explications sur l’inaccessibilité. Que nenni ! Le rapport empile des réponses convenues, des affirmations non fondées, des solutions approximatives qui vont toutes dans le sens du poil d’un électorat qui érige la lutte contre l’inégalité en véritable religion.

Démago à gogo

La première ligne de la préface donne le ton : « des centaines de milliers de nos concitoyens se voient refuser l’accès aux soins… ».
« Se voient refuser » : l’intention accusatoire n’échappe à personne.
Juste après, isolée entre deux interlignes pour bien la mettre en exergue, une phrase hyperbolique qui se jette à vos yeux comme une évidence : « Il y a le mur de l’argent… »
Et comme bien sûr, vous n’avez pas encore tout compris, on vous parle alors de « stigmatisation des chômeurs », de la vilaine administration qui se mobilise contre la « triche sociale », de ces fonctionnaires sûrement psychopathes qui rognent sournoisement, à coups de circulaires, l’édifice de la couverture universelle.
« Cette offense à la cohésion nationale et cette déchirure profonde du lien social… » glose la sénatrice avec des relents de guerre civile, est la seule cause des difficultés d’accès aux soins des plus démunis. La réalité dit-elle, est celle d’un « parcours du combattant », « dans un système qui semble ne pas avoir été conçu pour ces personnes et où la lutte contre la fraude a pris ces dernières années une importance démesurée au regard des enjeux financiers. »

Y-aurait-il, embusqués derrière les guichets désuets de la sécurité sociale, quelques activistes du front national appliqués à faire régner un climat de terreur.
Ainsi lit-on à la page 57 : « Le climat de suspicion généralisée qui en résulte est désastreux : le système semble tourné, et toutes les énergies mobilisées, vers la chasse aux fraudeurs, plutôt que vers la recherche des bénéficiaires des droits et la lutte contre le non recours. Il est par exemple frappant d’entendre la CNAMTS se féliciter des possibilités d’échanges avec les CAF et la direction générale des finances publiques, et envisager une diversification de ces échanges, notamment au moyen des signalements par les URSSAF des ressources dissimulées. »

On y lit un peu plus loin : « Des travailleurs sociaux ont fait part à la mission de l’existence dans certaines caisses primaires « d’entretiens ‘’piégeants’’ et de l’initiative prise par certaines associations d’organiser des séances de coaching … » pour les éviter.

Même si Frédéric Van Roekeghem ne fait pas dans Lire la suite…

La météo des plages : des universités d’été si banales

Le tour des Universités d’été nous renseigne sur les préoccupations du moment. Rien de bien original, ou presque, sur les questions de santé (quand elles figurent au programme !). Quelques bonnes idées cependant… Les universités d’été sont avant tout des événements médiatiques. On soigne la forme, le fond reste secondaire. L’arrivée des stars répond à une mise en scène millimétrée, chrono en main, pas trop tôt, pas trop tard, pour passer au JT de 20 heures. Les hommes ont tombé la veste, chemise blanche ouverte jusqu’au 2ème bouton; les femmes en robe d’été, lunettes de soleil élégamment calées dans les cheveux, le regard circulaire à l’affût des photographes… Les politiques en maillot Le Front de Gauche a choisi Grenoble, il est vrai un peu loin des embruns. Le ténor charismatique (suite…)

Bonne année Eugénie

La comparaison des prévisions de l’an neuf avec celles de l’an dix, offre une curieuse asymétrie. D’abord, il y a un an, on présageait l’arrivée d’une pandémie qui n’aura été qu’une grippette à peine un peu plus corsée qu’une épidémie saisonnière. Il y a un an, le président de la République nous annonçait une crise économique frontale; voilà que nous l’avons dans le dos. C’est en tout cas ce que nous révèle le même président dans ses vœux doucereux à la nation. Il y a un an, on annonçait une loi HPST révolutionnaire et on ne donnait pas cher des CAPI. Il y a un an, encore, la presse people s’acharnait avec tapage sur la naissance du bébé Dati. Un an après, on évoque avec une respectueuse compassion la mort (suite…)

Et si la mission Fragonard n’était pas si transitoire ?

La presse a souligné l’isolement de Roselyne Bachelot consécutif au putsch qui a littéralement déposé Martial Olivier-Koehret au profit de son challenger Claude Leicher. Le nouveau président de MG France a immédiatement inauguré ses fonctions en conduisant la délégation de son syndicat à une séance de négociation conventionnelle sans enjeu et sans résultat. Tout le monde est désormais acquis à la perspective de confier la barre du système conventionnel à un arbitre providentiel, en la personne de Bertrand Fragonard1. On a d’ailleurs le sentiment que le personnage était, de tout temps, promis à cette fonction. La ministre a donc perdu un allié de poids et gagné un contestataire habile ! Elle « fera contre mauvaise fortune bon cœur, le temps qui lui reste à son ministère, c’est-à-dire au moins jusqu’au probable (suite…)

Confit d’interêts et interêt des conflits

Devenus incontournables, les rencontres de la HAS à la Cité des Sciences de la Porte de la Villette, ont rassemblé jeudi et vendredi derniers près de 2000 pèlerins de l’effectiveness assessment, jeune religion syncrétique entre une foi rigoureuse dans la force de la « preuve scientifique » et une mystique de l’incertitude et de l’inattendu, ce que Laurent Degos, officiant suprême de cette grand-messe de la qualité des soins, appelle « la résilience ». Pas moins de 23 tables rondes pour cette « Mostra », animées par tout ce que le microcosme de la santé compte de stars adulées, d’astres déclinants ou d’étoiles montantes, devant un public d’aficionados agglutinés dans les travées comme aux grandes heures de la Sorbonne de 1968, et apparemment peu marris de l’empêchement de la ministre (suite…)

L’Institut Futuribles, sentinelle de l’innovation sociale. Iconoclaste et tellement stimulant !

De l’Institut Futuribles International on connaît à la fois les fulgurantes prospectives de la revue et le charisme de son patron Hugues de Jouvenel pour les porter sur la scène médiatique. Ses incursions dans le domaine social sont toujours percutantes. Et les trois scénarii imaginés en 1986 avec le concours de Christian Charpy (aujourd’hui patron du Pôle emploi après avoir dirigé le cabinet de Philippe Douste-Blazy) mériteraient encore d’être revisités aujourd’hui : le premier scénario était fondé sur un regain de croissance, le second sur son marasme et le troisième sur une politique volontariste. C’est en fait à un autre exercice de veille que s’est livré l’Institut en mettant pendant un an « Les politiques sociales au défi de l’innovation ». Avec, cette fois, le concours scientifique de Louis Charles (suite…)

L’intendance suivra…

Seuls ? pas tout à fait. La vertu des situations solitaires est de réveiller l’instinct grégaire. URCAM et ARH s’étaient solidarisées dans deux conférences professionnelles qui avaient royalement agacé la CNAMTS pour l’une et provoqué une vigoureuse reprise en mains de l’autre par la DHOS. Fin de l’aventure. Jean-Marie Bertrand, est tout sauf un aventurier. Nourri des erreurs de ses prédécesseurs amusés, le secrétaire général des ministères sociaux trace la préfiguration des ARS au cordeau. Depuis deux mois que les DGARS préfigurateurs ont atterri dans leur région bénie, pas un mot, pas un chuchotement. Tout juste un soupir de Claude Evin à Paris, c’est peu dire ! Et moins qu’un murmure de Daniel Lenoir chez les chtis, pour ne rien dire. Inconcevable ! La mécanique ministérielle serait-elle en train de (suite…)

Cent’sgiving

Barak Obama a sans doute gagné, dimanche au Sénat, une manche décisive dans son combat pour instaurer dans son pays le système d’assurance maladie à l’échelle de sa démocratie. La partie n’est pourtant pas gagnée et il faudra désormais à sa famille démocrate faire montre de pugnacité pour amener cette réforme à son terme. C’est dans cet exercice où il excellait à la tête de la Commission de la Santé que Ted Kennedy fera cruellement défaut à son fils spirituel. Pour être de pure procédure, la bataille de dimanche n’était pas gagnée d’avance, car sur les 100 sénateurs, il fallait à Harry Ried, le leader démocrate, s’assurer une majorité de 60 suffrages. Rigoureusement les effectifs du groupe mais avec quelques voix chancelantes d’élus… surtout soucieux de leur prochaine réélection. Avec (suite…)

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