Tag archives : industrie pharmaceutique

Prix du médicament : les labos pharmaceutiques sont-ils des escrocs ?

La dernière campagne de Médecins du Monde tire à boulets rouges sur les profits des grands laboratoires pharmaceutiques et les prix disproportionnés de certains médicaments. Pour certains, la diatribe est justifiée. Pour d’autres, comme pour les principaux intéressés, elle est caricaturale. La Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale a donc auditionné les industriels du médicament le 22 juin dernier. La semaine suivante, c’était au tour du Sénat de se pencher sur la question. Au-delà du débat sur la fixation du prix du médicament, c’est bien plus la place de l’innovation dans les stratégies des industriels de la santé dont il est question. Les propositions du Leem Il est vrai, comme le remarque Challenges, que seule l’industrie du tabac affiche des taux de profit supérieurs. Néanmoins, la recherche coûte cher (20% (suite…)

Médicament : l’ire du LEEM et l’âme du LIR

La stratégie de communication du LEEM et du LIR s’appuie sur un nouveau paradigme. Mais des efforts de transparence restent à faire sur la fixation des prix La décapitation sans sommations de l’état major de SANOFI par son conseil d’administration la semaine dernière montre la brutalité du management des capitaines d’industrie, même si Pôle Emploi, toute compassion gardée, n’est pas la destination promise à Christopher Viehbacher, son sémillant ex-DG, après que les actionnaires de la grande firme française ont décidé de le virer. Capital, au printemps dernier, ironisait sur son salaire car, dixit le journal, le patron de Sanofi était le mieux payé des 98 premières entreprises françaises. Au-delà des vicissitudes des grands de ce monde, le départ de Viehbacher coïncide avec le décrochage du titre de Sanofi en bourse. (suite…)

Celle de 14

Edito 267 Déférence gardée envers Maurice Genevoix si notre papier d’aujourd’hui emprunte à l’écrivain le titre de son recueil de guerre (Ceux de 14, Recueils de guerre, 1941), mais l’enlisement que nous montrent les responsables du pays dans la conduite des affaires ressemble au bourbier de la grande guerre. Quand on relit les déclarations belliqueuses de notre ministre de la santé, Marisol Touraine, d’il y a trois ans, encore à l’époque poilue du PS, contre l’inégalité d’accès aux soins, le déficit de la sécu et le lourd héritage de ses mauvais prédécesseurs, il est difficile d’imaginer qu’il s’agit de la même personne. Le blog de cette strausskahnienne repentie, répertorie sans vergogne depuis 2010 ses déclarations successives, même si la liturgie des premières n’a plus rien à voir avec celle des (suite…)

La vaccination en France, enjeu de santé publique

Éditorial de la 235 Sur fond de suspicions et de controverses, les premières indemnisations, concernant les effets secondaires de la vaccination H1N1 prévues en 2009, s’ouvrent difficilement auprès de l’ONIAM, l’organisme chargé de traiter ces indemnisations. Sur les 5,7 millions de personnes vaccinées en 2009, une soixantaine souffrent aujourd’hui de narcolepsie. Le principe de précaution ne sait plus sur quel pied danser. Le sujet engendre des crispations… Les autorités sanitaires peinent à clarifier la situation contrairement aux autres pays européens. Et de l’autre côté, la vaccination a rejoint le cortège des sujets conspirationnistes… L’histoire de la vaccination en France souffre de sa spécificité. Aujourd’hui, les industries pharmaceutiques françaises sont à la pointe de la recherche sur la vaccination et les débouchés semblent prometteurs et lucratifs; mais l’histoire de la vaccination en France n’est (suite…)

PLFSS 2014 : les industriels montent au créneau

Un courrier signé de 25 patrons d’entreprises internationales du médicament alerte la présidente de la commission des affaires sociales sur les dangers du PLFSS 2014. L’ancien président de l’assemblée nationale sous l’ère Sarkozy, Bernard Accoyer, dans un entretien paru dans le journal Les Echos, n’y va pas par quatre chemins : le PLFSS 2014 est « mau-vais », et conduit « vers une indéniable étatisation du système de soins ». C’est vite oublier que l’étatisation a été inscrite dans le marbre par un certain Raymond Soubie dans les années 90 et que l’évangélique rapport « santé 2010 » a servi de pensée unique à la haute fonction publique pendant 20 ans pour tricoter les lois. Car après tout, qui présidait les débats parlementaires sur la Loi HPST, pierre de voûte d’une étatisation commencée (suite…)

PLFSS 2014 et médicament : attention danger !

Le PLFSS 2014 prévoit de modifier les conditions de prise en charge de médicaments bénéficiant du régime ATU : sale coup pour des milliers de malades gravement atteints.

Grande angoisse dans les familles de malades atteints de pathologies graves, rares ou douloureuses (parfois les trois à la fois) car une modification de la réglementation, probablement concoctée sur un coin de table par un conseiller ministériel stagiaire en attente de pantouflage, risque de priver plusieurs milliers de patients de leur ultime remède. Un amendement que nous publions en fin d’article circule en ce moment parmi les parlementaires.

ATU pointu

Une petite précision pédagogique préliminaire s’impose car la quincaillerie réglementaire relative au remboursement des médicaments est d’une complexité sordide. Commençons par le commencement. Il existe des médicaments innovants, souvent développés dans les services de pointe des hôpitaux publics, prescrits à des malades hospitalisés gravement atteints et le plus souvent en échec thérapeutique. En attendant leur autorisation de mise sur le marché (AMM) ces médicaments expérimentaux, parfois encore en phase d’essai clinique par des malades volontaires, peuvent bénéficier d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU, nous y sommes !) donnée par l’Agence Nationale de Sécurité des médicaments (ANSM ex-AFSSAPS). Durant cette phase, ces médicaments sont, soit remis gratuitement à l’hôpital par l’industriel, soit encore vendus à l’hôpital à un prix négocié. Dans ce cas, l’établissement peut bénéficier d’une prise en charge financière sur le compte de la dotation pour les missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation (MIGAC) à la main des ARS (pour être précis, il s’agit d’une sous-dotation qui répond au joli nom de Merri… mais ne compliquons pas !).

Ce serait très aisé à comprendre si l’histoire… Lire la suite…

Médicament et croissance économique : les industries dans le cas « K »

Pourtant décrié depuis presque 10 ans, l’application du fameux « taux K » au chiffre d’affaires des entreprises du médicament est reconduite dans le PLFSS 2014. Depuis la loi de financement de la sécurité sociale de 1999, les industries productrices de médicaments sont soumises à une clause de sauvegarde consistant à verser dans les caisses de la sécu une contribution lorsque leur chiffre d’affaires dépasse celui de l’année précédente d’un pourcentage supérieur à un taux fixé par le Parlement. Rien de génial dans la technique, c’est vieux comme Hérode, simple, rapide et ça rapporte gros. Petit rappel A partir du moment où les pouvoirs publics ont pris le contrôle des caisses d’assurance maladie (ça remonte quand même à quelques décennies) et que celles-ci sont devenues des « administrations publiques de sécurité sociale » (dixit (suite…)

Prescription pharmaceutique : la CNAMTS distribue ses mauvais points

Une analyse de la prescription des médicaments de spécialité réalisée par la CNAMTS donne au PLFSS 2014 une occasion d’accroître le contrôle dans les hôpitaux.

Le n° 41 de Points de repère, intéressant petit document d’information de la CNAMTS de juin 2013, fait une analyse de la prescription des médicaments. Ses conclusions ne sont pas tombées dans l’oreille d’une sourde : le PLFSS 2014 dans son article 41 prévoit un renforcement du contrôle sur les médicaments de la liste en sus prescrits par les médecins des hôpitaux.

Cocorico

Dans un graphique montrant la remarquable dégringolade de la consommation des médicaments délivrés en officine depuis 10 ans, la CNAMTS s’envoie des fleurs : la politique de maîtrise finit par payer. Trois facteurs expliquent selon ses calculs cette décroissance continue :

  • « des mesures de régulation constantes depuis plusieurs années sur les médicaments de ville avec une maîtrise des volumes, d’importantes baisses de tarifs (baisses de prix et passages au tarif forfaitaire de responsabilité, TFR) et le développement des génériques »
  • « un ralentissement de la croissance sur des classes de médicaments qui contribuaient significativement à la croissance ces dernières années non relayé par de nouvelles classes à fort potentiel »
  • « des baisses brutales de prescriptions de médicaments dont les indications ou l’évaluation de l’apport thérapeutique a été modifié ».

Baisse des tarifs et substitution par des génériques… Lire la suite…

…en boite

Editorial de la 228 Un premier acte sur les abus, un intermède sur le Mediator, un couplet sur la visite médicale, une levée de rideau sur la surconsommation des médicaments, un coryphée qui se lamente sur la privatisation de la sécurité sociale, une multitude de notes sur des banalités en tout genre, et même un grondement de baryton sur l’aide médicale d’Etat qui privilégierait des gens qui n’ont même pas de papiers… Voici la partition minimale d’une chansonnette populaire qui marche à tous les coups. L’auteur du livre « Santé, le grand fiasco » qui se retrouve en tête de gondole dans les Relay des gares et aérogares précise dans une interview au « choix des libraires » qu’elle compare son bouquin à un opéra de Peer Gynt. N’exagérons rien… Car ce livre de (suite…)

Piqûre de rappel : le LIR au chevet de la recherche française

Comme le titre Le Point de cette semaine, « la haine des riches », qui s’explique pour partie par l’étalage cynique de gains mirobolants, peut avoir des effets pervers sur l’économie. Dans l’industrie pharmaceutique, conjuguée à l’affaire Servier, cette défiance vis-à-vis des labos conduit aux pires foutaises. Les plus extrêmes ne vont-ils pas jusqu’à réclamer la nationalisation du secteur. Après les propositions du G5 français (bioMérieux, Ipsen, le LFB, Pierre Fabre, Sanofi) en 10 points clés, voici les cogitations du think tank piloté par le LIR, regroupant les 16 filiales françaises des grands labos internationaux qui affirment, chiffres à l’appui, investir 700 millions d’euros dans la recherche tous les ans, c’est-à-dire autant que le budget accordé par l’Etat à l’Inserm. Le document produit par le LIR est une vibrante invitation (suite…)

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