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Santé et politique : le zéro et l’infini

Éditorial de la 397

On apprend cela dès la classe de primaire, "la droite est infinie". Et on peut certainement y croire à en juger de l'ardeur et de la ténacité d'un François Fillon qui s'obstine à rester dans la course. Malgré tout, comme le note Paul-Henri du Limbert dans son éditorial du Figaro d'hier, "le moral de l'électeur de droite oscille entre l'abattement et la révolte. (...) On lui promettait une victoire sans coup férir pour le mois de mai. Tout était prêt. L'opposition avait son champion, François Fillon, la majorité avait son candidat de substitution à François Hollande, Emmanuel Macron. Du second, le premier ne ferait qu'une bouchée au premier tour, pour l'emporter quinze jours plus tard face à Marine Le Pen. Mais le «Penelopegate» a rebattu toutes les cartes. (...) Si la droite perdait en mai pour des raisons de seules circonstances, la France repartirait pour cinq nouvelles années de malentendus mortifiées et reporterait d'autant les solutions aux maux qui la minent, au risque de les rendre inguérissables." Bref. N'en déplaise à Euclide, la droite est finie. Car même si Sens Commun a réuni auprès de François Fillon quelques milliers de fidèles à l'heure des Vêpres dominicales, à cinq jours de sa défaite de 2012, Nicolas Sarkozy en avait attiré quatre fois plus.

En attendant, chacun se résout progressivement à ce que le programme des candidats flatte plus les électeurs qu'il ne cherche véritablement à réformer en profondeur. Et on tente vainement d'obtenir quelques billes de la fin du quinquennat actuel. Les hôpitaux publics et les cliniques privées -c'est assez rare- unissent leur voix pour dénoncer l'avenir que leur réserve le plan d'économies triennal dont les ultimes arbitrages seront prochainement dévoilés par le Ministère de la Santé. L'hôpital dont les enjeux sont concrètement peu évoqués par les candidats aux Présidentielles : comme le note Étienne Lefebvre dans Les Échos, "la tension budgétaire et sociale dans les établissements de santé n'est pourtant guère présente dans le débat de la présidentielle, qui s'est focalisé sur la place des mutuelles. Mais le dossier de l'hôpital sera sur le haut de la pile du prochain président."

Vendredi dernier, après la pression des étudiants en odontologie sur le Ministère de la Santé, ce sont les principaux syndicats de dentistes qui ont appelé à la grève pour dénoncer l'arbitrage dont fera l'objet la convention dont les négociations avec la CNAMTS avaient échoué. Les dentistes montrent les dents, titraient les journaux. On attend avec impatience la manifestation des sages-femmes...

Comme le rappelait Konrad Adenauer, le chancelier allemand, il est extrêmement difficile de faire passer une réforme auprès de professionnels de santé qui voient 30 patients par jour. Ils seraient un vecteur de contestation trop inflammable... Alors on recycle du déjà cuit : Macron veut doubler le nombre de maisons de santé (créées par Bachelot avec la loi HPST), Mélenchon veut rallonger le montant et la durée du Contrat d'Engagement de Service Public (créées aussi par Bachelot avec la loi HPST)... En matière de santé, on fait de la politique Polly Pocket. Et on n'est pas encore sorti du hollandisme.

Crédits photos : Becka Spence.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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