Tag archives : médecine de proximité

L’hôpital, rien que l’hôpital

La FHF revendique une plus grande liberté de gestion et une diminution sensible de la pression de la tutelle de l’État au prix d’une politique de terre brûlée à l’égard de la médecine de ville. Opportune austérité Le registre lexical du document de la FHF peut surprendre. Comme si plusieurs mains avaient participé à la construction de l’édifice sans un plan de masse commun tant il renferme de contradictions. Le texte de la FHF commence par un paradoxe : le plan de redressement présenté par Manuel Valls « peut devenir une chance pour le secteur hospitalier« . Assertion assez redoutable car si l’on se réjouit de réduire la production des soins au nom des économies utiles, c’est qu’assurément on ne se sent pas concerné. Les économies sont pour les autres. « En clair, (suite…)

Médecine de proximité : retour sur les fondements d’un slogan politique

Les questions posées sur la démographie médicale qui, de fil en aiguille, aboutissent aujourd’hui à celles sur une restructuration en profondeur des soins de premiers recours, ne datent pas d’hier. Elles émergent par secousses telluriques depuis une vingtaine d’années dans un contexte largement dominé par l’idée que l’offre crée la demande et que le déficit récurrent de l’assurance maladie ne saurait trouver d’autres explications que dans un excès de médecins.

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Yann BOURGUEIL, Directeur de l’IRDES, Coordinateur de l’équipe « Partenariat pluridisciplinaire de Recherche sur l’Organisation des Soins de Premier Recours » (PROSPERE), lors d’un séminaire sur les soins primaires organisé par La Lettre de Galilée.

Définitions du soin primaire, du soin de proximité, du soin de premier recours, différences entre ces trois notions, difficultés de compréhension en France au regard des définitions admises à l’étranger.

Las, le raisonnement, un tantinet technocratique, tendant à s’abriter derrière les densités régionales moyennes pour expliquer leur corrélation avec le gradient Nord/Sud de la consommation médicale (et tant qu’on y est, avec celui de la mortalité) ne tient qu’un temps. Car, derrière des moyennes se dissimulent des inégalités fortes. L’arrière pays des régions méditerranéennes ou encore certaines banlieues de la région parisienne sont plus mal loties que la Picardie, région dont la densité moyenne régionale est la plus faible de France. Lire la suite…

La révolution du premier recours

Formule choc utilisée par la Ministre de la santé, « la révolution du premier recours » n’est qu’un éternel recommencement. Le faux problème de la désertification médicale sert d’analgésique aux prurits populistes.

Lire : médecine de proximité, retour sur les origines d'un slogan politique

Étymologiquement, une « révolution » n’est qu’un « retour en arrière ». Et en matière de médecine de proximité, ça ressasse ferme. La Lettre de Galilée depuis quelques années s’en amuse goulument, « plus la médecine de proximité mobilise les débats, plus les inégalités se creusent… » disions-nous encore en novembre 2013De révolution en résolution, où en est-on aujourd’hui ? A-t-on trouvé des solutions à un problème qui n’en était pas véritablement un ?
Notre analyse est que, construit à l’origine avec une intention manifestement électoraliste, le discours sur l’inégalité d’accès aux soins s’est transformé, contre toute attente, en exigence politique portée par les édiles locaux. Et plus les pouvoirs publics font semblant d’apporter des réponses, plus la critique du populisme s’assourdit.

Je pense que les déserts médicaux, avec le recul des services publics, expliquent en partie la hausse du vote FN en zone rurale.

Claude Leicher, président du syndicat MG France

Voilà que le premier recours soigne les bobos et les fachos…

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Le testament de Chassang

Avant de passer le relais à son successeur, Michel Chassang a fait adopter un pensum confédéral en faveur d’ « une médecine libérale et sociale ». Peaux de bananes pour le successeur ou pensées visionnaires ? Décorticage.

Michel Chassang, pape de la CSMF depuis 12 ans, tire sa révérence après avoir fait adopter «un projet confédéral» dont les 5 principes directeurs – comme le souligne la première ligne du préambule – «guide(nt) l’action de la CSMF pour les prochaines années».
Drôle de façon de partir. Rester sans être là. Faut-il voir dans ce texte canonique une mission apostolique destinée aux brebis égarées, une sorte de table de la Loi qu’un souffle divin venu de quelque ayatollah en retraite viendrait rappeler aux turbulents ?

Car, pour respectables (et souvent intéressantes) que fussent certaines propositions du plus vieux syndicat de médecins français, d’autres n’en demeurent pas moins rétrogrades et parfois déconcertantes. Comme si une main gauche archaïque avait corrigé une main droite entreprenante.
Au moment où Le Quotidien du Médecin du 16 janvier 2014 fait de sa «une» le résultat d’un sondage réalisé par l’IFOP pour le compte du quotidien sur le sentiment de «déclassement» d’une médecine libérale s’estimant «socialement dévalorisée», les contradictions de la CSMF méritent qu’on s’y arrête. Lire la suite…

Bassins de santé, zones d’attraction : quel territoire pertinent ?

À l’heure où l’on parle de regrouper les régions ou de supprimer les départements, la question du territoire occupe une place centrale en France. Dans le domaine de la santé, la loi HPST « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » a inscrit en 2009 le territoire de santé dans le cadre réglementaire, après une quinzaine d’années où les notions d’espace et de géographie ont été prises en compte par les acteurs et décideurs.

La reconnaissance en 1998 des bassins de santé a représenté une première étape : « Les zones sanitaires sont définies par voie réglementaire en tenant compte des bassins de santé » (Code de la santé publique). La définition d’un bassin de santé est la suivante : « Un bassin de santé s’organise autour d’un pôle hospitalier qui draine des flux préférentiels de patients aux caractéristiques et aux comportements homogènes » (Picheral, 2001).

Classiquement, on fait la distinction entre les territoires de savoir et les territoires de pouvoir. Les territoires de pouvoir sont ceux de la décision, des territoires de compétences d’institutions : régulation, allocation de ressources, normes opposables. Les territoires de savoir concernent l’observation : zones « à risques », zones mal desservies ou défavorisées, zones homogènes en termes de besoins. Aussi la question du territoire pertinent est d’abord : pourquoi un territoire ? Et accessoirement : quelles sont les frontières ou les limites ? Sont-elles seulement géographiques ?

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Médecine libérale en Pays de la Loire : le bon sens près de chez soi

Un colloque organisé au printemps dernier par l’URPS-ML des Pays de la Loire confirme le dynamisme de jeunes médecins qui ne craignent pas de se lancer dans l’aventure libérale

Il faut dire qu’avec le matraquage de l’opinion sur la désertification médicale, le succès de la journée des pôles et maisons de santé organisée par l’Union Régionale des Professions de Santé des Médecins Libéraux (URPS-ML) des Pays de la Loire et l’Association des Pôles et Maisons de Santé Libéraux pour sa deuxième édition n’était qu’une demi surprise. Près de 200 participants, autant d’élus que de professionnels de santé, avaient manifesté leur intérêt, le 18 avril dernier à Gétigné dans les environs de Nantes, au dossier finalement mal connu de la médecine de proximité. Et ils ne furent pas déçus.

Encore des idées reçues

Pollué par de coriaces assertions aux allures universelles, le constat s’éclaire d’éléments qui font désormais l’objet d’un timide consensus.
Non la démographie médicale n’a pas les allures de catastrophe nationale qu’on lui inflige. Au creux de la vague, l’offre de soins de proximité ne retrouvera jamais que son niveau des années 90.
Non, sur la question des soins de premiers recours, il ne s’agit pas d’une défection ou, pire, d’une désertion de la médecine libérale mais d’une transformation intrinsèque de la médecine dont la caractéristique majeure est sociologique : les femmes, avec 75% des cohortes sortant des universités, apparaissent bien comme l’avenir de la médecine et tracent une voie qui réfute la médecine de papa des années 60.
Que dire alors de cette révolte des élus locaux, porte-drapeaux d’une revendication désespérée qui place la médecine et plus généralement la santé comme ultime recours d’une revitalisation économique de dizaines de milliers de villages appauvris par une politique d’aménagement du territoire qui a favorisé exclusivement, depuis 50 ans, la « mégapolisation » des capitales régionales(1).

Non, enfin, le patient n’est pas immobile. Il bouge(2), s’organise, teste, este, et dans 80% des cas doit apprendre à vivre avec sa maladie chronique. Ceci étant dit, où en sommes-nous en Pays de la Loire ?

Mariage pour tous

La première table ronde au titre évocateur portait justement sur le sujet le plus épineux : couples élus/professionnels : éviter le divorce est-il possible ? Du Braudel à l’état pur, car les querelles de clocher encore de nos jours vont bon train. La présentation du projet de Torfou, haut lieu d’une révolte vendéenne en 1793, fut le détonateur d’une explosion de témoignages : « à quoi jouent ces maires qui dépensent l’argent public pour faire venir des Roumains alors que les… Lire la suite…

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