Tag archives : Douste-Blazy

Consommation pharmaceutique : l’héritage empoisonné de Rocky

La baisse des dépenses pharmaceutiques, claironnée triomphalement l’année dernière par l’ancienne équipe de Rocky, dissimule en réalité un échec de ses méthodes On n’a pas tari d’éloges sur les méthodes fortes de l’ancien patron de la CNAMTS, Frédéric Van Roekeghem, fanfaronnant sur le respect de l’ONDAM deux années consécutives et mettant un point d’honneur à avoir terrassé la progression de la consommation pharmaceutique des Français, considérés (à tort) comme les champions du monde dans cette discipline. Discours cnamien d’autant plus puissant et univoque que la maison mère de l’assurance maladie détient jalousement le monopole des datas, de l’analyse et de l’interprétation des données. L’article de Que Choisir dans son numéro de janvier 2015, à partir d’une enquête portant sur 347 ordonnances, exhume un vieux sujet : la polymédication des personnes (suite…)

Réseaux démences : un dément… démantèlement

L’arrêt du financement par les ARS de certains réseaux de santé pose problème à des centaines de médecins. Les neurologues dans les réseaux Alzheimer en font partie Dans le début des années 2000 une multitude de réseaux de soins, devenus « réseaux de santé », voit le jour avec une frénésie due la création d’un fonds salvateur : le FAQCSV (fonds d’amélioration de la qualité et de la coordination des soins de ville), opportune poire pour la soif dédiée aux médecins libéraux en mal d’innovation. Et il est vrai que, en dehors de quelques cas farfelus, la plupart des projets présentés à l’époque aux URCAM révélaient un dynamisme des médecins libéraux peu connu. Comme les oncologues, montrant la voie aux autres à la faveur d’un Plan Cancer très tôt soutenu par les pouvoirs (suite…)

Formation médicale : le DPC dépecé

Le rapport de l’IGAS paru il y a un peu plus d’un mois sur le développement professionnel continu taille un costume au dispositif poussivement mis en place depuis 2012. La CSMF réagit.

Marisol Touraine s’est énervée. Les multiples récriminations portées à sa connaissance sur le mauvais fonctionnement de l’Organisme de Gestion du Développement Professionnel Continu (OGDPC) lui ont valu une poussée d’hypertension au point de déclencher une inspection de l’IGAS. Et une occasion de plus de dénigrer la loi HPST de juillet 2009 qu’elle n’a jamais trop portée dans son cœur.
Pourtant, cette loi sur laquelle a longuement bataillé sa devancière, a mis un peu d’ordre dans une histoire qui traînait depuis 20 ans.

De la cueillette à l’industrialisation

Car, dans les années 90, si les médecins hospitaliers bénéficiaient du dispositif de droit commun applicable à toutes les entreprises depuis 1971, la formation des médecins libéraux était plus aléatoire. Les premiers avaient droit à un congé rémunéré de quinze jours par an cumulables financé sur les fonds de la formation continue des hôpitaux ; les seconds n’avaient pas d’autres choix que de glaner ici ou là quelques séances de formation généralement payées par Lire la suite…

Discours de ministres : dix ans de mots

A quelques encablures de la présentation par Marisol Touraine de sa « stratégie nationale de santé » (le 17 juin) le survol des discours de nos ministres depuis une décennie nous laisse plutôt perplexes.

L’un des avantages d’Internet est de retrouver presque tout dans les archives de la République. Les discours prononcés par nos ministres de la santé successifs sont conservés dans leur poussière originelle et, avec un peu de chance, une vidéo de l’événement  fournit la mise en scène. Quant aux scénaristes et dialoguistes, les « plumes » discrètes tapies dans les ailes des cabinets ministériels, ils ont généralement disparu des génériques.

Les forçats des cabinets ministériels le savent tous : un discours n’est pas une circulaire, on ne met pas six mois pour la rédiger. « De toute façon, dit Alain Coulomb dans ses inimitables démonstrations, « les circulaires sont faites pour tourner en rond, et les arrêtés pour ne pas bouger !« . Ni planifié, ni même parfois seulement prévu, le blabla d’un ministre s’écrit sur un coin de table, ou sur les genoux dans la voiture, avec une seule consigne : effacer toute trace d’improvisation.
On mesure mal sans doute l’étonnante capacité des occupants des soutes ministérielles à établir toutes les connexions nécessaires. Les présidents de la République sont bien évidemment mieux armés que leurs ministres, fussent-ils bien placés dans l’ordre protocolaire. Sarkozy, le président en mouvement permanent, avait l’habitude d’envoyer quelques éclaireurs discrets sur les lieux d’une improbable visite. On se souvient par exemple de sa visite à Bletterans dans le Jura en octobre 2008 pour lancer son opération anti-désertification médicale. Avant lui, Chirac missionnait son conseiller, Frédéric Salat-Baroux, devenu plus tard secrétaire général de l’Élysée et même gendre du président, pour investir les nombreux réseaux chiraquiens. Le discours de reconquête du corps médical en 2002 après les affres du plan Juppé ne méritait-il pas le plus grand soin !

Lire : la révolution du premier recours.

Les ministres de la santé sont moins bien lotis. Sur des sujets aussi variés et des problèmes aussi nombreux, un ministre de la santé, au pire simple « ministre délégué » d’une star, au mieux ministre omnipotent sur le champ de la solidarité, est une machine à parlotte. Avec cette règle immuable : bien connaître les dossiers.

Lire la suite…

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer