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[Désertification, erreur du Samu, aides sociales] Quand les territoires s’enrhument, Paris réfléchit

Cette semaine, l’actualité vient de nos territoires. Ces territoires qui se fracturent et souffrent. Lire : Démographie médicale : la fracture territoriale des “gilets jaunes” Le SAMU de Besançon accusé d’homicide involontaire Après l’affaire de Naomi Musenga, qui, âgée de 22 ans, était morte à Strasbourg en 2017 alors que son malaise n’avait pas été pris au sérieux par le Samu, une plainte a été déposée par la famille d’Edith Greffier, 62 ans, décédée d’un infarctus en septembre dernier après plusieurs appels au 15 et une attente d’une heure du Samu. Comme pour Naomi Musenga, le diagnostic a mal été réalisé au téléphone. Bien que la personne décrive précisément la malade : « elle a mal dans le bras gauche, elle a du mal à respirer, elle a mal au ventre et à la (suite…)

Loi de santé : L’Éléphant et le Singe de Jupiter

Éditorial de la 472ème  Alors que la loi de santé, « Ma santé 2022 », a entamé la semaine dernière son parcours parlementaire, 57 députés dont Joël Aviragnet, Pierre Dharréville, Caroline Fiat,  André Chassaigne, Jean-Luc Mélenchon et Valérie Rabault ont signé une tribune dans Le Journal du dimanche pour dénoncer le « manque de concertation » d’une loi « qui compte 7  ordonnances pour 23  articles ». Lire : Grand Débat National : le retour de la coercition « Face à la désertification médicale, tout n’a pas été essayé. Le conventionnement sélectif des médecins permettrait leur meilleure répartition et une meilleure prise en charge des patients dans tous nos territoires. Or, le gouvernement et la majorité se refusent à cette idée malgré le très large consensus qu’elle recueille tant chez les associations d’acteurs de la santé qu’auprès de la (suite…)

Médecine libérale en Pays de la Loire : le bon sens près de chez soi

Un colloque organisé au printemps dernier par l’URPS-ML des Pays de la Loire confirme le dynamisme de jeunes médecins qui ne craignent pas de se lancer dans l’aventure libérale

Il faut dire qu’avec le matraquage de l’opinion sur la désertification médicale, le succès de la journée des pôles et maisons de santé organisée par l’Union Régionale des Professions de Santé des Médecins Libéraux (URPS-ML) des Pays de la Loire et l’Association des Pôles et Maisons de Santé Libéraux pour sa deuxième édition n’était qu’une demi surprise. Près de 200 participants, autant d’élus que de professionnels de santé, avaient manifesté leur intérêt, le 18 avril dernier à Gétigné dans les environs de Nantes, au dossier finalement mal connu de la médecine de proximité. Et ils ne furent pas déçus.

Encore des idées reçues

Pollué par de coriaces assertions aux allures universelles, le constat s’éclaire d’éléments qui font désormais l’objet d’un timide consensus.
Non la démographie médicale n’a pas les allures de catastrophe nationale qu’on lui inflige. Au creux de la vague, l’offre de soins de proximité ne retrouvera jamais que son niveau des années 90.
Non, sur la question des soins de premiers recours, il ne s’agit pas d’une défection ou, pire, d’une désertion de la médecine libérale mais d’une transformation intrinsèque de la médecine dont la caractéristique majeure est sociologique : les femmes, avec 75% des cohortes sortant des universités, apparaissent bien comme l’avenir de la médecine et tracent une voie qui réfute la médecine de papa des années 60.
Que dire alors de cette révolte des élus locaux, porte-drapeaux d’une revendication désespérée qui place la médecine et plus généralement la santé comme ultime recours d’une revitalisation économique de dizaines de milliers de villages appauvris par une politique d’aménagement du territoire qui a favorisé exclusivement, depuis 50 ans, la « mégapolisation » des capitales régionales(1).

Non, enfin, le patient n’est pas immobile. Il bouge(2), s’organise, teste, este, et dans 80% des cas doit apprendre à vivre avec sa maladie chronique. Ceci étant dit, où en sommes-nous en Pays de la Loire ?

Mariage pour tous

La première table ronde au titre évocateur portait justement sur le sujet le plus épineux : couples élus/professionnels : éviter le divorce est-il possible ? Du Braudel à l’état pur, car les querelles de clocher encore de nos jours vont bon train. La présentation du projet de Torfou, haut lieu d’une révolte vendéenne en 1793, fut le détonateur d’une explosion de témoignages : « à quoi jouent ces maires qui dépensent l’argent public pour faire venir des Roumains alors que les… Lire la suite…

Bonne année Eugénie

La comparaison des prévisions de l’an neuf avec celles de l’an dix, offre une curieuse asymétrie. D’abord, il y a un an, on présageait l’arrivée d’une pandémie qui n’aura été qu’une grippette à peine un peu plus corsée qu’une épidémie saisonnière. Il y a un an, le président de la République nous annonçait une crise économique frontale; voilà que nous l’avons dans le dos. C’est en tout cas ce que nous révèle le même président dans ses vœux doucereux à la nation. Il y a un an, on annonçait une loi HPST révolutionnaire et on ne donnait pas cher des CAPI. Il y a un an, encore, la presse people s’acharnait avec tapage sur la naissance du bébé Dati. Un an après, on évoque avec une respectueuse compassion la mort (suite…)

Et si la mission Fragonard n’était pas si transitoire ?

La presse a souligné l’isolement de Roselyne Bachelot consécutif au putsch qui a littéralement déposé Martial Olivier-Koehret au profit de son challenger Claude Leicher. Le nouveau président de MG France a immédiatement inauguré ses fonctions en conduisant la délégation de son syndicat à une séance de négociation conventionnelle sans enjeu et sans résultat. Tout le monde est désormais acquis à la perspective de confier la barre du système conventionnel à un arbitre providentiel, en la personne de Bertrand Fragonard1. On a d’ailleurs le sentiment que le personnage était, de tout temps, promis à cette fonction. La ministre a donc perdu un allié de poids et gagné un contestataire habile ! Elle « fera contre mauvaise fortune bon cœur, le temps qui lui reste à son ministère, c’est-à-dire au moins jusqu’au probable (suite…)

Confit d’interêts et interêt des conflits

Devenus incontournables, les rencontres de la HAS à la Cité des Sciences de la Porte de la Villette, ont rassemblé jeudi et vendredi derniers près de 2000 pèlerins de l’effectiveness assessment, jeune religion syncrétique entre une foi rigoureuse dans la force de la « preuve scientifique » et une mystique de l’incertitude et de l’inattendu, ce que Laurent Degos, officiant suprême de cette grand-messe de la qualité des soins, appelle « la résilience ». Pas moins de 23 tables rondes pour cette « Mostra », animées par tout ce que le microcosme de la santé compte de stars adulées, d’astres déclinants ou d’étoiles montantes, devant un public d’aficionados agglutinés dans les travées comme aux grandes heures de la Sorbonne de 1968, et apparemment peu marris de l’empêchement de la ministre (suite…)

L’Institut Futuribles, sentinelle de l’innovation sociale. Iconoclaste et tellement stimulant !

De l’Institut Futuribles International on connaît à la fois les fulgurantes prospectives de la revue et le charisme de son patron Hugues de Jouvenel pour les porter sur la scène médiatique. Ses incursions dans le domaine social sont toujours percutantes. Et les trois scénarii imaginés en 1986 avec le concours de Christian Charpy (aujourd’hui patron du Pôle emploi après avoir dirigé le cabinet de Philippe Douste-Blazy) mériteraient encore d’être revisités aujourd’hui : le premier scénario était fondé sur un regain de croissance, le second sur son marasme et le troisième sur une politique volontariste. C’est en fait à un autre exercice de veille que s’est livré l’Institut en mettant pendant un an « Les politiques sociales au défi de l’innovation ». Avec, cette fois, le concours scientifique de Louis Charles (suite…)

L’intendance suivra…

Seuls ? pas tout à fait. La vertu des situations solitaires est de réveiller l’instinct grégaire. URCAM et ARH s’étaient solidarisées dans deux conférences professionnelles qui avaient royalement agacé la CNAMTS pour l’une et provoqué une vigoureuse reprise en mains de l’autre par la DHOS. Fin de l’aventure. Jean-Marie Bertrand, est tout sauf un aventurier. Nourri des erreurs de ses prédécesseurs amusés, le secrétaire général des ministères sociaux trace la préfiguration des ARS au cordeau. Depuis deux mois que les DGARS préfigurateurs ont atterri dans leur région bénie, pas un mot, pas un chuchotement. Tout juste un soupir de Claude Evin à Paris, c’est peu dire ! Et moins qu’un murmure de Daniel Lenoir chez les chtis, pour ne rien dire. Inconcevable ! La mécanique ministérielle serait-elle en train de (suite…)

Cent’sgiving

Barak Obama a sans doute gagné, dimanche au Sénat, une manche décisive dans son combat pour instaurer dans son pays le système d’assurance maladie à l’échelle de sa démocratie. La partie n’est pourtant pas gagnée et il faudra désormais à sa famille démocrate faire montre de pugnacité pour amener cette réforme à son terme. C’est dans cet exercice où il excellait à la tête de la Commission de la Santé que Ted Kennedy fera cruellement défaut à son fils spirituel. Pour être de pure procédure, la bataille de dimanche n’était pas gagnée d’avance, car sur les 100 sénateurs, il fallait à Harry Ried, le leader démocrate, s’assurer une majorité de 60 suffrages. Rigoureusement les effectifs du groupe mais avec quelques voix chancelantes d’élus… surtout soucieux de leur prochaine réélection. Avec (suite…)

Le dessous des sous

Dans un élan de bravoure, les sénateurs, qu’on vouait aux gémonies pour leur obstination à provoquer le gouvernement pour sa mollesse à trouver des solutions aux déficits sidéraux de la protection sociale, les sénateurs donc, ont adopté avant-hier le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Les différences entre le texte adopté par les députés il y a quinze jours et celui de la haute chambre sont d’une telle ampleur, qu’on n’échappe pas à une commission mixte, demain après midi, qui promet d’être chaude. Car s’il est un lieu qui dément tous les stéréotypes d’une assemblée assoupie marmonnant inlassablement les platitudes d’une majorité godillot, c’est bien la commission sociale du sénat. Et si Alain Vasselle, le rapporteur du projet de loi, revient si souvent dans nos lignes c’est (suite…)

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