Tag archives : assurance maladie

Vagues, houle et ressac

Éditorial de la 304 Caractéristique déjà ancienne de notre démocratie qui n’en a plus que l’apparence, la direction du pays, incapable de mesurer la réalité du terrain, se complaît dans une espèce de schizophrénie paranoïde l’empêchant de comprendre réellement les aspirations des Français. Car quoi, sur quel indicateur ce week-end les partis politiques ont-ils braqué leur lorgnette ? Sur le résultat d’élections dont un Français sur deux se moque royalement, convaincu que les conseillers généraux dont on ne connaît le plus souvent ni le nom ni le rôle ne servent qu’à dépenser l’argent public. Comme le titre Le Monde du 23 mars  « c’est une élection sans perdant », car qui peut gloser sur ces résultats ? Le Front National évidemment qui ne rate jamais une vaguelette pour surfer sur le ras-le-bol, (suite…)

Poudre et mèche courte

Éditorial de la 290 Claironnée par la presse, l’embellie économique annoncée par l’INSEE pour 2015 au grand dam des déclinologues patentés qui auront fini par donner le bourdon aux Français, donne du baume au cœur au président qui remonte de deux points dans les sondages. De là, pour certains, à imaginer que François Hollande se met en piste pour 2017… Comme le lui fait dire Anne Roumanoff dans Le Journal du Dimanche du 21 décembre : « ma nouvelle stratégie : Macron au charbon, Valls aux commandes et moi en voyage ». L’année qui vient de s’écouler, au-delà des gesticulations politiques qui n’auront eu d’autres conséquences que de détourner un peu plus les citoyens de leurs élus (et de l’idée chère à Victor Hugo que « les bulletins de vote en démocratie se (suite…)

Patients révoltés, patients survoltés

La troisième leçon de notre raccourci sur le système de santé français porte encore sur le patient tant il est vrai que celui-ci tient une grande place dans le système. Il est une tautologie de dire que sans les malades, il n’y aurait point de médecins et donc, pas de système de santé.
Si ce chapitre s’intitule « le patient révolté » c’est bien parce que, souvent malgré lui, on lui donne des allures de révolutionnaire. Pour preuve : le rapport remis par Claire Compagnon à Marisol Touraine ministre de la santé en février 2014, porte le nom explicite de « pour l’An II de la démocratie sanitaire« , référence à la période révolutionnaire la plus tragique de l’histoire de la France. Ce rapport promet rien moins que de servir à « une refondation de notre système de santé« .

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Les roublards et les balourds

Editorial de la 278 Le plan tabac présenté cette semaine par Marisol Touraine donne à son auteure une dimension qu’on ne lui connaissait pas. Voilà enfin une ministre qui ne passe pas son temps à régler son compte à contretemps à une droite devenue de toute façon moribonde. Nous le disions dans nos papiers précédents, fascinée, comme Hollande, par une revanche inespérée sur une droite insolente et tapageuse, la ministre de la santé ne pouvait s’empêcher de gloser sur le passé et de provoquer sur le futur. D’ailleurs, le débat au printemps sur sa loi de santé promet bien des escarmouches. Nous apparaît aujourd’hui une ministre porteuse de consensus. On en viendrait presque à l’unité nationale, comme pour les frappes en Irak. «J’ai choisi mon camp, celui de la santé (suite…)

Assurance maladie : …de mort lente

Le rapport de la Cour des comptes sur l’exécution du LFSS 2013 continue de lancer ses flèches empoisonnées sur une institution moribonde.

Aussi bien le chef de l’Etat dans sa conférence de presse que le premier ministre dans sa déclaration de politique générale, défendent le « modèle social français ». Parée des vertus que procure une formule aussi magique, cette attitude n’en est pas moins vide de sens. Elle interdit toute évolution et laisse à l’Etat le dernier mot.
Les dernières déclarations du Medef sont pour le moins provocatrices mais, quelques mois auparavant, l’équipe de Gattaz avait produit un rapport plutôt intéressant, voué à l’indifférence générale des pouvoirs publics.

Lire notre article "MEDEF, le retour"

Il faut s’en persuader, le modèle français (en tout cas l’assurance maladie) n’existe plus depuis longtemps. Faut-il voir dans la disparition cette semaine d’André Bergeron, « le petit père du syndicalisme français » comme se plaît à le rappeler Le Figaro, quelques mois seulement après celle de Marc Blondel, la datation précise de l’extinction des derniers pachydermes de notre protection sociale.

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Juppé et ses tontons flingueurs

Le rapport de la Cour des Comptes sur la politique conventionnelle, probablement rédigé par les acteurs des ordonnances de 96, intervient au moment où justement Juppé annonce son entrée en lice pour 2017 Dans le théâtre de marionnettes de la politique française, en pleine déconfiture, quelques Guignols disparaissent à gauche tandis que Gnafron, à droite, gesticule pour revenir en scène. Malgré les faux pleurs de Madelon et les coups de bâton de Flageolet le gendarme, le public ne rit plus. Au fond du trou (la stagnation économique masque en fait une réelle récession), la France aurait sûrement besoin d’un consensus politique autour d’un exécutif déjà contesté et bien impuissant, à qui il est facile il est vrai d’imputer les 30 dernières années de gabegie publique. Hubert Védrine dans un petit (suite…)

Celle de 14

Edito 267 Déférence gardée envers Maurice Genevoix si notre papier d’aujourd’hui emprunte à l’écrivain le titre de son recueil de guerre (Ceux de 14, Recueils de guerre, 1941), mais l’enlisement que nous montrent les responsables du pays dans la conduite des affaires ressemble au bourbier de la grande guerre. Quand on relit les déclarations belliqueuses de notre ministre de la santé, Marisol Touraine, d’il y a trois ans, encore à l’époque poilue du PS, contre l’inégalité d’accès aux soins, le déficit de la sécu et le lourd héritage de ses mauvais prédécesseurs, il est difficile d’imaginer qu’il s’agit de la même personne. Le blog de cette strausskahnienne repentie, répertorie sans vergogne depuis 2010 ses déclarations successives, même si la liturgie des premières n’a plus rien à voir avec celle des (suite…)

Sous les Juppé des défis

Éditorial de la 265 Mauvais calembour direz-vous ? Pas aussi mauvais que le rappel par le maire de Bordeaux sur France Culture le 20 juin dernier de son plan éponyme, qui avait réussi en 1995 à paralyser le pays et à mettre dans la rue, bras dessus bras dessous, les médecins de la CSMF et les cheminots de la CGT. Car enfin, si tout le monde s’accorde sur le constat d’un vide sidéral de la stratégie nationale de santé présentée la semaine dernière par la ministre de la santé (sauf peut-être le think tank des Échos), lui, Alain Juppé, l’homme des défis manqués qui n’en finit pas de terrasser ses démons, accorderait grâce au non-plan de son homologue de normale-sup, Marisol Touraine. Il n’est pas difficile de se rendre compte (suite…)

Discours de ministres : dix ans de mots

A quelques encablures de la présentation par Marisol Touraine de sa « stratégie nationale de santé » (le 17 juin) le survol des discours de nos ministres depuis une décennie nous laisse plutôt perplexes.

L’un des avantages d’Internet est de retrouver presque tout dans les archives de la République. Les discours prononcés par nos ministres de la santé successifs sont conservés dans leur poussière originelle et, avec un peu de chance, une vidéo de l’événement  fournit la mise en scène. Quant aux scénaristes et dialoguistes, les « plumes » discrètes tapies dans les ailes des cabinets ministériels, ils ont généralement disparu des génériques.

Les forçats des cabinets ministériels le savent tous : un discours n’est pas une circulaire, on ne met pas six mois pour la rédiger. « De toute façon, dit Alain Coulomb dans ses inimitables démonstrations, « les circulaires sont faites pour tourner en rond, et les arrêtés pour ne pas bouger !« . Ni planifié, ni même parfois seulement prévu, le blabla d’un ministre s’écrit sur un coin de table, ou sur les genoux dans la voiture, avec une seule consigne : effacer toute trace d’improvisation.
On mesure mal sans doute l’étonnante capacité des occupants des soutes ministérielles à établir toutes les connexions nécessaires. Les présidents de la République sont bien évidemment mieux armés que leurs ministres, fussent-ils bien placés dans l’ordre protocolaire. Sarkozy, le président en mouvement permanent, avait l’habitude d’envoyer quelques éclaireurs discrets sur les lieux d’une improbable visite. On se souvient par exemple de sa visite à Bletterans dans le Jura en octobre 2008 pour lancer son opération anti-désertification médicale. Avant lui, Chirac missionnait son conseiller, Frédéric Salat-Baroux, devenu plus tard secrétaire général de l’Élysée et même gendre du président, pour investir les nombreux réseaux chiraquiens. Le discours de reconquête du corps médical en 2002 après les affres du plan Juppé ne méritait-il pas le plus grand soin !

Lire : la révolution du premier recours.

Les ministres de la santé sont moins bien lotis. Sur des sujets aussi variés et des problèmes aussi nombreux, un ministre de la santé, au pire simple « ministre délégué » d’une star, au mieux ministre omnipotent sur le champ de la solidarité, est une machine à parlotte. Avec cette règle immuable : bien connaître les dossiers.

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L’hôpital, rien que l’hôpital

La FHF revendique une plus grande liberté de gestion et une diminution sensible de la pression de la tutelle de l’État au prix d’une politique de terre brûlée à l’égard de la médecine de ville. Opportune austérité Le registre lexical du document de la FHF peut surprendre. Comme si plusieurs mains avaient participé à la construction de l’édifice sans un plan de masse commun tant il renferme de contradictions. Le texte de la FHF commence par un paradoxe : le plan de redressement présenté par Manuel Valls « peut devenir une chance pour le secteur hospitalier« . Assertion assez redoutable car si l’on se réjouit de réduire la production des soins au nom des économies utiles, c’est qu’assurément on ne se sent pas concerné. Les économies sont pour les autres. « En clair, (suite…)

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