Tag archives : désertification

[Désertification, erreur du Samu, aides sociales] Quand les territoires s’enrhument, Paris réfléchit

Cette semaine, l’actualité vient de nos territoires. Ces territoires qui se fracturent et souffrent. Lire : Démographie médicale : la fracture territoriale des “gilets jaunes” Le SAMU de Besançon accusé d’homicide involontaire Après l’affaire de Naomi Musenga, qui, âgée de 22 ans, était morte à Strasbourg en 2017 alors que son malaise n’avait pas été pris au sérieux par le Samu, une plainte a été déposée par la famille d’Edith Greffier, 62 ans, décédée d’un infarctus en septembre dernier après plusieurs appels au 15 et une attente d’une heure du Samu. Comme pour Naomi Musenga, le diagnostic a mal été réalisé au téléphone. Bien que la personne décrive précisément la malade : « elle a mal dans le bras gauche, elle a du mal à respirer, elle a mal au ventre et à la (suite…)

Gilets jaunes : le plus dur est à venir

Éditorial de la 463ème Emmanuel Macron dont la personne cristallise les rancoeurs des « gilets jaunes » aura beau reculer, jusqu’à se saborder, aucune sortie de crise ne se profilera à l’horizon sans une fin tragique. Tocqueville l’avait prédit, lui qui, contemporain de la Monarchie de Juillet et de l’avènement de Louis-Napoléon Bonaparte, voyait dans la démocratie les germes d’individualismes qui l’achèveraient et qui porteraient l’émergence d’un pouvoir autoritaire. Aujourd’hui, aucune des résolutions décidées par l’exécutif ne viendra entamer la ténacité des contestations, trop individuelles, des gilets jaunes. Car l’élan contestataire ne repose pas sur une volonté de changement ou de réforme clairement affichée, mais bien plutôt sur une colère, une désespérance, trop longtemps enfouies et qui éclate au grand jour.  Lire : PLFSS 2019 : adoption dans la tourmente Comment ce mouvement de (suite…)

10 idées-reçues sur les déserts médicaux

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a publié le mois dernier son traditionnel Atlas annuel de la démographie médicale. L’occasion de faire le point sur quelques idées-reçues. Lire : Et si les déserts médicaux étaient un mirage ?   1. Le nombre de médecins ne cesse de diminuer. FAUX. Le nombre de médecins (toutes spécialités) inscrits à l’Ordre ne cesse de croître en France. En revanche, on constate la diminution du nombre d’inscrits en activité régulière. « Le nombre de médecins en activité régulière a diminué de 10% ces dix dernières années tandis que la proportion des médecins retraités et retraités/actifs a augmenté de 11%. La proportion de médecins retraités actifs a été multipliée par 6 en dix ans. » (p.33) C’est le nombre de médecins généralistes qui chute (suite…)

Hors-série n°2 : La désertification médicale, mythes et réalités

Au moment où la Cour des Comptes remet ses propositions explosives et où la Ministre de la Santé présente son plan de Stratégie nationale de Santé, La Lettre de Galilée revient sur l’actualité de la désertification médicale. Un regard nécessaire sur un phénomène mal connu, souvent déformé et utilisé : la désertification médicale. De quoi parle-t-on exactement ? Quels territoires sont concernés ? Quelles politiques ont été mises en oeuvre ? Quelles conséquences sur la démographie médicale ?   Document de 42 pages, à télécharger, 4,5€TTC. Je télécharge Sommaire : Déserts médicaux : les chiffres 10 idées reçues sur la démographie médicale Les territoires sous-médicalisés selon les pouvoirs publics Les raisons de ce changement de paradigme Panorama des aides incitatives existantes L’échec des politiques incitatives dans les déserts médicaux Des (suite…)

Richard Ferrand, la prescription et les déserts médicaux

Éditorial de la 427ème Affaire classée sans suite. Dans son commmuniqué publié vendredi dernier, le procureur du tribunal de Brest a lavé Richard Ferrand, dans les affaires des Mutuelles de Bretagne, estimant que « les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie ne sont pas constituées, faute d’un préjudice avéré.«  Seul bémol tout de même : « la question est apparue plus complexe s’agissant de la commission éventuelle d’un délit de prise illégale d’intérêts« . Il aurait fallu que les Mutuelles de Bretagne soient reconnues comme chargées d’un servie public. Or, bien qu’elles touchent des subventions publiques et offrent des prestations pour le public, leur statut de personne morale de droit privé les dédouane. « Le parquet de Brest aurait pu envisager l’ouverture d’une information judiciaire« . Mais de toute façon, les faits sont prescrits ! Ah (suite…)

Déserts médicaux : des airs de déjà vu

Éditorial de la 418ème Dans la langueur de l’été, un énième rapport sur les mesures incitatives dans les zones sous-dotées vient de paraître, rejoignant le cortège des multiples publications sur la désertification médicale restées sans écho. À croire que les « déserts médicaux » ne dessèchent que les encriers. Lire : Et si les déserts médicaux étaient un mirage ? Comme nous le rappelions, le mot « désertification médicale » semble apparaître pour la première foi dans la bouche de Bernard Debré le 11 avril 1991 à propos de la « chute des hôpitaux généraux ». Il est repris en janvier 1999 dans un rapport sur la télémédecine du Conseil National de l’Ordre des Médecins du Pr Dusserre (p.8). Lire : Désertification, métropolisation et lutte des classes : les médecins dans le viseur A partir des années 2000, (suite…)

Désertification médicale : la fin du problème avec la coercition ?

Depuis quelques années, le phénomène de « désertification médicale », que la presse relaie avec délectation, progresse de manière alarmante, jetant l’opprobre sur des médecins qui choisissent de s’installer en ville, dédaignant ces déserts repoussoirs. Les différentes mesures incitatives enclenchées ont échoué à enrayer cette dynamique. Alors la tentation est grande pour l’État de relancer le débat sur la coercition pour maintenir la cohésion sociale dans ces territoires délaissés. Mais quels professionnels de santé iront dans des territoires abandonnés par l’État depuis des décennies ?  

Ce jeudi 24 novembre une motion, houleuse, a rejeté une proposition de loi visant une approche plus coercitive pour l’installation des professionnels de santé. Le rapport du député Philippe Vigier sur sa proposition de loi contenait 12 articles dont notamment une obligation d’effectuer un stage pratique d’au moins 1 an dans les zones sous-dotées (article 2) et une autorisation d’installation pour 5 professions de santé (article 5 à 9). Cette proposition de loi n’a pas été retenu par l’Assemblée nationale le 24 novembre 2016 par une motion récoltant 42 voix contre 14 .

Lire : Et si les "déserts médicaux" étaient un mirage ?

Des mesures incitatives inefficaces

Pendant le débat soulevé par cette proposition de loi, le député LR Pierre Morel-à-L’Huissier s’est livré à un réquisitoire sans pitié : « Voilà plus de vingt ans que l’on ressasse la problématique des déserts médicaux, que l’on accumule des mesures incitatives. Pourtant, la situation ne fait qu’empirer. Nous sommes confrontés à un problème sanitaire grave, à une profonde fracture territoriale. Nous allons droit dans le mur ! (…) Nous devons constater l’échec des dispositifs incitatifs mis en place jusqu’ici. Il s’agit d’abord des exonérations fiscales et sociales au titre d’une installation dans les ZFU, les zones franches urbaines, et dans les ZRR, les zones de revitalisation rurales : un médecin qui s’installe dans ces zones ne paye pas d’impôt pendant huit ans. Il s’agit ensuite de la majoration de 20 % des honoraires des médecins généralistes libéraux exerçant en groupe dans les zones déficitaires, des contrats d’engagement de service public – qui représentent tout de même 1 200 euros par mois pour des étudiants en médecine –, des aides de l’État aux collectivités territoriales afin de financer des structures participant à la permanence des soins et à favoriser l’installation et le maintien des médecins en zone déficitaire – les fameuses maisons de santé pluridisciplinaires, qui coûtent quand même de 1 à 2 millions d’euros, payés par l’État. On pourrait citer encore bien d’autres mesures : les indemnités kilométriques, les bourses aux étudiants, le financement de leur logement, les aides des départements, des régions, des communes et des EPCI – les établissements publics de coopération intercommunale –, notamment par des exonérations de taxes foncières et de taxe d’habitation, sans compter la nouvelle aide à l’installation de l’assurance maladie – 50 000 euros pour chaque médecin. C’est une véritable gabegie, une débauche d’argent public, et cela afin d’aider à s’installer des médecins qui gagneront tout de même plus de 10 000 euros par mois ! Il faut mettre en rapport le coût de cet impressionnant arsenal avec son efficacité. Il serait intéressant de le mesurer, d’autant plus que le Gouvernement n’a jamais voulu répondre aux questions écrites que je lui ai adressées à ce sujet. »

Lire : Désertification, métropolisation et lutte des classes : les médecins dans le viseur

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Les libéraux parlent aux libéraux

Éditorial de la 377 C‘est encore la rentrée. « Les » rentrées devrait-on dire. Chacun y va de son sondage pour tenter de faire peser la santé -et ses intérêts-  dans le débat pour les présidentielles. Nous osions poser la question la semaine dernière : pourquoi rien ne change jamais ? Mais tout le monde connaît la réponse ! Pour traîner ses savates dans les colloques, les thinktanks et autre universités d’été, on y croise toujours les mêmes vieux cons ! Et quand un rusé sophiste comme Macron vous sort deux paradoxes et une solution à venir, tout le monde opine du chef d’un air entendu. Le système produit un trublion plaisant et rhéteur pour pouvoir perdurer coûte que coûte… Aujourd’hui, on secoue les wagons de temps en temps pour faire croire que le train roule toujours, (suite…)

Une partie du tout

Éditorial de la 368 Barkhane, Chammal et Sentinelle. Ce sont trois noms qui résonnent mal dans la liesse de l’Euro. Malgré l’euphorie générale et les cadeaux fiscaux, la France est en guerre. D’aucuns redoutent même une guerre civile. Pourtant, le Gouvernement s’ingénue à divertir l’opinion pour éviter qu’elle ne désespère de trop et à lui murmurer que tout va s’arranger. Et quand il a du mal à y croire, le Français croule sous les cadeaux… en plein été. François Hollande a annoncé un geste fiscal de 2 Md€. A un an des présidentielles, l’État ouvre les vannes. Calcul électoral ? Quand il n’y a pas d’idées novatrices pour faire adhérer le vote des électeurs, on redouble de largesses. Le débat d’orientation sur les finances publiques a eu lieu ce jeudi 7 juillet. Il a (suite…)

La campagne part en campagne

Éditorial de la 356 Auteur réaliste d’ »Hippocrate« , un film précédent plutôt réussi, Thomas Lilti nous sert un second long métrage décevant. « Médecin de campagne » contient tous les ingrédients d’une comédie dramatique mièvre, qui se veut à la fois réaliste (le striptease d’un obèse abruti est sûrement inutile même s’il fait partie du quotidien), volontiers donneuse de leçons (le cours du vieux médecin à sa jeune consœur sur la manière de conduire un interrogatoire avec un patient n’est pas très confraternelle), et un tantinet naturaliste (franchement, la glissade dans la boue et dans la nuit pour aller sauver un maire qui s’est fait exploser la fémorale avec une tronçonneuse, n’a rien à envier au docteur Maufrais dans le Chemin des Dames… à l’amputation près). Au fond, le docteur Werner n’est pas (suite…)

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