Tag archives : agence régionale de santé

Mais où donc est passé notre beau modèle sanitaire français ?

Éditorial de la 488ème Il n’y a pas si longtemps, il était fréquent d’entendre que le système de santé français était le meilleur du monde, l’un des plus chers certes grâce à une sécu généreuse, mais dont la qualité était enviée par de nombreux pays. Cocorico. De réformes en réformes (une en moyenne tous les cinq ans), de ministres en ministres (un ou une en moyenne tous les deux ans et demi), de grèves en grèves (on ne les compte plus), voilà le maçon au pied du mur : un virus venu de Chine d’une contagiosité extrême, une situation inconnue depuis la grippe espagnole de 1918, et voilà, patatras, rien ne marche, notre beau modèle de gouvernance sanitaire démontre son inanité. La tête de l’État monte aux créneaux pour calmer les (suite…)

Le pataquès de l’ARS

Éditorial de la 475ème Lundi 21 octobre, l’Agence Régionale d’Ile-de-France a décidé d’annuler la procédure de choix de postes pour les 490 internes en médecine générale de la région francilienne pour le semestre d’hiver 2019. Dans What’s Up Doc?, Aurélien Rousseau, le DG de l’ARSIF, « reconnai la responsabilité de premier plan dans ce dossier » : « lors de la réunion de répartition, les représentants des hôpitaux généraux, le coordonateur de l’AP-HP, les représentants des spécialités, les syndicats d’internes, l’ont validée, mais c’est nous qui aurions dû être la corde d’appel » explique-t-il. Comment en est-on arrivé là ? Quelques jours auparavant, dans un communiqué, une vingtaine de chefs de service de pédiatrie d’Ile-de-France avaient tiré la sonnette d’alarme concernant le manque d’internes de médecine générale pour cet hiver, craignant une « crise sanitaire ». Aurélien Rousseau, dans (suite…)

L’art du siphonnage

Éditorial de la 362 Les Français sont des combinards. C’est Google qui nous le dévoile. Les recherches sur le moteur de recherche pour savoir « comment siphonner un réservoir d’essence » ont explosé ces derniers jours. Dernier épisode enregistré par Google en 2010 lorsque le gouvernement Fillon a souhaité relever l’âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans. La Ministre de la Santé, qui inaugurait la Paris Healthcare Week, s’est aussi livrée à un siphonnage : celui des agences régionales de santé. Philippe Rollandin nous livre son analyse sur cette mort (presque) annoncée des ARS nées en 2010 (tiens ! d’ailleurs Google lui donnerait raison…). Autre siphonnage : celui du porte-feuille des Français par la fiscalité des collectivités locales. Aujourd’hui s’ouvre également le congrès des maires; l’occasion de relever que la fiscalité ne s’est (suite…)

Marisol Touraine enterre les ARS

Inaugurant la Parishealthcareweek et intervenant pour la dernière fois à Hôpital Expo, mardi 24 mai, la Ministre de la santé s’est livrée à un bilan en forme de plaidoyer pro domo de son action depuis 2012 sur le terrain hospitalier et a dénoncé, à demi-mots, les projets des candidats -potentiels ou déclarés – de l’opposition à l’élection présidentielle de 2017. Le point d’orgue de son intervention a été le service après-vente de la loi santé qui porte son nom. Selon la ministre, avec ce texte, un avenir radieux s’ouvre pour les hôpitaux, par la vertu magique des GHT, les groupements hospitaliers de territoire qui vont se mettre en place le 1er juillet prochain. Articulés autour d’un hôpital-pivot, les établissements hospitaliers ainsi associés vont pouvoir développer des projets stratégiques et médicaux territoriaux (suite…)

Réforme territoriale de l’Etat et des ARS : le nombril du monde !

Accouchées au forceps, sept nouvelles régions ont vu le jour le 1er janvier 2016. C’est avec beaucoup de diligence que des Hauts fonctionnaires ont préparé la réorganisation des services de l’Etat dans ces régions. Lire : Cure d'amaigrissement pour nos régions ? C’est droit dans leurs bottes que les Préfets et Directeurs des nouvelles régions communiquent dans la presse quotidienne régionale pour expliquer que la réorganisation des services de l’Etat et autres administrations est bouclée. Alors aux manettes de la phase de préfiguration, c’est à coup de cravaches que ces Hauts fonctionnaires ont préparé, depuis avril dernier, la fusion des services. Il faudrait être sot pour croire que tout est achevé. Ces services ne sont qu’au début d’un long chantier où il s’agira de mettre au point des nouvelles procédures (suite…)

Les ARS au défi de la réforme territoriale

Éditorial de la 326 C’est très discrètement que se joue la recomposition de la carte de la réforme territoriale qui a fait disparaître 9 agences régionales de santé. Selon un rapport inter-inspections sur la réorganisation régionale de l’État publié en mai dernier, cela impacterait plus de 10 000 agents. Vendredi 31 juillet, le dernier conseil des ministres avant la trêve estivale a été très clair : « La réforme fait disparaître 9 postes de préfets de région et de directeurs généraux d’agence régionale de santé et 63 postes de directeurs régionaux des administrations de l’État, ainsi que leurs états-majors. Ainsi dans chaque région fusionnée, il y aura l’an prochain un seul préfet de région, un seul recteur de région académique, un seul directeur général d’agence régionale de santé et un seul directeur (suite…)

Saint-Siège des ARS : fumée blanche pour Montpellier ?

En Avignon, le festival « In » vient tout juste de tirer le rideau sur la scène de la Cour d’Honneur du Palais des Papes et le « Off » de refermer les portes des arrières cuisines, mini-théâtres où, dans la chaleur de l’été, des centaines d’artistes ont transpiré le meilleur d’eux mêmes devant un public toujours plus averti. Le cru « In » 2015 ne fut pas exceptionnel. Le « Off », quant à lui, nous révélait de merveilleux calices à déguster… mais santé oblige, surtout pas jusqu’à la lie ! Pendant ce temps, nos gouvernants, Prélats de la réforme territoriale du Pays, finissaient de mijoter le dernier acte autour de la question du futur « Saint-Siège » des administrations des nouvelles grandes régions ; comme au temps du (suite…)

Conventionnement des professions libérales : vers la fin d’un système ?

La Cour des Comptes apporte un éclairage meurtrier sur les dysfonctionnements du dispositif de conventionnement entre libéraux et assurance maladie.

Dans un rapport au vitriol, les Cerbères de la Cour des Comptes détaillent sans détour le fonctionnement des conventions établies depuis 2004 entre l’assurance maladie et les professions libérales. Rendu public en juillet dernier, le document apporte un éclairage au xénon sur les dysfonctionnements et les freins de ce dispositif conventionnel devenu à son goût un « jeu d’acteurs complexe dans un paysage brouillé » (p.10). Le rapport comporte 4 chapitres : une présentation du fonctionnement des conventions depuis la loi HPST, leur impact sur les rémunérations des professionnels ainsi que sur l’accès aux soins des usagers, des pistes de réformes pour faire évoluer l’organisation de soins. Mais, au-delà de ces honnêtes conclusions, pour les auteurs, la solution est simple : seul le retour d’un État fort dans les négociations permettra de garantir l’accès aux soins pour tous et une maîtrise des risques.

Les origines du conventionnement des professions libérales

Les Tables de la Loi de la médecine libérale remontent à une charte établie en 1927 par les premiers syndicats de médecins, gravant dans le marbre ces 4 principes fondateurs : la liberté totale d’installation, la liberté de prescription, la liberté de fixation des tarifs par entente directe et le secret professionnel. Mais, progressivement, à partir de 1945, l’émergence des négociations conventionnelles permettent d’encadrer les dépassements d’honoraires et d’asseoir les bases de remboursement. D’abord départemental, le conventionnement, instauré par l’ordonnance du 19 octobre 1945 introduisant la notion de tarif opposable, devient en 1971 national. C’est ainsi la loi du 3 juillet 1971 qui pose le cadre national entre les libéraux et l’assurance maladie : un tarif unique garantissant un accès aux soins des assurés par un remboursement aux professionnels. Initiées par les médecins, ces conventions nationales sont conclues également avec les autres professions de santé (les infirmiers en 1972, les chirurgiens-dentistes en 1975). Mais en 1980, un secteur 2 est créé pour la médecine libérale, un « secteur conventionné à honoraires libres » où les dépassements sont autorisés, puis restreint en 1990 en raison de son succès.

Lire la suite…

Limogeage de Christophe Jacquinet : précisions

Nous publions ci-dessous le texte de M. Jacquinet reçu sur notre site à la suite de notre article de la semaine dernière ainsi que quelques liens utiles sur les interviews accordées à nos confrères. Lire : ARS Rhône-Alpes : les dessous d'un limogeage « Bonjour à toute votre équipe. Difficile d’être juge et partie, quand aux réactions sur mon départ. On vient de m’adresser votre papier à ce sujet. Je vous écris parce que je souhaite vous remercier d’avoir relevé que quelque soit mon parcours de formation (avant ma formation à Sciences-Po puis à Dauphine, j’ai fait médecine, je crois connaitre les professionnels de santé)ou mon parcours professionnel dans le secteur privé lucratif et aussi non lucratif, j’ai tout tenté pour faire valoir la nécessité absolue – de mon point de (suite…)

Le Sénat au chevet des ARS

Éditorial de la 248 Alors que, plutôt visionnaire, Hubert Védrine, l’ancien ministre des affaires étrangères de Mitterrand fait la promotion de son dernier livre « la France au défi » dont la lecture est plutôt recommandée aux hypochondriaques de l’économie politique française, le Sénat dans un énième rapport sur le sujet, dresse un bilan des ARS. Comme si cohabitaient deux mondes politiques : ceux qui cherchent de réelles solutions pour sortir la France du trou, au prix de quelques concessions idéologiques comme celle d’une entente nationale sur la réforme de l’État-providence; et ceux qui continuent plan-plan à ausculter le minotaure. Le rapport de nos honorables sénateurs se range sur les rayonnages poussiéreux des seconds. Leur pensum ne nous apprend hélas rien que nous ne sachions déjà. Depuis qu’un autre visionnaire, (suite…)

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer