Tag archives : Marisol Touraine

Du vent dans les branches

Éditorial de la 276 « Être dans le vent : une ambition de feuille morte » plaisantait le philosophe autodidacte Gustave Thibon. Et pourtant, certains devraient avoir peut-être plus d’ambition qu’une vieille souche immobile. Aujourd’hui, dans le monde affété de la santé, on s’entête à mouliner les mêmes rengaines persuadés que les vieilles recettes marchent toujours. Nos Eoles, dont on peut lire ici ou là l’avant-projet de loi de santé, font partie de ceux-ci. Beaucoup de vent et rien de nouveau dans l’air du temps. Parfois, la réalité rattrape nos brasseurs d’air : la rentrée, malgré quelques brûlots médiatiques, n’a pas échappé à ce retour de flamme sur le « dérapage de grande ampleur » du déficit public prévisible, passant de 3,8% à 4,4% du PIB pour cette année… Comment ne pas imaginer la (suite…)

Désertification médicale : faut-il s’entêter à peupler nos déserts ?

Territoires : le quadrupède à une patte Le gouvernement Valls est traversé par les images d’Epinal d’une IIIème République fantasmée : un Clemenceau, un Condorcet,  sont d’intenses sources d’inspiration de nos politiques. On martèle une thématique républicaine forte, « la santé pour tous », « le mariage pour tous », « l’éducation pour tous », etc. ; et on forge une posture de communication. Au final, on brasse beaucoup de mots, beaucoup d’air pour peu d’actions concrètes. Le sarkozysme et la gauche française ont inventé l’aérophagie politique. Le verre à moitié vide Car la politique volontariste de la IIIème République n’est plus possible aujourd’hui. Avec plus de trois mille milliards d’euros de dette publique, l’Etat n’a plus un kopek pour initier la moindre politique, pour concrétiser la moindre idée. Au contraire même, il cherche de l’argent : 50 milliards. Une (suite…)

Loi de santé : du vent et des bourrasques

La Loi de santé de Marisol Touraine est une logorrhée de mots vides. Les seules propositions à retenir sont manifestement idéologiques. Médecins libéraux et cliniques privées sont sur le pied de guerre. Le projet de loi de santé, concocté depuis de longs mois par une ministre avide de glaner quelques sympathies de l’électorat au milieu d’un océan de mécontentement contre le gouvernement, ne déverse que banalités et bricolages. On aurait pu s’en douter. Entre la « feuille de route » (23 septembre 2013) et la mouture du projet de loi, le vide reste sidérant. On ne peut pas dire que les ARS ont démérité ; de réels débats avec les usagers eurent lieu et des contributions intéressantes furent produites. Mais la feuille de route était si explicite que la contestation, ou même seulement (suite…)

Rapport CNAMTS : gisements et déguisements

Le rapport annuel de la CNAMTS adressé à la ministre et au parlement apporte des démonstrations éclairantes sur les économies à réaliser à l’hôpital. Dans son rapport « au ministre de la sécurité sociale et au Parlement sur l’évolution des charges et des produits de l’assurance maladie au titre de 2015 » la CNAMTS annonce la couleur : « Le programme de stabilité 2014-2017 fixe un cadre contraint pour les trois prochaines années, avec une baisse progressive du taux de croissance de l’Ondam (2,1% en 2015, 2% en 2016 et 1,9% en 2017), qui suppose un effort supplémentaire par rapport à celui qui a été fait sur les dernières années. » Alors en bon soldat, comme il en a l’habitude chaque année depuis qu’il en a pris le commandement en 2005, le directeur général (suite…)

Tiers payant : un combat idéologique ?

L’annonce d’un tiers-payant généralisé dans le discours de Marisol Touraine fait un fracas médiatique démesuré par rapport à son impact attendu. Dans le discours de Marisol Touraine prononcé le 19 juin dernier, la généralisation du tiers-payant tient une place relative. « Je redis ma détermination à lutter contre les barrières financières et toutes les formes de discrimination » assène-t-elle à son auditoire en rappelant qu’elle en avait pris l’engagement le 23 septembre dernier et en précisant, prudence oblige, que la première étape (tiers-payant aux bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé – ACS) serait confiée pour sa mise en place à l’assurance maladie. Dix-sept lignes dans un discours de quinze pages suffisent cependant à allumer quelques mèches inutiles. La presse s’est précipitée sur le tiers-payant en occultant hélas des questions plus centrales comme (suite…)

Messi, lacis et ACI mal assis

Éditorial de la 263 Entre la promesse d’une résurrection des footeux français avec les deux buts de Benzema dans le Mondial et celui de Messi pour l’Argentine, la pluie sur les 24 heures du Mans, la réélection de Santos en Colombie et les vicissitudes de l’UMP, il y avait peu de place pour les questions de santé dans la presse du week-end. La toujours futée lettre d’annuaire sécu nous détaille toutefois les effets secondaires du pacte de responsabilité sur la loi de financement de la sécurité sociale rectificative de 2014. Le document remis aux caisses nationales le 6 juin dernier pour avis a reçu un accueil plutôt glacial des administrateurs nationaux de la sécu. Dans le brouhaha dominical deux informations seront passées inaperçues. La première concerne l’interview sur deux pleines (suite…)

Formation médicale : le DPC dépecé

Le rapport de l’IGAS paru il y a un peu plus d’un mois sur le développement professionnel continu taille un costume au dispositif poussivement mis en place depuis 2012. La CSMF réagit.

Marisol Touraine s’est énervée. Les multiples récriminations portées à sa connaissance sur le mauvais fonctionnement de l’Organisme de Gestion du Développement Professionnel Continu (OGDPC) lui ont valu une poussée d’hypertension au point de déclencher une inspection de l’IGAS. Et une occasion de plus de dénigrer la loi HPST de juillet 2009 qu’elle n’a jamais trop portée dans son cœur.
Pourtant, cette loi sur laquelle a longuement bataillé sa devancière, a mis un peu d’ordre dans une histoire qui traînait depuis 20 ans.

De la cueillette à l’industrialisation

Car, dans les années 90, si les médecins hospitaliers bénéficiaient du dispositif de droit commun applicable à toutes les entreprises depuis 1971, la formation des médecins libéraux était plus aléatoire. Les premiers avaient droit à un congé rémunéré de quinze jours par an cumulables financé sur les fonds de la formation continue des hôpitaux ; les seconds n’avaient pas d’autres choix que de glaner ici ou là quelques séances de formation généralement payées par Lire la suite…

Discours de ministres : dix ans de mots

A quelques encablures de la présentation par Marisol Touraine de sa « stratégie nationale de santé » (le 17 juin) le survol des discours de nos ministres depuis une décennie nous laisse plutôt perplexes.

L’un des avantages d’Internet est de retrouver presque tout dans les archives de la République. Les discours prononcés par nos ministres de la santé successifs sont conservés dans leur poussière originelle et, avec un peu de chance, une vidéo de l’événement  fournit la mise en scène. Quant aux scénaristes et dialoguistes, les « plumes » discrètes tapies dans les ailes des cabinets ministériels, ils ont généralement disparu des génériques.

Les forçats des cabinets ministériels le savent tous : un discours n’est pas une circulaire, on ne met pas six mois pour la rédiger. « De toute façon, dit Alain Coulomb dans ses inimitables démonstrations, « les circulaires sont faites pour tourner en rond, et les arrêtés pour ne pas bouger !« . Ni planifié, ni même parfois seulement prévu, le blabla d’un ministre s’écrit sur un coin de table, ou sur les genoux dans la voiture, avec une seule consigne : effacer toute trace d’improvisation.
On mesure mal sans doute l’étonnante capacité des occupants des soutes ministérielles à établir toutes les connexions nécessaires. Les présidents de la République sont bien évidemment mieux armés que leurs ministres, fussent-ils bien placés dans l’ordre protocolaire. Sarkozy, le président en mouvement permanent, avait l’habitude d’envoyer quelques éclaireurs discrets sur les lieux d’une improbable visite. On se souvient par exemple de sa visite à Bletterans dans le Jura en octobre 2008 pour lancer son opération anti-désertification médicale. Avant lui, Chirac missionnait son conseiller, Frédéric Salat-Baroux, devenu plus tard secrétaire général de l’Élysée et même gendre du président, pour investir les nombreux réseaux chiraquiens. Le discours de reconquête du corps médical en 2002 après les affres du plan Juppé ne méritait-il pas le plus grand soin !

Lire : la révolution du premier recours.

Les ministres de la santé sont moins bien lotis. Sur des sujets aussi variés et des problèmes aussi nombreux, un ministre de la santé, au pire simple « ministre délégué » d’une star, au mieux ministre omnipotent sur le champ de la solidarité, est une machine à parlotte. Avec cette règle immuable : bien connaître les dossiers.

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Silence, ça communique !

Éditorial de la 256 Si dès l’Antiquité l’art oratoire a toujours été l’apanage des hommes politiques, la communication s’érige aujourd’hui en science de l’action. Mais à trop vouloir huiler les procédés de communication, on finit même par en oublier ses motifs et à se réfugier derrière un discours bien trop optimiste. Mais Manuel Valls qui a fait l’annonce de son programme de stabilité doit maintenant convaincre l’Hémicycle de lui accorder sa confiance. The Economist ironisait d’ailleurs sur cette « quadrature du cercle » impossible : convertir en décisions concrètes ses promesses sans perdre la confiance des députés. Et Marisol Touraine a déjà fait les frais d’une attaque au gros calibre après avoir dévoilé vendredi le détail de son plan d’économies pour la santé. « Copie à revoir« . « Inacceptable« . Les réactions se sont faites entendre de toutes parts. (suite…)

Plan d’économies pour le système de santé : du réchauffé et pas de réforme en vue

Marisol Touraine, reconduite dans ses fonctions, a présenté vendredi dans Les Échos son plan d’économies pour la santé. Dans la droite ligne du plan d’austérité de Manuel Valls, la Ministre de la Santé et des Affaires Sociales est la première à rendre sa copie : 10 milliards d’économies prévus mais pas la moindre réforme à l’horizon. Le plan détaillé prévoit 4 axes majeurs d’économie pour que le système de santé soit « plus simple, plus proche et mieux organisé« . Mais derrière les vœux pieux et les éléments de langage définis par le gouvernement, les chiffres avancés ont suscité de vives réactions. Plan d’économies ou plan de communication ? Après les premiers cafouillages du remaniement, où la santé semblait avoir été oubliée des attributions de la Ministre Marisol Touraine, l’attente était forte autour (suite…)

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