Tag archives : L’hôpital

L’équilibre des comptes ne sera pas au rendez-vous

Éditorial de la 410ème Le Saint Esprit semble bien avoir touché toutes les têtes cette semaine. Selon un dernier sondage Ifop pour Le Parisien, le raz-de-marée Macron escompté pour les élections présidentielles pourrait assurer au Président une majorité absolue à l’Assemblée. Pour autant, le Président christique devra en convaincre plus d’un lorsque l’on sait les perspectives économiques envisagées par les experts. La Cour des Comptes a rendu public la semaine dernière son rapport sur le budget de l’État en 2016 dans lequel elle pointe du doigt le bilan critiquable de l’ère Hollande. Si le déficit affiché en fin de quinquennat est inférieur aux prévisions de la loi de finances initiale et de la loi de programmation pluriannuelle des finances publiques 2014-2019, il résulte d’un bidouillage avec les comptes spéciaux. Et les sous-budgétisations ainsi (suite…)

La mort à l’hôpital, un tabou toujours difficilement apprivoisé

La campagne publicitaire du Ministère de la Santé sur la « fin de vie » est l’occasion, au travers d’un reportage de Sylvie Legoupi réalisé au CHU de Rennes, d’évoquer la mort à l’hôpital. Un sujet encore tabou. Et paradoxal puisque si les sondages montrent que les Français aimeraient bien mourir chez eux, en réalité, on meurt beaucoup plus souvent à l’hôpital qu’au domicile. Une mort encore interdite, cachée. Y compris auprès des professionnels de santé eux-mêmes. Lire : Mourir à l'hôpital est-il un échec ? Soins Ultimes, un reportage audio-photographique sur la mort à l'hôpital par Sylvie Legoupi au CHU de Rennes. Il est toujours intéressant de remettre le nez dans sa bibliothèque et relire les classiques… Dans son fameux essai sur l’histoire de la mort publié en 1975, Philippe Ariès évoque (suite…)

Soins ultimes

Un reportage audio-photographique de Sylvie Legoupi au CHU de Rennes sur les derniers soins donnés aux patients dans la mort. Un reportage pudique mais touchant pour une question taboue. (suite…)

Hôpital : violences et dérive communautaire

Un rapport de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (Onvs) paru fin août, alertant sur l’augmentation en 2014 des violences, verbales comme physiques a pris une toute autre dimension lorsque le 13 septembre dernier un médecin urgentiste de l’Hôpital Lafontaine de Saint-Denis s’est vu casser les mains par le frère d’un patient. Par ailleurs de nombreuses voix s’élèvent pour condamner les violences faites au nom de l’islam rigoriste.

«  On ne va pas travailler à Saint-Denis parce qu’on aime Saint-Denis, on y vient parce que personne ne veut y aller. Lire la suite…

La marée et les astres

Éditorial de la 374 Alors qu’à l’approche des présidentielles, les équipes des cabinets ministériels se recasent à qui mieux mieux avant la tempête, Marisol Touraine semble à la manoeuvre pour positionner ses troupes. Une vraie marée descendante. Le Monde passe au crible ce « sauve-qui-peut » qui semble avoir doublé par rapport à la fin du précédent mandat. « Pas moins de 57 membres de cabinets ministériels et à la présidence de la République ont cessé leurs fonctions, soit un peu plus de 10 % des effectifs. Par comparaison, ce nombre était de 28 en 2011 sur une période identique. » Dans ces eaux troubles et mouvantes, pourtant, les gros navires manoeuvrent : le 28 septembre prochain se dérouleront l’élection par son conseil d’administration du prochain président de la Fédération hospitalière de France (FHF). Et vendredi dernier, deux candidatures ont été enregistrées : (suite…)

Temps de travail à l’hôpital : une réforme incomplète ?

La publication la semaine dernière d’un rapport sur le temps de travail dans la fonction publique remis à la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, par le maire UDI de Sceaux, Philippe Laurent,  jette un froid dans un monde en fièvre : les fonctionnaires travailleraient 15 jours de moins que leurs confrères du privé. Derrière les titres accrocheurs des Cassandre journaleux, repris en boucle, se cache une réalité bien plus complexe. Mais déjà connue.

Le mikado de la gestion du temps de travail à l’hôpital

Le premier constat porté par le rapport Laurent concerne la complexité des textes qui se superposent dans la réforme du temps de travail. Le décret n°2002-9 du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail et à l’organisation du travail dans la fonction publique hospitalière (FPH) fixe la durée maximale à 1 607 heures de travail par an. Selon une étude de la DREES de 2003, « 80% des établissements avaient signé un accord à l’automne 2002. 36% accordaient 15 jours de RTT et 27% plus de 15 jours alors que seuls 3% appliquaient les 35 heures hebdomadaires sans jour de RTT« . La négociation de ces accords a conduit à brouiller les cartes. « Au final, la prise en compte de la demande sociale, en permettant d’accorder aux agents davantage de temps libre, s’est opérée, dans un premier temps, au détriment des conditions de travail mais également de la logique organisationnelle de l’hôpital » (pp.28-30). C’était déjà la conclusion d’un autre rapport de la DREES sur le sujet en 2003 : « la RTT actuelle a été conduite en fonction d’une logique avant tout sociale, permettant d’accorder aux agents davantage de temps libre, mais au détriment d’une logique professionnelle, qui aurait permis d’éviter un impact défavorable sur les conditions de travail, et sans référence à une logique organisationnelle de fonctionnement de l’hôpital. » (pp.116-117)
Le rapport publié cette semaine poursuit : « L’ajout successif de textes parfois disparates, sans stratégie de gestion des ressources humaines et surtout sans cohérence interne, conduit aujourd’hui à une réalité : presqu’aucun cycle de travail ne respecte toutes les règles (repos du dimanche, quatre repos hebdomadaires sur 14 jours, un week-end de repos sur deux, semaine de moins de 44 heures, semaine calendaire ou glissante …). Les gestionnaires sont amenés à faire des choix quant aux règles auxquelles ils doivent déroger, avec par exemple des cycles de plus de 12 semaines ou des semaines glissées de plus de 48 heures. Cette complexité se retrouve aussi dans le code du travail et il serait nécessaire d’envisager à terme une meilleure convergence entre le cadre communautaire et le cadre national. Par exemple certaines règles préexistantes n’ont pas fait l’objet d’une harmonisation avec les autres fonctions publiques : ainsi le temps de repos quotidien minimum est de 12 heures (contre 11 heures en moyenne) et la FPH bénéficie de trois jours de fractionnement hors saison contre deux pour les autres fonctions publiques. »

Aujourd’hui, la réorganisation de la gestion du temps de travail, sujet épineux, obéit à 3 évolutions majeures :

  • Les 3 Md€ d’économies demandées à l’hôpital impliquent des « réformes structurelles« , en particulier pour les établissements « fragilisés » pour avoir été trop « généreux dans l’attribution de jours de RTT« . Ainsi, « la rémunération du personnel non médical représentant plus de 50 % des dépenses de fonctionnement, ces réformes passent nécessairement par une interrogation des organisations de travail. La révision des protocoles ARTT s’inscrit dans la nécessité de retrouver des marges budgétaires« 
  • La création des groupements hospitaliers de territoires (GHT) en souhaitant limiter la concurrence entre les établissements d’un même territoire « devrait donc induire une harmonisation horaire territoriale« .
  • Enfin, l’évolution des prises en charge et l’essor de la médecine ambulatoire doit conduire à une harmonisation et une synchronisation des temps de travail médicaux et non-médicaux. L’ANAP avait d’ailleurs publié une étude en 2014 sur les gains potentiels de cette approche complémentaire.

Au-delà de la « contrainte budgétaire » qui ne peut, à elle seule, « justifier et légitimer » cette révision de l’organisation du temps de travail, le rapport note (pp.39-40) que le succès de cette mise en place repose sur une approche « plus globale de gestion des ressources humaines » et une « implication institutionnelle plus forte des médecins« . Certes.

Les freins sont pourtant plus profonds. Alors que l’hôpital a bénéficié d’un budget d’1,535 Md€ entre 2002 et 2004 pour créer 37 000 emplois, seulement 35 000 postes ont été pourvus. Des difficultés de recrutement qui s’expliquent selon le rapporteur par un « ressenti négatif des agents concernant leurs conditions de travail« . La Cour des Comptes dans un rapport sur les personnels des établissements publics de santé en 2006 avait épinglé d’ailleurs les surcoûts liés à ces difficultés de recrutement qui ont plombé les budgets (p.90) conduisant même certains hôpitaux à des pratiques parfois « irrégulières » (p.88).

L’hôpital doit soigner en continu et accueillir les urgences. Néanmoins, selon une note de l’ATIH (p.27), « les établissements privés, qui assurent au total 36% des séjours, prennent en charge 68% des séjours de chirurgie ambulatoire, activité qui ne nécessite pas de personnel de nuit, alors que les hôpitaux publics prennent en charge la majorité des diagnostics à fort taux d’hospitalisation complète (71% des séjours en hospitalisation complète contre 45% dans le privé). Le secteur public assure aussi 80% des urgences dont 94% pour les urgences pédiatriques.« 

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Une nouvelle naissance ?

Éditorial de la 354 Ce 1er avril correspond au lancement officiel de l’expérimentation des 9 maisons de naissance pour une durée de 5 ans. Paris, Vitry sur-Seine, Castres, Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Sélestat, Nancy, la Guadeloupe et la Réunion auront donc leur maison de naissance. C’est la loi du 6 décembre 2013 qui autorise, selon le cahier des charges défini par la Haute Autorité de Santé, cette expérimentation. Les dossiers de candidature avaient jusqu’au 15 septembre dernier pour être déposés. A l’époque, France Inter avait consacré un sujet, à réécouter. Une goutte d’eau pour les 800 000 naissances que compte la France chaque année. Mais une goutte d’eau suffisante pour raviver une petite guéguerre digne de celle entre Rousseau et Descartes… Le collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE) rappelle d’ailleurs sur son site (suite…)

Hôpital : le plan d’économies affectera-t-il les effectifs ?

Guillaume Guichard, dans un article paru hier dans Le Figaro, affirme, carte à l’appui, que le plan d’économies pour les hôpitaux présenté par la Ministre en février 2015 prévoyant 3 milliards d’économie de 2015 à 2017, imposera une suppression de 16 000 lits qui « ne pourra se faire sans toucher à la masse salariale« . Quelques heures plus tard, la Ministre s’est empressée de démentir par un communiqué : « il n’existe pas de plan de fermeture de lits, pas plus qu’il n’existe de plan de fermeture des sites d’urgences« . Dont acte pour la FHF qui « attend donc aujourd’hui des pouvoirs publics qu’ils donnent des consignes fermes aux Agences Régionales de Santé afin que prennent fin les injonctions qui sont actuellement adressées aux établissements pour qu’ils procèdent à des fermetures de lits d’ici 2017« , lit-on dans (suite…)

Michel Drucker, Le Point et la HAS…

Le 5 janvier dernier, au sein de La Chapelle St Louis de l’hôpital de la Pitié – Salpêtrière Michel Drucker passait une nuit avec les professionnels de santé. Au-delà de la performance de services phares, comme une maternité où l’actrice Esa Zylberstein a montré de jolies larmes, de la disponibilité et de la compétence des urgentistes du SAMU, récemment soulignées à juste titre à l’occasion des attentats de l’an passé, de louanges parfois méritées décernées par le patron de l’AP – HP, Martin Hirsch, on n’a pas eu beaucoup à s’appesantir sur une analyse des forces et faiblesses du système de santé : l’hôpital est performant, tout va bien, dormez bonnes gens, même en cas d’attentat vous serez soignés, tout cela a un coût, mais ces professionnels de santé sont tellement (suite…)

Virage ambulatoire : sortie de route pour les libéraux ?

Le Ministère de la Santé tout en rapportant les derniers résultats des élections des médecins libéraux au sein des unions régionales des professionnels de santé (URPS) indique que « le Ministère s’appuiera, comme il l’a fait jusqu’ici, sur les acteurs de terrain et leur représentation locale pour mener le « virage ambulatoire ». Ce sont d’abord les dynamiques locales initiées par les professionnels qui permettront de réformer le système et d’améliorer la prise en charge des patients. La ministre souhaite aussi que les prochains mois permettent de poursuivre au niveau national, avec les syndicats, les actions en faveur de la modernisation de la médecine libérale et faciliter l’installation des jeunes médecins. » Elément de langage faussement rassurant ou lapsus linguae, le terme « libéral » est encore inscrit dans le dictionnaire du Ministère ! Mais patience, comme (suite…)

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