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La santé en panne d’innovation ?

Dans le contexte politique et économique actuel, bien morose, d'aucuns cèdent volontiers au pessimisme ambiant et à la critique facile. La ménagère n'écoute plus les commentaires alarmistes d'un David Pujadas annonçant que la dette publique française a dépassé les 2 000 milliards d'euros au deuxième trimestre 2014; ni même l'humour grinçant d'un Jean-Michel Apathie brandissant un rapport du Sénat affirmant que ladite dette est de l'argent sale détenu par le Luxembourg, le Royaume-Uni et les Îles Caïmans.  Tant qu'il y aura du pain sur la table, on ne sera toujours pas surpris par des annonces à venir, encore plus catastrophiques. Les chiffres sont tellement abyssaux que le "trou de la sécu" est devenu un incontournable des comptoirs.  Et dans un élan très schopenhauerien, les Français se conforment à la doxa médiatique : il n'y a pas pire que le monde dans lequel nous vivons, alors cédons au pessimisme et à la résignation obscure. Autant donc scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Et la santé n'y coupe pas.

Les réputations des siècles ne se sont pas faites une fois pour toutes. La postérité ne ratifie pas toujours l'appréciation des contemporains et c'est tant mieux, car ils ne sont pas nécessairement bons juges. Leurs descendants se ravisent parfois et révisent les réputations les mieux établies. (...) Cette disposition à accuser le passé n'est pas sans conséquences sur l'image du siècle : cette propension à revenir sur lui ne s'applique qu'à ses noirceurs et à ses horreurs. Les procès ne mettent en scène que les criminels présumés. Comment notre vision du siècle qui s'achève n'en serait-elle pas impressionnée et passablement biaisée ?

René Rémond, Regard sur le siècle, pp.39-42.

Chronique d'une mort annoncée ?

Civilization-West-and-the-Rest-Niall-Ferguson-Tantor-Audio-booksL'historien Niall Ferguson s'interroge dans son dernier ouvrage intitulé Civilisations, l'Occident et le reste du monde aux éditions Saint-Simon, sur les différents bouleversements et révolutions qui ont amené l'Europe occidentale à  dominer unilatéralement le monde pendant 5 siècles. Avant la Renaissance, le centre du pouvoir n'appartenait pas à l'Europe. Et l'historien détaille ainsi, au cours de près de 300 pages bourrées d'érudition, les six ruptures conceptuelles libérales qui ont permis à quelques petits pays européens de prendre le pouvoir et de renverser complètement l'ordre du monde. Pour l'auteur, la concurrence, la science, la propriété, la médecine -et l'amélioration constante de l'espérance de vie, puis la société de consommation et la mondialisation ont été les ingrédients utiles, à partir du XVIIIème siècle, à la domination de l'Occident. Mais, hélas, Niall Ferguson propose une conclusion lapidaire et sans concession : aujourd'hui, "les Européens sont désormais les oisifs de ce monde". Le système se déglingue et le déclin de l'Europe est irrémédiablement enclenché depuis quelques dizaines d'années.

Lire : Piketty, Pisani et le Pape

Le déclin de la France depuis 40 ans, c'est aussi le sujet du dernier livre-phénomène d'Éric Zemmour. Selon Le Point, le Suicide français publié chez Albin Michel est en train de battre tous les records de vente avec près de 150 000 ouvrages vendus par jour... Au-delà du phénomène éditorial, cela interroge sur le sentiment de mal-être des Français. Car il s'agit tout de même d'un pavé de 500 pages à 22,90€...

 

10 janvier 1991 : Évin for ever

Claude Évin fut un précurseur. En France. (...) Les lois se multiplieraient, les campagnes dites de "santé publique" se succéderaient sans relâche; il faudrait en finir avec la cigarette, réduire notre consommation d'alcool, manger cinq fruits et légumes par jour, marcher trente minutes par jour, bouger, mettre un préservatif pour éviter le sida, prévenir le cancer du sein et de l'utérus, surveiller son taux de cholestérol et sa tension, mettre sa ceinture de sécurité au volant, son casque à moto, réduire sa vitesse sur les routes. L'État voulait notre bien. (...) En 2002, à peine réélu, le président Chirac annoncera les trois priorités de son quinquennat qui s'ouvrait : lutte contre le cancer, lutte contre l'insécurité routière et insertion des handicapés; des objectifs dignes d'un président de conseil général. (...) Le pouvoir avait troqué la police traditionnelle contre des moyens bureaucratiques et médicaux; l'alliance redoutable de l'expert et du communicant. (...) Toute contestation est impossible, d'avance disqualifiée. Personne ne peut être contre la santé. (...) La transparence a remplacé la transcendance.

Éric Zemmour, le Suicide français, pp. 341-344

Un extrait croustillant du chroniqueur polémique. Dans le petit monde de la santé, la tentation est grande aussi de céder à la morosité ambiante. Les critiques acerbes ne tarissent pas et il est vrai que La Lettre de Galilée ne s'en est pas non plus privée... Au grand bonheur renouvelé de ses lecteurs.

Lire : De Kervasdoué, nostalgies et portes ouvertes.

On peut légitimement s'interroger sur les ressorts du déclin constaté de notre modèle de protection sociale, de la perte de confiance des Français en leur État-Providence ou de l'aporie économique des industriels de santé censés innover tout en finançant largement le plan d'économies du Gouvernement. Des arguments moraux, idéologiques ou historiques. Chacun y va de son explication.

Lire : Médicament et croissance économique, les industries dans le "cas K"

L'innovation en santé au point-mort ?

La récente affaire sur le Sovaldi®, un médicament contre l'hépatite C  jugé trop coûteux (56 000€ par cure pour un patient) pose la délicate question de l'accès aux innovations thérapeutiques. Ainsi, pour préserver l'égalité d'accès aux soins de tous, l'exécutif, en cas d'échec des discussions sur la fixation du prix du médicament, pourrait mettre en place un dispositif inédit de régulation en se basant sur un article du Code de la Sécurité Sociale permettant de lever un impôt sur le chiffre d'affaires des laboratoires pharmaceutiques en cas de dépassement de l'Ondam. C'est un peu révolutionnaire mais ça marche. Cela n'a pas manqué de faire ruer dans les brancards les industriels du médicament et les députés lors de la discussion du PLFSS... Car le projet de loi de financement de la Sécurité sociale compte ramener le déficit de la branche maladie à 6,9 milliards d’euros l’année prochaine... principalement grâce à des économies sur le dos de l'industrie du médicament.

La France, après-guerre, a fait le pari de l'innovation. Aujourd'hui, la santé est une préoccupation majeure des Français et le système de santé est l'un des plus coûteux au monde. En 2011, le montant des dépenses de santé s’élevait à plus de 240 milliards d’euros, soit près de 12 % de la richesse nationale.

La Lettre de GaliléeEn novembre 2012, le rapport Gallois intitulé "Pacte pour la compétitivité de l'industrie française", proposait, dans ses 60 pages pleines d'espoir, de porter une véritable "ambition industrielle" au travers de 22 propositions phares dont une grande partie concernait la santé. Le rapport rappelait que "la France présente de nombreux atouts, dont nous devons mieux prendre conscience. Ce sont en premier lieu des pôles d’excellence mondiaux : l’industrie culturelle, le luxe, la pharmacie, l’industrie aéronautique et aérospatiale, l’industrie nucléaire, le tourisme. L’industrie française a encore de solides positions. Ce sont également de grands groupes puissants plus nombreux qu’ailleurs. Beaucoup dénigrés, ils constituent cependant un avantage décisif dans la compétition internationale : les 200 premières entreprises françaises emploient 28 % des salariés des secteurs marchands. Elles réalisent 62 % de la recherche industrielle et 50 % des exportations." (p.14). Citant le LEEM, la France est le leader mondial du vaccin et le premier acteur européen du médicament vétérinaire (2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 6 600 salariés) ; le cinquième acteur mondial et le troisième acteur européen des technologies et dispositifs médicaux en termes de chiffre d’affaires. L’industrie du médicament est le deuxième secteur exportateur français avec 24 milliards d’euros. En 15 ans, les effectifs de recherche et développement ont été multipliés par deux : les industries de santé consacrent entre 15 et 20 % de leur chiffre d’affaires à la R&D.

Le pari de l'innovation des industries de santé

Même si leur chiffre d’affaires reste confortable, la situation des 250 entreprises de l’industrie pharmaceutique se dégrade depuis 2012. Pour la première fois, les ventes en officines ont baissé du fait de l'augmentation de la substitution des princeps par des génériques et à la baisse réglementée du prix du médicament. Les 1 100 entreprises, assez hétérogènes, du dispositif médical déposent environ 600 brevets par an et constituent toujours un secteur d'excellence pour la France. Elles généraient 19 milliards d'euros de CA en 2011. Les biotechnologies quant à elles regroupent 440 entreprises pour un chiffre d'affaires de 14 milliards.

La santé à domicile constitue un secteur en pleine expansion. De nombreux acteurs interviennent notamment les structures d'hospitalisations à domicile (HAD). Selon un rapport de l'IGAS, l’HAD représente un marché de 714 millions d’euros en 2010, en hausse de plus de 9 % par rapport à 2009. Cependant, l'HAD continue de ne représenter qu’une petite fraction des hospitalisations (1 %) alors qu’aux États-Unis par exemple, 20 % des hospitalisations se font à domicile.

La e-santé, la télémédecine ainsi que les logiciels médicaux sont aussi un marché-clé, estimé à plusieurs milliards d'euros, où l'innovation constituera une source importante d'efficience des soins.

Depuis 2000, les entreprises d’études cliniques (clinical research organizations) constituent également un marché à fort potentiel où 80 sociétés se partagent un marché d’environ 600 millions d’euros.

L'ensemble de la filière de l'industrie de la santé pèse 75 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Lire : PLFSS 2014, les industriels montent au créneau

Les politiques de santé et l'innovation

De plus, le rapport appelait à prendre en compte les conséquences des politiques mises en place sur la compétitivité industrielle :  "Cette perte de compétitivité est, pour une large part, à l’origine des déséquilibres des finances publiques comme du chômage ; elle limite notre marge de manœuvre en Europe et dans le monde ; elle menace notre niveau de vie et notre protection sociale ; elle réduit la capacité de croissance de l’économie. L’industrie et les services qui lui sont associés sont clés dans cette affaire : c’est eux qui sont les plus directement exposés à la concurrence internationale ; c’est sur eux que repose le poids du commerce extérieur. L’emploi dans l’industrie est plus qualifié que la moyenne et il a un effet multiplicateur plus fort sur les autres emplois. L’industrie porte une très large part de la recherche et de l’innovation, ainsi que des gains de productivité. Les pays les plus industrialisés sont ceux qui résistent le mieux à la crise. La reconquête de la compétitivité industrielle doit donc être considérée comme la priorité économique de notre pays : elle conditionne tout le reste. Cette priorité – notamment par rapport aux secteurs abrités – doit se traduire dans les politiques publiques. D’où notre proposition qui « surplombe » celles, plus spécifiques, du présent rapport : Toute nouvelle disposition législative ou réglementaire significative, toute nouvelle politique lancée par l’État devrait être accompagnée d’un document précisant son impact sur la compétitivité industrielle et les moyens d’en réduire les effets négatifs éventuels." Une recommandation qui n'est apparemment pas parvenue aux oreilles de Marisol Touraine.

Lire :  Loi de santé, du vent et des bourrasques.

En juin 2013, un rapport de la Cour des Comptes, intitulé "Le financement public de la recherche, un enjeu national", révélait que malgré "un effort public de soutien à la recherche en croissance, le niveau de recherche et développement (R&D) français est constant en pourcentage du PIB sur moyenne période, dans ses deux composantes, R&D des entreprises et R&D des administrations. Si le niveau de R&D des administrations en France paraît comparable à ceux d’autres pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), le ratio de R&D des entreprises en France est inférieur à la moyenne de l’OCDE. La comparaison avec l’Allemagne montre que les différences de structure économique et, en particulier, la taille du secteur industriel, expliquent pour une large part cet écart." (p.43) En d'autres termes, les efforts de recherche commencent à devenir éloignés des engagements du Conseil européen de Barcelone pris en 2002 qui prévoyaient d’ici à 2010 de consacrer au moins 3 % du PIB des États membres de l’Union européenne à la recherche. Or, les investissements n'ont pas évolué en France depuis 2000 rejoignant les mauvais élèves de l'OCDE. Le système public de recherche se préoccupe insuffisamment des retombées économiques de la recherche, qui demeurent peu prises en compte dans les indicateurs de performance de la dépense publique.

Une étude de l'Institut Montaigne de décembre 2013  alarmait sur l'enjeu de l'innovation en santé trop peu pris en compte dans les décisions publiques. "Si la France a produit des innovations significatives ces dix dernières années – par exemple, la resynchronisation cardiaque ou les valves percutanées – il n’y a pas eu d’émergence sur le sol français d’une nouvelle entreprise de taille mondiale dans ce secteur. Aucune « biotech » ou « medtech » française n’est devenue un acteur de premier plan permettant de renforcer les structures de nos écosystèmes d’innovation. De plus, l’impact économique des innovations qui ont eu lieu paraît faible. En effet, du fait notamment de leur difficulté à accéder au marché domestique, les jeunes entreprises innovantes sont souvent rachetées par des groupes étrangers." (p.24)

Le mal-être des Français et la confiance retrouvée

On pourra toujours gloser sur le niveau de popularité catastrophique, jamais égalé pour une chef d'Etat de la Vème République, du président Hollande. De toute façon la "ménagère" ne regarde même plus la courbe s'enfoncer... L'oeil morne, les Français ont fini d'être consumés par le pessimisme ambiant déplorant la mort de la Sécu ou les délais chez les généralistes. A peine renâclent-ils lorsque l'expression "sans-dents" employée à leur encontre leur rappelle qu'ils n'ont pas pu se payer leur couronne ou leur dentier. L'équation de l'imperturbable président était la bonne: pour entamer le changement, il faut reprendre confiance. Car le potentiel est là, l'innovation est le coeur de l'excellence française. Le moteur de l'économie serait donc la confiance des Français et des entrepreneurs.

Mais de surcroît, faute d'exhiber leurs dents, les Français sont sourds. Sourds aux démonstrations de confiance psalmodiques de François Hollande. Cette confiance n'est pas au rendez-vous. Comme le note le rapport de l'Institut Montaigne, "la France a un réel potentiel industriel dans le secteur de la santé. Si elle est affichée dans les discours, l’ambition de développer ce secteur ne semble pas se traduire dans les faits" (p.29). Au contraire, au regard des dernières discussions, le Gouvernement s'est davantage mis à dos les industriels de la santé -et les professions réglementées...

Une étude sur les entreprises innovantes publiée ce mois-ci par l’INSEE apporte un éclairage intéressant sur le cœur de l’excellence française. Elle se base sur l’enquête communautaire sur l’innovation (Community Innovation Survey, CIS 2012), réalisée entre juin et décembre 2013, à la demande de l’Union européenne. On y apprend déjà que c’est l’industrie chimique et pharmaceutique qui est la plus innovante : 74 % des PME régionales des industries chimique et pharmaceutique sont considérées comme innovantes.

La Lettre de Galilée

D’autre part, cette enquête souligne en France l’importance des pouvoirs publics dans le soutien à l’innovation. "Au cours des années 2010 à 2012, 49 % des sociétés ayant eu une activité d’innovation technologique ont reçu un soutien financier public pour la conduire. 40 % ont bénéficié d’un crédit d’impôt recherche (CIR) ou d’une autre exonération fiscale ou sociale et 24 % ont obtenu des subventions, prêts, avances remboursables ou garanties de prêt, 15 % ayant bénéficié de ces deux types de soutien public. La proportion de sociétés ayant reçu un soutien financier public, quel qu’il soit, dans le cadre d’innovations technologiques augmente avec la taille de celles-ci. Elle passe ainsi de 44 % pour celles employant 10 à 49 salariés à 59 % pour les 50 à 249 salariés et atteint 71 % pour celles de 250 salariés ou plus. (…) parmi les sociétés bénéficiaires, 77%ont eu au moins un soutien d’un organisme national, 48% d’une collectivité territoriale et 29%de l’Union européenne. Ce type de soutien représente plus de 30%des dépenses d’innovation de l’année 2012 pour plus du quart des sociétés concernées."

On y apprend, hélas sans surprise, que les freins identifiés par beaucoup d’entreprises pour bénéficier de ces aides sont des conditions requises "trop exigeantes" et "trop lourdes" , un "manque clair d’information" sur les aides disponibles.

De plus, 62 % des sociétés ayant répondu à des marchés publics entre 2010 et 2012 sont innovantes.

Le chant du cygne...

Face à la résignation et à la morosité implacables qu’infligent les medias aux Français, l’optimisme imperturbable de notre président tend à l’éloigner encore plus de ses électeurs. Pourtant, son équation est peut-être la meilleure. Et les autres n’auraient certainement pas mieux fait. Regagner l’optimisme pour engager une réelle vision d’avenir, c’est peut-être la seule chose qu’il reste à faire pour éviter le chaos.

 Mais derrière les mots démagogiques, la communication huilée manque de persuasion tant les actions ne sont pas au rendez-vous. Et c’est dommage que les seules actions envisagées ne soient pas à la hauteur de cet optimisme visionnaire. On comprend dès lors pourquoi Bruxelles risque de retoquer la copie du budget… Les pouvoirs publics sont le moteur de l’innovation en santé. Taxer à court terme une industrie pour ficeler un plan d’économies risque d’avoir des conséquences graves à long terme sur ce qui a constitué l’excellence française depuis une quarantaine d’années. Un chant du cygne où la glace est déjà prise…

"Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui" dirait la poésie hermétique de Mallarmé. Qui parle de dindons ?

Crédits photos : Mike Bailey Gates, Parti Socialiste.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée. Voir tous ses articles.
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