Tag archives : ARS

L’art du siphonnage

Éditorial de la 362 Les Français sont des combinards. C’est Google qui nous le dévoile. Les recherches sur le moteur de recherche pour savoir « comment siphonner un réservoir d’essence » ont explosé ces derniers jours. Dernier épisode enregistré par Google en 2010 lorsque le gouvernement Fillon a souhaité relever l’âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans. La Ministre de la Santé, qui inaugurait la Paris Healthcare Week, s’est aussi livrée à un siphonnage : celui des agences régionales de santé. Philippe Rollandin nous livre son analyse sur cette mort (presque) annoncée des ARS nées en 2010 (tiens ! d’ailleurs Google lui donnerait raison…). Autre siphonnage : celui du porte-feuille des Français par la fiscalité des collectivités locales. Aujourd’hui s’ouvre également le congrès des maires; l’occasion de relever que la fiscalité ne s’est (suite…)

Les ARS au défi de la réforme territoriale

Éditorial de la 326 C’est très discrètement que se joue la recomposition de la carte de la réforme territoriale qui a fait disparaître 9 agences régionales de santé. Selon un rapport inter-inspections sur la réorganisation régionale de l’État publié en mai dernier, cela impacterait plus de 10 000 agents. Vendredi 31 juillet, le dernier conseil des ministres avant la trêve estivale a été très clair : « La réforme fait disparaître 9 postes de préfets de région et de directeurs généraux d’agence régionale de santé et 63 postes de directeurs régionaux des administrations de l’État, ainsi que leurs états-majors. Ainsi dans chaque région fusionnée, il y aura l’an prochain un seul préfet de région, un seul recteur de région académique, un seul directeur général d’agence régionale de santé et un seul directeur (suite…)

Saint-Siège des ARS : fumée blanche pour Montpellier ?

En Avignon, le festival « In » vient tout juste de tirer le rideau sur la scène de la Cour d’Honneur du Palais des Papes et le « Off » de refermer les portes des arrières cuisines, mini-théâtres où, dans la chaleur de l’été, des centaines d’artistes ont transpiré le meilleur d’eux mêmes devant un public toujours plus averti. Le cru « In » 2015 ne fut pas exceptionnel. Le « Off », quant à lui, nous révélait de merveilleux calices à déguster… mais santé oblige, surtout pas jusqu’à la lie ! Pendant ce temps, nos gouvernants, Prélats de la réforme territoriale du Pays, finissaient de mijoter le dernier acte autour de la question du futur « Saint-Siège » des administrations des nouvelles grandes régions ; comme au temps du (suite…)

Réseaux démences : un dément… démantèlement

L’arrêt du financement par les ARS de certains réseaux de santé pose problème à des centaines de médecins. Les neurologues dans les réseaux Alzheimer en font partie Dans le début des années 2000 une multitude de réseaux de soins, devenus « réseaux de santé », voit le jour avec une frénésie due la création d’un fonds salvateur : le FAQCSV (fonds d’amélioration de la qualité et de la coordination des soins de ville), opportune poire pour la soif dédiée aux médecins libéraux en mal d’innovation. Et il est vrai que, en dehors de quelques cas farfelus, la plupart des projets présentés à l’époque aux URCAM révélaient un dynamisme des médecins libéraux peu connu. Comme les oncologues, montrant la voie aux autres à la faveur d’un Plan Cancer très tôt soutenu par les pouvoirs (suite…)

Conventionnement des professions libérales : vers la fin d’un système ?

La Cour des Comptes apporte un éclairage meurtrier sur les dysfonctionnements du dispositif de conventionnement entre libéraux et assurance maladie.

Dans un rapport au vitriol, les Cerbères de la Cour des Comptes détaillent sans détour le fonctionnement des conventions établies depuis 2004 entre l’assurance maladie et les professions libérales. Rendu public en juillet dernier, le document apporte un éclairage au xénon sur les dysfonctionnements et les freins de ce dispositif conventionnel devenu à son goût un « jeu d’acteurs complexe dans un paysage brouillé » (p.10). Le rapport comporte 4 chapitres : une présentation du fonctionnement des conventions depuis la loi HPST, leur impact sur les rémunérations des professionnels ainsi que sur l’accès aux soins des usagers, des pistes de réformes pour faire évoluer l’organisation de soins. Mais, au-delà de ces honnêtes conclusions, pour les auteurs, la solution est simple : seul le retour d’un État fort dans les négociations permettra de garantir l’accès aux soins pour tous et une maîtrise des risques.

Les origines du conventionnement des professions libérales

Les Tables de la Loi de la médecine libérale remontent à une charte établie en 1927 par les premiers syndicats de médecins, gravant dans le marbre ces 4 principes fondateurs : la liberté totale d’installation, la liberté de prescription, la liberté de fixation des tarifs par entente directe et le secret professionnel. Mais, progressivement, à partir de 1945, l’émergence des négociations conventionnelles permettent d’encadrer les dépassements d’honoraires et d’asseoir les bases de remboursement. D’abord départemental, le conventionnement, instauré par l’ordonnance du 19 octobre 1945 introduisant la notion de tarif opposable, devient en 1971 national. C’est ainsi la loi du 3 juillet 1971 qui pose le cadre national entre les libéraux et l’assurance maladie : un tarif unique garantissant un accès aux soins des assurés par un remboursement aux professionnels. Initiées par les médecins, ces conventions nationales sont conclues également avec les autres professions de santé (les infirmiers en 1972, les chirurgiens-dentistes en 1975). Mais en 1980, un secteur 2 est créé pour la médecine libérale, un « secteur conventionné à honoraires libres » où les dépassements sont autorisés, puis restreint en 1990 en raison de son succès.

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Juppé et ses tontons flingueurs

Le rapport de la Cour des Comptes sur la politique conventionnelle, probablement rédigé par les acteurs des ordonnances de 96, intervient au moment où justement Juppé annonce son entrée en lice pour 2017 Dans le théâtre de marionnettes de la politique française, en pleine déconfiture, quelques Guignols disparaissent à gauche tandis que Gnafron, à droite, gesticule pour revenir en scène. Malgré les faux pleurs de Madelon et les coups de bâton de Flageolet le gendarme, le public ne rit plus. Au fond du trou (la stagnation économique masque en fait une réelle récession), la France aurait sûrement besoin d’un consensus politique autour d’un exécutif déjà contesté et bien impuissant, à qui il est facile il est vrai d’imputer les 30 dernières années de gabegie publique. Hubert Védrine dans un petit (suite…)

MEDEF, le retour

Après un long silence, les patrons de l’hexagone s’intéressent à nouveau à la bonne santé des Français. Quand les stars du CAC tracent un « cap » qui décape. On les avait perdus de vue. Les vieux barons du CNPF avaient pris de la bouteille, les anciens « maîtres de forge » de la vieille UIMM étaient même morts avec la fermeture des usines. La désindustrialisation de la France avait fait émerger une nouvelle génération de patrons aux neurones davantage câblés sur les marchés financiers que sur le bien-être des salariés. Le couple FO/CNPF a fonctionné pendant plus de 25 ans jusqu’à son coup de grâce dans la décennie 90. Relisez l'article : « Blondel, la mort d’un éléphant » Devenue MEDEF, l’organisation patronale a gardé un œil sur les URSSAF, mais s’est évertuée à dénoncer (suite…)

L’hôpital, rien que l’hôpital

La FHF revendique une plus grande liberté de gestion et une diminution sensible de la pression de la tutelle de l’État au prix d’une politique de terre brûlée à l’égard de la médecine de ville. Opportune austérité Le registre lexical du document de la FHF peut surprendre. Comme si plusieurs mains avaient participé à la construction de l’édifice sans un plan de masse commun tant il renferme de contradictions. Le texte de la FHF commence par un paradoxe : le plan de redressement présenté par Manuel Valls « peut devenir une chance pour le secteur hospitalier« . Assertion assez redoutable car si l’on se réjouit de réduire la production des soins au nom des économies utiles, c’est qu’assurément on ne se sent pas concerné. Les économies sont pour les autres. « En clair, (suite…)

Les étranges convergences entre le MEDEF et la FHF

À quelques semaines d’intervalle, la Fédération Hospitalière de France et le MEDEF publient leur plateforme respective. On y relève quelques étonnants points communs.

La Lettre de GaliléeAllons donc ! Ne nous mettons pas à imaginer que les scribouillards de la Fédération Hospitalière de France et les gratte-papier du Medef se réunissent à la nuit tombée pour tremper leur plume dans le même encrier quelque part entre l’avenue Bosquet et la rue Cabanis.
Notons seulement qu’à la lecture des propositions de la FHF, présentées par son fringant président, Frédéric Valletoux, le 11 avril dernier, on y pêche quelques similitudes avec la « contribution du Medef au débat sur la stratégie nationale de santé » parue en février dernier.

Lire : Touraine en mode mineur

Desserrer l’étau de l’État

O n peut s’en douter, quand l’État annonce 10 milliards d’économie sur l’assurance maladie, on entend rugir des sauve-qui-peut dans les fonds de cales. Même s’il n’est pas facile à identifier, le plan de redressement économique annoncé par le premier ministre aura au moins la vertu de stimuler les cerveaux de l’intelligentsia sanitaire pour trouver des exécutoires et sauver son pré-carré.

La FHF en vient à considérer le plan comme une chance pour l’avenir du secteur hospitalier.

La FHF en vient à considérer le plan comme « une chance pour l’avenir du secteur hospitalier. En clair, il s’agit de faire rapidement des économies à court terme, comme la lutte contre les prescriptions inutiles, tout en mettant fin à l’inflation de procédures bureaucratiques source de surcoûts prohibitifs ».

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L’étrange destin du commandant Rocky

L’information a déjà circulé sur les réseaux sociaux et dans les principaux quotidiens, c’est maintenant confirmé : Frédéric Van Roekeghem quitte la CNAMTS. Trop c’est trop Libération le voyait émigrer pour diriger Malakoff Médéric et succéder à Guillaume Sarkozy, le frère de Nicolas, patron de ce grand groupe mutualiste depuis plusieurs années. Mais cette information, présentée par le quotidien comme un scoop, datait du 13 avril 2013 et était démentie le lendemain même par l’Argus de l’assurance, affirmant que « le bureau de la sommitale, et tous les présidents des institutions et commissions, ont d’ailleurs eu l’occasion la semaine dernière encore de valider les orientations stratégiques et managériales proposées par le délégué général. » En réalité, certains ont pris leurs désirs pour des réalités au point de rêver tout haut d’un point de (suite…)

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