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[Re]vue de Web : Quand la mort de Johnny devient un argument de santé publique

Cette semaine, l'actualité est droit dans ses bottes...

 

Liberté d'installation : Agnès Buzyn défend les médecins

Encore une fois, la Ministre de la Santé est montée au créneau pour défendre la liberté d'installation des médecins. Cette fois, c'était pour réagir aux conclusions du rapport du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) sur les déserts médicaux rendu ce 13 décembre. La Ministre a ainsi opposé une fin de non-recevoir claire à la demande du CESE.

Lire : La désertification médicale, mythes et réalités

Le Cese entend profiter de ce phénomène alarmant qui constitue "une opportunité pour repenser l’organisation des soins autour du.de la patient.e. [sic]". Ainsi, "dans les trois ans à venir, une large participation avec les praticien.nes [sic] actuel.le.s [sic] et futur.e.s [sic] et les pouvoirs publics doit être entamée, en y associant les représentant.e.s [sic] des usager.ère.s [sic] et des patient.e.s [sic] du système de santé. Au terme de cette période, si le maillage territorial médical du territoire ne s'est pas amélioré, il appartiendra aux pouvoirs publics soit de prendre des mesures coercitives directement contraire à la liberté d'installation des médecins, soit de combler les lacunes de l’offre médicale par le développement d’exercice mixte ambulatoire-hôpital de praticien.ne.s [sic] hospitalier.ère.s [sic] de médecine générale et spécialistes des disciplines cliniques effectuant des consultations avancées dans les zones les moins dotées, ainsi que le développement de centres de santé. Dans ces derniers, les médecins seraient salarié.e.s [sic], pourraient organiser leur emploi du temps et effectuer des mobilités géographiques au cours de leur carrière. D’ores et déjà, au gré des initiatives parfois prises dans les territoires, la médecine salariée tend à prendre la place laissée vide par la médecine libérale." (pp.20-21)

Un momument de dogmatisme idéologique qui, outre l'écriture inclusive qui oblige de prendre 4 cachets d'aspirine pour terminer sa lecture, entend ériger l'égalité d'accès au forceps : un maillage territorial aveugle, digne de l'Empire Romain, où chaque case dispose d'un dispensaire et d'un préfet.

 

 

Toutefois, "si les mesures coercitives doivent être aujourd’hui exclues, une mesure désincitative pourrait être mise en œuvre : le conventionnement sélectif. En effet, en France, l’assurance maladie vient solvabiliser la demande de soins et donc financer indirectement l’activité des professionnel.le.s  [sic] de santé. En contrepartie de ce financement public, il est cohérent que les citoyen.ne.s  [sic] et leurs représentant.e.s  [sic] puissent contrôler (conformément à l’article 15 de la Déclaration de 1789) que cet argent soit efficacement utilisé pour protéger le droit à la santé (principe à valeur constitutionnelle depuis la décision n° 90-283 DC du 8 janvier 1991 du Conseil constitutionnel). C’est pourquoi le CESE préconise de réguler l’installation des spécialistes en secteur 2 (plus précisément les spécialistes de 2ème recours ou des spécialités non cliniques) qui prendraient la décision de s’installer dans les zones sur-denses."

Bientôt la guillotine pour ceux de cette caste privilégiée qui rechigneraient à s'exécuter.

Un nouveau dircab pour Agnès Buzyn

C'est le retour d'un ancien de Touraine. Raymond Le Moign, ancien DG du CHU de Toulouse, va ainsi succéder à Gilles de Margerie à la direction du cabinet d'Agnès Buzyn selon une information révélée par le Quotidien du Médecin et confirmée par le Ministère de la Santé.

Lire : Quand les cabinets ministériels font la loi

Ce sont donc les professionnels de santé qui sont rassurés. Selon le QdM, "Raymond Le Moign est loin d'être un inconnu pour le secteur. Directeur adjoint au cabinet de Marisol Touraine pendant une bonne partie du mandat de l'ancienne ministre de la Santé (novembre 2013-janvier 2016), Raymond Le Moign fut notamment en charge de la loi de santé. Il a laissé dans l'esprit des libéraux et des hospitaliers le souvenir d'un homme à l'écoute"

Quand la mort de Johnny devient un argument de santé publique

Sur son blog, l'ancienne ministre déléguée aux personnes âgées, Michèle Delaunay, a rendu un hommage un peu particulier au rocker.


Dans son billet, elle écrit "Nous ne saurions pas qu’il est mort d’un cancer du poumon sans qu’il n’ait délié ses médecins du secret médical et son entourage du secret tout court. Grand fumeur, (...) l’on peut dire que Johnny est mort du tabac. (...) Notre souffrance devant les visages et les noms des victimes du Bataclan, a multiplié notre haine du terrorisme. C’est aussi parce que, pour moi, les méfaits du tabac ont le visage et le souvenir de la souffrance de tant d’amis et de malades, que mon combat contre ce fléau ne cessera jamais."

Lire : La santé fait un tabac

Décédé à 74 ans des suites d'un cancer des poumons détecté en novembre 2016 et qu'il avait révélé publiquement en mars 2017, Johnny n'a jamais fait mystère de sa grosse consommation de tabac.

Lire : Mes nouvelles lunettes Chanel, ma clope, mon cinéma

S'il a vapoté durant un temps - un liquide pour e-cigarette à son nom a même été commercialisé, nous apprend le HuffingtonPost - Johnny a fumé jusqu'à trois paquets de Gitane par jour, révélait en 2015 son ami Eddy Mitchell. "Il fumait presque quatre paquets par jour, (..) la clope a tué Johnny", disait aussi Philippe Manœuvre sur RMC mercredi 6 décembre.

Crédits photos : french vintage finds.

À propos de Vincent Fromentin

Blogueur santé et directeur de publication de La Lettre de Galilée.Voir tous ses articles.
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