Tag archives : « desertification medicale »

Grand Débat National : le retour de la coercition

Éditorial de la 470ème À quelques jours du vote de la loi « Ma santé 2022 », la santé, pourtant absente des thèmes abordés par la lettre de cadrage d’Emmanuel Macron pour lancer le Grand Débat, refait surface à la faveur des débats citoyens. C’est un constat que relèvent François Béguin dans Le Monde ou Mélanie Volland pour Le Point. « Beaucoup d’élus s’expriment en faveur de l’usage de la coercition envers les jeunes sortis d’études de médecine. » Lire : Démographie médicale : la fracture territoriale des “gilets jaunes” Malgré l’attachement à la liberté d’installation des médecins défendu par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, en janvier dernier, le député de Mayenne, Guillaume Garot, avait porté une proposition de loi afin d’introduire un « conventionnement territorial« . Déplorant le « sentiment d’abandon éprouvé par les habitants de (suite…)

Hors-série n°2 : La désertification médicale, mythes et réalités

Au moment où la Cour des Comptes remet ses propositions explosives et où la Ministre de la Santé présente son plan de Stratégie nationale de Santé, La Lettre de Galilée revient sur l’actualité de la désertification médicale. Un regard nécessaire sur un phénomène mal connu, souvent déformé et utilisé : la désertification médicale. De quoi parle-t-on exactement ? Quels territoires sont concernés ? Quelles politiques ont été mises en oeuvre ? Quelles conséquences sur la démographie médicale ?   Document de 42 pages, à télécharger, 4,5€TTC. Je télécharge Sommaire : Déserts médicaux : les chiffres 10 idées reçues sur la démographie médicale Les territoires sous-médicalisés selon les pouvoirs publics Les raisons de ce changement de paradigme Panorama des aides incitatives existantes L’échec des politiques incitatives dans les déserts médicaux Des (suite…)

Programme santé de Macron : « révolution culturelle » ou paroles creuses ?

La Lettre de GaliléeEn attendant la publication du Petit Livre Rouge de celui qui promet, lors de son déplacement à Nevers, une « révolution culturelle » en santé, Emmanuel Macron égraine ses idées au fil  de ses prises de parole. Malgré l’absence de programme officiel (pas avant le 2 mars…), quelques grandes lignes se dégagent des propos du candidat à la présidentielle de 2017 sur les problématiques de santé.

Lire : Petit manuel de Macron-économie à l'hôpital

Emmanuel Macron se pose comme un candidat de l’innovation, de la rupture au-delà du clivage droite/gauche. En attendant des promesses écrites, on doit se contenter d’analyser sa rhétorique bien huilée. Ses premières propositions « santé », synthétisées dans un document tout rose qui fait mal aux yeux mais qu’on peut lire sans lunettes, s’articulent autour de 5 axes :

  • Révolutionner la prévention : la création d’un service sanitaire de 3 mois : « les 40 000 étudiants en santé, en médecine, en pharmacie, en dentaire, des étudiants infirmiers et infirmières, auront au moins trois mois d’actions de prévention. Ils iront, dans les écoles, sensibiliser sur le tabac. Ils iront, dans certaines écoles défavorisées, dans les EHPAD, les maisons de retraite, prévenir la mauvaise audition, certains risques liés à des maladies dentaires, certains comportements qui conduisent à des maladies. C’est bon pour les professionnels de santé, c’est bon pour le pays. C’est un décloisonnement, c’est une révolution culturelle que nous devons conduire. » a-t-il affirmé à Nevers le 6 janvier dernier.
  • Améliorer la couverture santé : prendre en charge à 100% l’optique, l’audition et le dentaire :  « Pour développer la prévention, il faut que les Français puissent prendre soin, sans se ruiner, de leurs yeux, de leurs dents et de leur audition. S’agissant des lunettes, des prothèses dentaires et de l’audition, l’objectif est de 100% de prise en charge pour 2022. Cette meilleure prise en charge ne se fera pas aux dépens des Français. En effet, la situation qui prévaut aujourd’hui, avec des prix très élevés pour ces prestations, est trompeuse car l’Assurance maladie rembourse très mal ces domaines. Ainsi, le tarif dit de « responsabilité » de l’Assurance maladie est de 7,42€. C’est peu, pour se rembourser une monture et des verres correcteurs dont le prix de vente moyen est de 299€… Pour améliorer la couverture santé des Français, les régimes obligatoire et complémentaire doivent travailler ensemble à une meilleure régulation de ces marchés.« 
  • Préserver la solidarité : le refus du déremboursement : « Face aux inégalités sociales, je suis défavorable au déremboursement des petits soins. Ce n’est pas un projet radical, c’est un projet partial, injuste et inefficace. Le projet que je porte encourage l’accès de tous aux soins. Je m’engage à ce qu’il n’y ait aucun déremboursement de soins utiles durant mon quinquennat. C’est un engagement solennel et fondamental. » a-t-il confirmé à Nevers taclant ainsi le projet de François Fillon.
  • Lutter contre le gâchis : le médicament à l’unité : « Qui n’a pas chez soi une armoire à pharmacie remplie de médicaments ? sermonne-t-il. C’est un gâchis, et pour le porte-monnaie des Français et pour les comptes publics. Une expérimentation a déjà été lancée. Mais il faut aller beaucoup plus vite. Cela demandera une adaptation importante pour les industriels et les pharmaciens. »
  • Améliorer la prise en charge des soins 50 000 patients par an ont une forme sévère d’hypertension artérielle : « Ces patients ont besoin de beaucoup plus de consultations, d’examens, ou d’hospitalisations, et de beaucoup de traitements pour se soigner. Ils étaient pris en charge à 100% jusqu’en 2011, jusqu’à ce qu’un décret signé par François Fillon, contre l’avis unanime de la communauté médicale, ne les prive de cette couverture justifiée. Cette mesure d’efficacité et de justice coûtera moins de 20 millions d’euros chaque année. »

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Le budget de la santé dans le collimateur de la Cour des Comptes

Éditorial de la 367 Lorsque François Hollande promet de baisser l’impôt sur le revenu de 2 Md€ en 2017, heureusement, la Cour des Comptes est là pour nous rappeler que Noël n’est pas en été… L’ardoise des promesses non financées (prime à l’embauche, dégel du point d’indice, prime des profs, aides aux agriculteurs, etc.) se solde à près de 5 Md€ pour 2016. Et le dernier rapport annuel de la Cour des Comptes publié le 29 juin 2016 sur la situation et les perspectives des finances publiques a la froideur du baiser de Judas. Ancien apparatchik du secrétariat national du PS, chargé des questions de fiscalité et de budget, Didier Migaud, aujourd’hui à la tête de la Cour des Comptes, ne se gêne pas pour étriller avec verdeur les perspectives budgétaires (suite…)

Et si les « déserts médicaux » étaient un mirage ?

Si le territoire est aux confluences d’enjeux politiques parfois contradictoires, c’est certainement que la notion de territoire partage la même étymologie que celle de « terreur« . Mais l’actualité de la santé en France revient tellement sur le concept de « désert médical » qu’il convient de s’y arrêter quelques instants. A l’origine de cette expression, certainement l’ouvrage d’un géographe en 1947 qui marquera les scénarios d’aménagement du territoire successifs : « Paris et le désert français ». Il ne s’agissait pas encore d’un désert médical mais bien de territoires où la population n’avait pas les mêmes chances : l’objectif de l’aménagement du territoire est de combler ces « déserts » dans l’esprit volontariste de la IIIème République et des Droits de l’Homme. Question : alors que les politiques qui cherchaient des services publics de proximité n’ont pas réussi (suite…)

Des ours dans le désert

Éditorial de la 298 En décalant l’examen de son projet de loi, Marisol Touraine se laisse « un peu de mou« , comme le note Le Quotidien du Médecin, pour jauger de la mobilisation des professionnels de santé qui appellent à la grève le 15 mars prochain. L’Express n’hésite pas à dépeindre une ministre « sourde et dogmatique« , « extrêmement ferme » sur ses positions, qui a « agrégé les mécontentements » d’une base votant historiquement à droite. « Isolée et sans alliée« , les erreurs tactiques laissent penser à un « suicide »… Deux ans après le lancement du Pacte Territoire Santé, le député UMP du Rhône, Patrice Verchère, a demandé, lors des questions orales à l’Assemblée, un bilan de ces mesures . La secrétaire d’État chargée des droits des femmes, Pascale Boistard, s’est collée à cette périlleuse tache… Premier (suite…)

Démographie médicale : un médecin sur cinq est étranger

Le très sérieux et conservateur Conseil de l’Ordre des Médecins a l’art de la formule; au travers d’infographies colorées, le respectable Ordre nous apprend qu’aujourd’hui en France un médecin sur cinq est étranger. Hélas, ils ne soigneront pas notre désertification médicale puisque la plupart de ces nouveaux venus profitent plutôt d’un exercice salarié ou choisissent des régions d’exercice déjà sur-dotées… Faut-il s’alarmer de cette tendance grandissante ? Lire : La révolution du premier recours L’immigration, sujet d’actualité Cette semaine, certainement pour étayer les analyses du CNOM, c’est l’INSEE qui publie un rapport sur les flux migratoires en France. On y apprend qu’au début de l’année 2013, « 5,8 millions d’immigrés vivaient sur le territoire français, soit 8,8 % de la population résidant en France. C’est 800 000 de plus qu’en 2004 ; ils représentaient alors 8,0 (suite…)

Médecine de proximité : la longue histoire d’un fiasco d’État

Présentée comme une catastrophe, la désertification médicale des territoires n’a pas tenu compte d’une transformation profonde de la médecine.

Les questions posées sur la démographie médicale qui, de fil en aiguille, aboutissent aujourd’hui à celles sur une restructuration en profondeur des soins de premiers recours, ne datent pas d’hier. Elles émergent par secousses telluriques depuis une vingtaine d’années dans un contexte largement dominé par l’idée que l’offre crée la demande et que le déficit récurrent de l’assurance maladie ne saurait trouver d’autres explications que dans un excès de médecins.

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