Tag archives : Juppé

Primaires de droite : quelques murmures sur la santé

Surprenants, les résultats de la primaire à droite ont porté Fillon, dans tous les départements français (sauf en Aquitaine), loin devant les autres. On attendait Juppé et, pour ne rien vous cacher, nous allions dans ces lignes nous interroger sur le fait de savoir comment Juppé, devenu présidentiable, allait détricoter le plan qui porte son nom. Car au fond, cette indigestion d’Etat dont il est la cause depuis ses Ordonnances de 96 paralyse aujourd’hui la médecine française et permet depuis 20 ans aussi bien à la gauche qu’à la droite de taper impunément (c’est à dire avec la bénédiction du Parlement) dans le porte-monnaie de la vieille dame. Lire : Juppé et ses tontons flingueurs. Ouf ! diront les hussards de la CSMF qui ont battu le pavé en 1995 (suite…)

Vent de fronde et coup de balai

Éditorial de la 360 Alors que la mobilisation contre la loi Travail s’essouffle, les syndicats jouent la carte de la radicalisation. Bien que populaire dans l’opinion publique, il faut savoir finir une grève, note Etienne Lefebvre dans Les Échos. Selon un sondage BVA du 15 mai, « 54% des Français déclarent approuver la mobilisation contre la loi Travail« . Pendant ce temps, chacun souhaite profiter de la cristallisation contre le Président en posant des jalons dans la course à la Présidentielle. La semaine dernière, nous évoquions (ici et là) le mouvement En Marche d’Emmanuel Macron. Aujourd’hui, il s’agit d’Arnaud Montebourg, qui marche aussi, en gravissant le Mont Beuvray dans le Morvan. Depuis 2004, en signe de protestation contre la suppression par Sarkozy de ce jour férié, il fait l’ascension avec ses fidèles (suite…)

Chicayas chocs

Éditorial de la 286 Il n’a pas suffit à Hollande de s’afficher bras dessus bras dessous avec Martine Aubry à Lille pour donner aux Bleus le jus nécessaire à la victoire de la France en Coupe Davis. Il y a assurément des gesticulations qui ne parviennent pas à transgresser les acrimonies profondes. Sifflé à son arrivée au stade Pierre Mauroy (cf Le Monde) , le président était venu chercher une partie du butin pour sa popularité défaillante. Pas de chance, les joueurs français (qui au demeurant vivent tous en Suisse) ont perdu. Juppé n’a pas fait mieux. Voilà le « chouchou » des Français (dixit Le Point de la semaine dernière) sifflé, hué, malmené sur ses propres terres gasconnes. Le Journal du Dimanche s’en délecte. Et Sarkozy, devant 4000 supporters bordelais, ramasse (suite…)

Loi de santé : le mal-être des présidents de CME privés

Réunis en assemblée générale pour renouveler leurs instances, les présidents de CME des établissements de santé privés de la région Pays de la Loire, ont exprimé leur inquiétude.
Voyage en Marasmie occidentale.

Après avoir, il y a quelques années, piloté la conférence nationale des présidents de CME des établissements privés (CNPCMEHP), aujourd’hui présidée par Jean-Luc Baron, Jean Halligon a réuni la conférence des Pays de Loire le 25 septembre dernier pour transmettre le relais à son successeur. Soirée consacrée aussi au déchiffrage des projets politiques qui toucheront directement l’activité des établissements privés.

Le dit et l’écrit

Nous le savions, les CME des établissements privés n’ont pas leur langue dans leur poche, même si le ton reste très policé. Le rapport adressé à Marisol Touraine en octobre 2012, sans doute pour rappeler l’hospitalisation privée au bon souvenir de la nouvelle ministre et éviter sa dédaigneuse indifférence, en est l’exemple cruel. Les propositions contenues dans ce pensum n’ont pas suscité la moindre inspiration dans la tête des rédacteurs de la «stratégie nationale de santé» attendue avec l’angoisse du condamné à mort par les médecins des établissements privés.

La Lettre de Galilée

Entre deux coups de bistouri, les présidents de CME auront réussi à capter la semaine précédant leur réunion les bribes de trois discours qui ont marqué l’actualité politique.

D’abord, le discours, pugnace et ponctué d’anaphores devenues la marque de fabrique de l’exécutif («non ce n’est pas de l’austérité !»), du premier ministre appelant la confiance du Parlement. On attend la 39ème minute pour comprendre que ce que le chef du gouvenement aura retenu comme point fort de sa politique de santé était le tiers payant généralisé.

Lire : Tiers payant : un combat idéologique ?

Ensuite, insignifiante sur les questions de santé, la conférence de presse du président de la République (qui, il est vrai, a d’autres chats à fouetter). Sa petite phrase sur la santé n’aura pas marqué les esprits, le président considérant déjà comme acquise la loi de santé présentée par sa ministre au conseil des ministres. Circulez, il n’y a rien à voir !
Enfin le retour bruyant et gesticulant de Sarkozy dans une droite divisée, caractérisée par l’absence de projet original sur la santé et la protection sociale (suivi quelques jours plus tard de celui de Juppé à la télévision dans un exercice de contrition sans différence notoire sur le fond).

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Juppé et ses tontons flingueurs

Le rapport de la Cour des Comptes sur la politique conventionnelle, probablement rédigé par les acteurs des ordonnances de 96, intervient au moment où justement Juppé annonce son entrée en lice pour 2017 Dans le théâtre de marionnettes de la politique française, en pleine déconfiture, quelques Guignols disparaissent à gauche tandis que Gnafron, à droite, gesticule pour revenir en scène. Malgré les faux pleurs de Madelon et les coups de bâton de Flageolet le gendarme, le public ne rit plus. Au fond du trou (la stagnation économique masque en fait une réelle récession), la France aurait sûrement besoin d’un consensus politique autour d’un exécutif déjà contesté et bien impuissant, à qui il est facile il est vrai d’imputer les 30 dernières années de gabegie publique. Hubert Védrine dans un petit (suite…)

Sous les Juppé des défis

Éditorial de la 265 Mauvais calembour direz-vous ? Pas aussi mauvais que le rappel par le maire de Bordeaux sur France Culture le 20 juin dernier de son plan éponyme, qui avait réussi en 1995 à paralyser le pays et à mettre dans la rue, bras dessus bras dessous, les médecins de la CSMF et les cheminots de la CGT. Car enfin, si tout le monde s’accorde sur le constat d’un vide sidéral de la stratégie nationale de santé présentée la semaine dernière par la ministre de la santé (sauf peut-être le think tank des Échos), lui, Alain Juppé, l’homme des défis manqués qui n’en finit pas de terrasser ses démons, accorderait grâce au non-plan de son homologue de normale-sup, Marisol Touraine. Il n’est pas difficile de se rendre compte (suite…)

Discours de ministres : dix ans de mots

A quelques encablures de la présentation par Marisol Touraine de sa « stratégie nationale de santé » (le 17 juin) le survol des discours de nos ministres depuis une décennie nous laisse plutôt perplexes.

L’un des avantages d’Internet est de retrouver presque tout dans les archives de la République. Les discours prononcés par nos ministres de la santé successifs sont conservés dans leur poussière originelle et, avec un peu de chance, une vidéo de l’événement  fournit la mise en scène. Quant aux scénaristes et dialoguistes, les « plumes » discrètes tapies dans les ailes des cabinets ministériels, ils ont généralement disparu des génériques.

Les forçats des cabinets ministériels le savent tous : un discours n’est pas une circulaire, on ne met pas six mois pour la rédiger. « De toute façon, dit Alain Coulomb dans ses inimitables démonstrations, « les circulaires sont faites pour tourner en rond, et les arrêtés pour ne pas bouger !« . Ni planifié, ni même parfois seulement prévu, le blabla d’un ministre s’écrit sur un coin de table, ou sur les genoux dans la voiture, avec une seule consigne : effacer toute trace d’improvisation.
On mesure mal sans doute l’étonnante capacité des occupants des soutes ministérielles à établir toutes les connexions nécessaires. Les présidents de la République sont bien évidemment mieux armés que leurs ministres, fussent-ils bien placés dans l’ordre protocolaire. Sarkozy, le président en mouvement permanent, avait l’habitude d’envoyer quelques éclaireurs discrets sur les lieux d’une improbable visite. On se souvient par exemple de sa visite à Bletterans dans le Jura en octobre 2008 pour lancer son opération anti-désertification médicale. Avant lui, Chirac missionnait son conseiller, Frédéric Salat-Baroux, devenu plus tard secrétaire général de l’Élysée et même gendre du président, pour investir les nombreux réseaux chiraquiens. Le discours de reconquête du corps médical en 2002 après les affres du plan Juppé ne méritait-il pas le plus grand soin !

Lire : la révolution du premier recours.

Les ministres de la santé sont moins bien lotis. Sur des sujets aussi variés et des problèmes aussi nombreux, un ministre de la santé, au pire simple « ministre délégué » d’une star, au mieux ministre omnipotent sur le champ de la solidarité, est une machine à parlotte. Avec cette règle immuable : bien connaître les dossiers.

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