Tag archives : L’hôpital, acteur de la santé en France

Plan d’urgence à l’hôpital : insuffisant pour calmer les soignants

Cette semaine a été marquée, comme nous l’annoncions dans l’édito de mardi, par la présentation par Agnès Buzyn et Édouard Philippe, lors du Conseil des Ministres du mercredi 20 novembre dernier, d’un nouveau plan d’investissement pour l’hôpital. Face à la grogne qui montait, Emmanuel Macron avait promis lors d’un déplacement à Épernay jeudi dernier un « plan d’actions renforcé et des décisions fortes« . Décryptage. À la suite du pacte de refondation des urgences présenté en septembre, ce plan d’investissement prévu sur 3 ans décline 14 mesures autour de 3 thématiques : meilleure attractivité des métiers, meilleure gouvernance, investissements plus importants. Avec à la clé, 1,5 Md€ de financement supplémentaire (300 M€ en 2020, 500 M€ en 2021 et 700 M€ en 2022) et 10 Md€ d’allègement de dette sur 2020-2022. Les 14 mesures (suite…)

Plan d’urgence pour l’hôpital : Emmanuel Macron calmera-t-il la colère des soignants ?

Éditorial de la 478ème Dans un élan gaullien, Emmanuel Macron a lancé aux personnels des hôpitaux un « j’ai entendu votre colère » lors d’un déplacement à Épernay jeudi dernier pour proposer son plan d’urgence pour l’hôpital. Il a tenu à exprimer sa « considération » au personnel soignant. « Cette situation, elle n’a pas commencé il y a un mois, six mois ou un an, soyons lucides avec nous-mêmes. Nous en héritons. Elle est le résultat d’années et d’années de mise sous tension qui ont fait peser sur l’hôpital l’essentiel de l’effort de maîtrise de dépenses de santé. Elle résulte aussi d’une désorganisation collective de notre système de soins. » Lire : Hôpital : la réforme sera-t-elle au rendez-vous ? Derrière les effets de manche, le discours est un peu brouillon, balayant le manque de moyens ou l’épuisement (suite…)

Pour être infirmier, il faut savoir réparer sa machine à laver !

Cette semaine, malgré les apparences pour démêler le vrai du faux, que de la vraie info. Pas de fake news !  Pour être infirmier, il faut savoir réparer sa machine à laver ! À l’ère de la fake news, on aurait pensé à un canular. Pourtant, quelle ne fut pas la surprise des infirmiers en découvrant les fiches d’orientation proposées par l’Onisep, l’Office national d’information sur les enseignements et les professions. Lire : Fake news : Arrachez l’ivraie pour la brûler Mardi dernier, la Fage, le syndicat étudiant infirmier, s’est fendu d’un communiqué pour critiquer le contenu « très largement discutable » de ces fiches, multipliant des « clichés dégradants envers les professions » et accusant « l’Etat (…) de bâcler ces éléments cruciaux pour l’avenir des jeunes« . Dans ces fiches d’orientation, les métiers sont conseillés selon les (suite…)

Quand l’hôpital est dans le rouge

Éditorial de la 435ème Le mois dernier, la Fédération Hospitalière de France créait le buzz en s’attaquant aux actes médicaux inutiles (plus de 20%). Comparant 5 opérations chirurgicales significatives (la césarienne, le pontage coronaire, la chirurgie du rachis, l’endoprothèse vasculaire et les interventions sur le cristallin), l’étude de la FHF avait révélé dans un atlas de fortes disparités géographiques. Des conclusions qui allaient plutôt dans le sens du plan d’économie souhaité par le Gouvernement. Aujourd’hui, la FHF alerte sur la dégradation de la situation financière des hôpitaux : les hôpitaux devraient connaître un déficit historique de 1,5 Md€ (pour 470M€ en 2016). Lire : Hôpital : le plan d’économies affectera-t-il les effectifs ? Pour Frédéric Valletoux, la ligne rouge est franchie : « Face à cette dégradation financière et avec un objectif d’économie (suite…)

Du pain et des roses

Éditorial de la 375 Après la grève des infirmiers, ce sont les médecins hospitaliers, hier, qui ont débuté une « grève massive« , à l’appel du syndicat des anesthésistes (SNPHAR-E), rejoint par Avenir Hospitalier et la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH). La raison ? Ils réclament 5 demi-journées de travail par période de 24h au lieu de 4h aujourd’hui. Actuellement, tous les praticiens hospitaliers, quelle que soit leur spécialité, doivent travailler 10 demi-journées par semaine pour un temps de travail hebdomadaire qui ne doit pas excéder 48 heures hebdomadaires; un seuil fixé par la directive européenne 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003. Or, en 2 gardes, les praticiens ont déjà travaillé 48 heures, c’est-à-dire la limite maximale hebdomadaire autorisée par la directive européenne. Mais en 2  gardes dans la semaine, on génère seulement 8 (suite…)

Rapport CNAMTS : gisements et déguisements

Le rapport annuel de la CNAMTS adressé à la ministre et au parlement apporte des démonstrations éclairantes sur les économies à réaliser à l’hôpital. Dans son rapport « au ministre de la sécurité sociale et au Parlement sur l’évolution des charges et des produits de l’assurance maladie au titre de 2015 » la CNAMTS annonce la couleur : « Le programme de stabilité 2014-2017 fixe un cadre contraint pour les trois prochaines années, avec une baisse progressive du taux de croissance de l’Ondam (2,1% en 2015, 2% en 2016 et 1,9% en 2017), qui suppose un effort supplémentaire par rapport à celui qui a été fait sur les dernières années. » Alors en bon soldat, comme il en a l’habitude chaque année depuis qu’il en a pris le commandement en 2005, le directeur général (suite…)

Formation médicale : le DPC dépecé

Le rapport de l’IGAS paru il y a un peu plus d’un mois sur le développement professionnel continu taille un costume au dispositif poussivement mis en place depuis 2012. La CSMF réagit.

Marisol Touraine s’est énervée. Les multiples récriminations portées à sa connaissance sur le mauvais fonctionnement de l’Organisme de Gestion du Développement Professionnel Continu (OGDPC) lui ont valu une poussée d’hypertension au point de déclencher une inspection de l’IGAS. Et une occasion de plus de dénigrer la loi HPST de juillet 2009 qu’elle n’a jamais trop portée dans son cœur.
Pourtant, cette loi sur laquelle a longuement bataillé sa devancière, a mis un peu d’ordre dans une histoire qui traînait depuis 20 ans.

De la cueillette à l’industrialisation

Car, dans les années 90, si les médecins hospitaliers bénéficiaient du dispositif de droit commun applicable à toutes les entreprises depuis 1971, la formation des médecins libéraux était plus aléatoire. Les premiers avaient droit à un congé rémunéré de quinze jours par an cumulables financé sur les fonds de la formation continue des hôpitaux ; les seconds n’avaient pas d’autres choix que de glaner ici ou là quelques séances de formation généralement payées par Lire la suite…

L’hôpital, rien que l’hôpital

La FHF revendique une plus grande liberté de gestion et une diminution sensible de la pression de la tutelle de l’État au prix d’une politique de terre brûlée à l’égard de la médecine de ville. Opportune austérité Le registre lexical du document de la FHF peut surprendre. Comme si plusieurs mains avaient participé à la construction de l’édifice sans un plan de masse commun tant il renferme de contradictions. Le texte de la FHF commence par un paradoxe : le plan de redressement présenté par Manuel Valls « peut devenir une chance pour le secteur hospitalier« . Assertion assez redoutable car si l’on se réjouit de réduire la production des soins au nom des économies utiles, c’est qu’assurément on ne se sent pas concerné. Les économies sont pour les autres. « En clair, (suite…)

Hôpitaux publics : le poison d’avril

La Cour des Comptes a présenté le 11 avril son rapport sur « la dette des établissements publics de santé ». Beaucoup de bruit dans la presse sur les emprunts toxiques mais peu sur les éclaircies financières.

Il fallait s’y attendre. La commande faite à la Cour des Comptes par le président de la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale et ceux de la MECSS datait du 12 octobre 2012. Le rapport de l‘enquête, qui porte sur seulement une vingtaine d’établissements sur les 947 répertoriés, était attendu pour le 31 mars.

Bruits sélectifs

Le Monde en fait un titre à l’acide sulfurique, avec cette manière pseudo-interrogative devenue courante aujourd’hui de mettre le lecteur en alerte : « comment les hôpitaux sont aussi touchés par les emprunts toxiques ». Avec en prime, pour les curieux de la mécanique boursière et financière, un petit abécédaire pour les nuls : « tout comprendre des emprunts toxiques en dix questions ». (éditions abonnés).
A choisir, on préfèrera les explications de Patrick Saurin, sur Mediapart, sur la nature des « emprunts structurés » (autre nom pudique des emprunts toxiques) dont la thèse selon laquelle les emprunts toxiques seraient des opérations spéculatives (et donc pénalement répréhensibles), n’enlève rien aux vertus pédagogiques de l’article.

Denis Meynard, correspondant du journal Les Échos, dans un article du 13 avril, braque le projecteur sur le CHU de Saint Etienne, établissement, il est vrai, épinglé par la Cour des Comptes comme le champion de l’endettement, « dont l’encours structuré représente près de la moitié d’un endettement total de 290 M€ » (p. 103).
Le Figaro parle « d’asphyxie » des hôpitaux, tandis que le Journal du dimanche évoque une attaque contre des banques scélérates par les établissements, offensive musclée conduite par le président de la fédération hospitalière de France, face à la (l’ab)surdité du Gouvernement. Il est vrai que la ministre de la santé, Marisol Touraine, restée seule aux commandes de ce grand vaisseau, aurait été bien inspirée de se doter d’un expert financier quand on mesure la pauvreté de son discours sur le sujet. D’ailleurs, elle n’en parle pas. C’est plus simple. Le site du ministère est d’une remarquable indigence et dans sa dernière conférence de presse accordée à Ouest France la ministre se contente d’exprimer des « regrets ».

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Ménage dans les ménages

Le rapport d’une mission parlementaire dénonce le recrutement abusif de médecins intérimaires dans les hôpitaux. Ou comment tendre un bâton pour se faire battre ?

Produit par le fringant député socialiste de l’Isère, Olivier Véran, un rapport au titre accrocheur (« Hôpital cherche médecins coûte que coûte« ) a été remis au Parlement il y a deux semaines non sans provoquer quelques flèches de désapprobation, comme toujours exagérées, lancées par une presse qui aura surtout retenu le sous-titre « Essor et dérives du marché de l’emploi médical temporaire à l’hôpital public »

Où est le problème ?

Venant d’un soldat de la base arrière, on aurait pu s’attendre à l’exhumation de problématiques compliquées et de réflexions absconses comme le PS en a présentement le secret (comme le dernier rapport sur l’immigration). Mais non ! C’est moins le député socialiste que le jeune neurologue du CHU de Grenoble, établissement aujourd’hui sous les projecteurs avec l’hospitalisation de Schumacher, qui a tenu la plume. Car au fond, le rapport Véran est plutôt objectif et plein de bon sens. Du haut de ses 32 ans, le député de l’Isère puise sûrement dans son vécu hospitalier. Les solutions en revanche sont à côté de la plaque.

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