Tag archives : Marisol Touraine

Valls… a mis le temps

Sujet sensible et électoralement volcanique, la santé ne sera pas l’objet de réformes en profondeur. La gestion soporifique de Marisol Touraine fera l’affaire jusqu’en 2017. Lire : Touraine en mode mineur Tourne à gauche, tourne à droite La photo de famille du 2ème gouvernement Hollande montre des sourires figés. Une équipe reconduite presque dans la même configuration aurait pu incliner un moment à penser à un canular. Mais les deux sortants et les deux entrants dans l’équipe du « jeune homme pressé » confirment au contraire le savant calcul du président sur la suite des opérations. Le départ de Moscovici était attendu. C’est ce que, en telle circonstance, les intéressés racontent toujours, après coup. Il est vrai que Bercy abritait un peu trop de ministres et que locaux, bureaux avec vue sur (suite…)

Poisson, prison, potion

Éditorial de la 253 Vous l’aurez compris, La Lettre de Galilée s’est autorisée quelques canulars pour le 1er avril, ici et là. Le commandant Rocky reste bien caserné, à la CNAMTS, à la tête de ses 80 000 hommes prêts à bondir sur tout ce qui dépasse la ligne de… l’ONDAM. Et puisque le 1er avril correspond au jour de l’an dans le calendrier julien, souhaitons à l’occasion nos bons vœux de longue réussite à ses nouveaux interlocuteurs : Jean-Paul Ortiz le nouveau patron de la CSMF, Patrick Gasser celui de l’UMESPE et Luc Duquesnel patron de l’UNOF (élu en octobre 2013). Quant aux dollars des Qatari, inutile de vous dire la grande déception que nous ont exprimée certains de nos lecteurs qui commençaient à croire qu’on pourrait édifier des (suite…)

Touraine en mode mineur

Polémique autour du portefeuille de Marisol Touraine : si la Ministre est reconduite dans ses fonctions, le terme « santé » a disparu de l’intitulé du ministère. La santé sera confiée à un secrétaire d’État dont on attend la nomination prochaine. Lire : Valls... a mis le temps Réactions indignées Le Conseil de l’Ordre des Médecins croit encore au poisson d’avril et demande dans un communiqué lapidaire de réparer au plus vite cet « oubli ». Le Dr Hamon de la FMF déplore également cette absence et s’interroge sur ce remaniement dont « le maintien de Marisol Touraine tient sans doute plus à la solidarité  gouvernementale dont elle a fait preuve plutôt qu’à son bilan où l’immobilisme était en marche et le dogmatisme constamment présent. » La pilule passe mal confie au Nouvel Obs Mickael Benzaqui, secrétaire général (suite…)

L’étrange destin du commandant Rocky

L’information a déjà circulé sur les réseaux sociaux et dans les principaux quotidiens, c’est maintenant confirmé : Frédéric Van Roekeghem quitte la CNAMTS. Trop c’est trop Libération le voyait émigrer pour diriger Malakoff Médéric et succéder à Guillaume Sarkozy, le frère de Nicolas, patron de ce grand groupe mutualiste depuis plusieurs années. Mais cette information, présentée par le quotidien comme un scoop, datait du 13 avril 2013 et était démentie le lendemain même par l’Argus de l’assurance, affirmant que « le bureau de la sommitale, et tous les présidents des institutions et commissions, ont d’ailleurs eu l’occasion la semaine dernière encore de valider les orientations stratégiques et managériales proposées par le délégué général. » En réalité, certains ont pris leurs désirs pour des réalités au point de rêver tout haut d’un point de (suite…)

Un remaniement, quelques reniements et beaucoup d’atermoiements

Éditorial de la 251 L’arlésienne du remaniement va peut-être finir par s’entrevoir après le « désaveu » cinglant du PS aux municipales. Selon un sondage BVA 79% des Français souhaitent un remaniement ministériel et 69% désirent un nouveau premier ministre. Marisol Touraine, accusée d’immobilisme, n’a jamais été évoquée ouvertement dans les différentes rumeurs de remaniement qui ont circulé depuis plusieurs mois. Sans figure qui s’impose à gauche pour la remplacer, la Ministre a tout de même multiplié les bilans de sa politique et les mises en avant de ses réalisations : déserts médicaux, dépassements d’honoraires, statut des sages femmes,… N’hésitant pas parfois à s’attribuer certains bons résultats arbitrairement…  Mais sa Stratégie Nationale de Santé, dont l’amorce en grande pompe avait été quelque peu usurpée par le Premier Ministre, manque cruellement de dynamisme. Femme de (suite…)

La révolution du premier recours

Formule choc utilisée par la Ministre de la santé, « la révolution du premier recours » n’est qu’un éternel recommencement. Le faux problème de la désertification médicale sert d’analgésique aux prurits populistes.

Lire : médecine de proximité, retour sur les origines d'un slogan politique

Étymologiquement, une « révolution » n’est qu’un « retour en arrière ». Et en matière de médecine de proximité, ça ressasse ferme. La Lettre de Galilée depuis quelques années s’en amuse goulument, « plus la médecine de proximité mobilise les débats, plus les inégalités se creusent… » disions-nous encore en novembre 2013De révolution en résolution, où en est-on aujourd’hui ? A-t-on trouvé des solutions à un problème qui n’en était pas véritablement un ?
Notre analyse est que, construit à l’origine avec une intention manifestement électoraliste, le discours sur l’inégalité d’accès aux soins s’est transformé, contre toute attente, en exigence politique portée par les édiles locaux. Et plus les pouvoirs publics font semblant d’apporter des réponses, plus la critique du populisme s’assourdit.

Je pense que les déserts médicaux, avec le recul des services publics, expliquent en partie la hausse du vote FN en zone rurale.

Claude Leicher, président du syndicat MG France

Voilà que le premier recours soigne les bobos et les fachos…

Lire la suite…

Médecine de proximité : la longue histoire d’un fiasco d’État

Présentée comme une catastrophe, la désertification médicale des territoires n’a pas tenu compte d’une transformation profonde de la médecine.

Les questions posées sur la démographie médicale qui, de fil en aiguille, aboutissent aujourd’hui à celles sur une restructuration en profondeur des soins de premiers recours, ne datent pas d’hier. Elles émergent par secousses telluriques depuis une vingtaine d’années dans un contexte largement dominé par l’idée que l’offre crée la demande et que le déficit récurrent de l’assurance maladie ne saurait trouver d’autres explications que dans un excès de médecins.

Lire la suite…

Malades ignorés et malades qui s’ignorent

On ne saurait trop insister, dans ce 4ème volet de notre première leçon, sur la relativité des attitudes face à la maladie et au système de soins. Autrefois dans une société dont l’organisation était largement sous-tendue par la religion, la grande consolation était que tout le monde finirait par mourir pour se retrouver devant dieu… à égalité.

Piètre consolation car, depuis toujours, nous ne sommes pas égaux devant la mort. Selon que vous serez puissant ou misérable comme disait le bon vieux La Fontaine dans les animaux malades de la peste, vous ne mourrez pas au même âge. Ça fait des lustres que le différentiel d’espérance de vie entre l’ouvrier agricole et le cadre supérieur est de plus de dix ans et si, globalement, l’espérance de vie n’a pas cessé de s’améliorer depuis un siècle, le différentiel demeure.

1 -Malades ignorants

Il faut chercher dans les nombreuses études sociologiques publiées depuis une cinquantaine d’années les explications à la complexité des attitudes face aux situations pathologiques. Georges Canguilhem (1), considéré comme l’initiateur d’une réflexion réellement philosophique sur la pathologie a donné l’impulsion à plusieurs générations de chercheurs qui ont permis de mieux comprendre notamment les mécanismes d’inaccessibilité aux soins. François Steudler a également présenté dans les années 70 l’état des recherches réalisées sur le sujet. Aujourd’hui, de nouvelles études viennent tempérer, confirmer ou contredire les soubassements épistémologiques de la socio-économie sanitaire.

Que ressort-il de ces recherches ? Pour faire simple il apparaît :

  • qu’il n’existe pas d’explication mono-factorielle des différences d’accès aux soins et que si le facteur économique est bien sûr omniprésent, celui-ci n’est pas essentiel,
  • que le facteur majeur est culturel et puise ses sources dans les profondeurs anthropologiques des Français

a – Le renoncement aux soins

Les comparaisons économiques menées il y a une quarantaine d’années montraient une… Lire la suite…

La météo des plages : des universités d’été si banales

Le tour des Universités d’été nous renseigne sur les préoccupations du moment. Rien de bien original, ou presque, sur les questions de santé (quand elles figurent au programme !). Quelques bonnes idées cependant… Les universités d’été sont avant tout des événements médiatiques. On soigne la forme, le fond reste secondaire. L’arrivée des stars répond à une mise en scène millimétrée, chrono en main, pas trop tôt, pas trop tard, pour passer au JT de 20 heures. Les hommes ont tombé la veste, chemise blanche ouverte jusqu’au 2ème bouton; les femmes en robe d’été, lunettes de soleil élégamment calées dans les cheveux, le regard circulaire à l’affût des photographes… Les politiques en maillot Le Front de Gauche a choisi Grenoble, il est vrai un peu loin des embruns. Le ténor charismatique (suite…)

Stratégie nationale de santé : des hommes et des envieux

Avec l’éviction de Claude Evin pour piloter la stratégie nationale de santé, l’été aura été riche en rebondissements. Contestée, Marisol Touraine doit faire face aux critiques. Mais Matignon ne peut se permettre de remercier sa Ministre alors que le dossier des retraites accapare toute les attentions de cette rentrée 2013. La stratégie nationale de santé : chronique d’une mort annoncée ? Lorsque Jean-Marc Ayrault annonce le 8 février 2013 le lancement d’une stratégie nationale de santé, les discours sont laudateurs et les commentaires enthousiastes : il faut « changer de paradigme », « gommer les inégalités », quitter l' »hospitalo-centralisme ». Un comité des sages présidé par Alain Cordier est convoqué pour réfléchir sur les réformes possibles. Il faut engager sans tarder une réforme de fond, une réforme structurelle de notre système de santé et cela (suite…)

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer