Tag archives : euthanasie

[Euthanasie] : la mise en examen d’un médecin généraliste relance le débat

Éditorial de la 483ème C‘est une sale affaire qui émaille l’actualité de ce début d’année. Le procureur de la République du Havre, après plusieurs mois d’investigations menées dans le cadre d’une enquête préliminaire, a placé le 12 novembre dernier un couple de médecins d’une soixantaine d’années, les Drs Jean et Isabelle Méheut-Ferron, en garde à vue. Il leur est reproché d’avoir administré un hypnotique sédatif, le midazolam, à plusieurs patients en fin de vie. Des traces du produit ont été retrouvées sur 5 des 7 cadavres déterrés pour les besoins de l’enquête. Or, l’utilisation de ce produit très puissant est strictement encadrée. C’est l’épouse, médecin anesthésiste-réanimateur, qui dérobait les ampoules dans la clinique où elle exerçait et les fournissait à son mari, médecin généraliste à Angerville-la-Martel, près de Fécamp en (suite…)

Etats généraux de la bioéthique : faut-il y croire ?

Éditorial de la 451ème C‘est en 1994 que sont adoptées en France les premières lois bioéthiques sous le Ministère d’Édouard Balladur. Simone Veil est alors la ministre des affaires sociales et de la santé. Ces trois lois posent un principe essentiel : celui de l’inviolabilité et de l’indisponibilité du corps humain. Elles ont pour objectif initial d’encadrer le « don et l’utilisation des éléments et produits du corps humain » (prélèvement d’organes, transplantations, conservation et utilisation des tissus et des cellules du corps humain, assistance médicale à la procréation, don et utilisation de gamètes, consentement des individus pour le recours à une médecine prédictive ou à identification génétique). Toutefois, compte tenu de la rapidité des progrès médicaux et scientifiques, la loi de juillet 1994 a prévu sa révision au terme de cinq années d’application. Et il fallait bien un tel (suite…)

Fin de vie : l’avis du CESE favorable à une aide à mourir

Lors de sa séance plénière du 10 avril dernier, le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) a rendu un avis intitulé « Fin de vie : la France à l’heure des choix« . Un avis consultatif mais assez attendu qui a suscité de nombreuses réactions. Jean Leonetti s’estimant lui-même « consterné » par cet avis. Décryptage.

Cet avis documenté (mais orienté) revient sur l’histoire des soins palliatifs jusqu’à l’élaboration de la loi Léonetti de 2005 pour en analyser les limites et les manques.

Déjà, en 2013, l’Ordre des médecins dans un document qui avait aussi été controversé avait estimé que « la loi peut n’offrir aucune solution pour certaines agonies prolongées ou pour des douleurs psychologiques et/ou physiques qui, malgré les moyens mis en œuvre, restent incontrôlables. » (p.2).

La Haute autorité de Santé (HAS) avait néanmoins précisé les modalités de mise en oeuvre de sédation profonde et continue en mars dernier.

L' »antique » serment d’Hippocrate doit s’adapter à la société

Ainsi, si « la réglementation et les pratiques de limitation ou d’arrêt des thérapeutiques actives auraient fait l’objet au cours de la décennie écoulée d’une appropriation progressive par le corps médical, notamment lorsqu’existent des directives anticipées, des réticences persistent quant à l’arrêt de l’hydratation et de la nutrition artificielles. L’association de ces pratiques à l’idée d’un échec des soins curatifs, fortement ancrée dans une certaine culture médicale française, nourrit toutefois une forte hétérogénéité entre les équipes, accentuant les inégalités face aux conditions de la fin de vie et au risque d’acharnement thérapeutique » (p.25)

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Fin de vie : 4 000 euthanasies clandestines

https://media.blubrry.com/la_lettre_de_galile/p/www.lalettredegalilee.fr/wp-content/uploads/2018/01/euthanasie_caroline_fiat.mp4Podcast: DownloadAbonnez-vous Android | Google Podcasts | RSSÉditorial de la 439ème Alors que l’euthanasie de lionceaux d’un zoo suédois suscite la polémique, cette semaine, en France c’est la députée de Meurthe et Moselle, Caroline Fiat, défendant la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, qui soulève une controverse sur « les euthanasies réalisées « en catimini » contre le gré des patients à l’hôpital » (2h30’00 »). https://www.lalettredegalilee.fr/wp-content/uploads/2018/01/euthanasie_caroline_fiat.mp4   Se basant sur une étude de l’INED de 2012, intitulée « Les décisions médicales en fin de vie en France« , elle ensuite affirmé que « les décisions médicales avec intention de mettre fin à la vie des patients représentaient 3,1% des décès enregistrés dans notre pays en décembre 2009 et que seul 1/5 de ces décisions étaient prises à la demande des patients. Il est donc grand (suite…)

Fin de vie : chronique d’une loi qui déçoit

Le vote de la loi sur la fin de vie ne se fera pas sans douleurs. Mesure emblématique du candidat Hollande, l’engagement 21 souhaitait ouvrir  « pour toute personne majeure en phase avancée d’une maladie incurable » un droit à « bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité« . Le 14 janvier, lors d’une conférence de presse à l’Élysée, il a rappelé qu’il souhaitait une nouvelle loi pour compléter la loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des patients en fin de vie. Aujourd’hui débattue au Parlement, cette loi tiède déçoit les parties prenantes.

Retour sur un « sujet présidentiel »

François Hollande a su maintenir le flou artistique jusqu’au bout, quitte une fois de plus à se griller les ailes avec sa propre majorité. « C’est l’histoire d’une promesse de campagne si habilement formulée que chacun y a lu ce qu’il voulait y voir » formulait habilement Le Monde. Même Leonetti reprochait à Hollande de « flouter ses positions » dans son entêtement à ne pas préciser sa pensée sur la fin de vie.

Dès son élection, le président fraîchement élu semble s’emparer du sujet de la fin de vie. En juillet 2012, il missionne Didier Sicard, l’ancien président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), sur le sujet. A la remise du rapport, six mois plus tard, François Hollande demande au CCNE un travail sur les directives anticipées, écrites par le patient qui permettent d’éclairer sur son choix de fin de vie, et sur la manière de « rendre plus dignes les derniers moments d’un patient dont les traitements ont été interrompus », mais aussi sur les « modalités et conditions strictes » qui permettraient « l’assistance médicalisée au suicide ». La porte est-elle pour autant ouverte ?

L’ampleur des manifestations contre le mariage pour tous qui ont rassemblé des centaines de milliers de Français a certainement fait réfléchir l’Élysée. Début 2013, la fin de vie n’est plus d’actualité. Le sujet semble enterré. Mais, un an plus tard, lors d’une conférence de presse en janvier 2014, François Hollande revient sur son engagement et annonce qu’un nouveau texte « rassembleur » sera déposé. « Je souhaite que ce texte puisse être élaboré sans polémiques, sans divisions et simplement dans l’idée qu’un cheminement est possible pour rassembler toute la société », déclare le chef de l’État.

Marisol Touraine, favorable à la mise en place du suicide assisté depuis longtemps, aurait pu mener la barque mais certainement trop occupée avec sa loi de santé, elle est mise sur la touche. L’enjeu est présidentiel et une mission parlementaire est nommée, portée par deux parlementaires : Alain Claeys et Jean Leonetti. Modérés, leur expertise sur le sujet doit permettre de trouver une entente…

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