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Retraites : la situation financière se dégrade et complique la réforme de Macron

Éditorial de la 412ème

Comment pouvait-il en être autrement ? Emmanuel Macron a réussi son pari de majorité absolue. Et face à cet hémicycle tout en or et azur, les contres-pouvoirs seront certainement hors des murs de l'Assemblée Nationale.

Malgré l'euphorie de la victoire, les dossiers explosifs risquent d'arriver plus vite que prévus. Selon les scénarios élaborés par le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) qui rend son rapport annuel aujourd'hui, les besoins de financement du système de retraites vont perdurer jusqu’en 2040 (au lieu de 2020 ou 2025 initialement prévu) dans le meilleur des scénarios.

Cette dégradation des prévisions (notamment à cause de la révision à la baisse des hypothèses de croissance du PIB de 1,9% à 1,7% pour 2020 et des perspectives démographiques en janvier dernier par l'INSEE)  risque fort de mettre sous pression Emmanuel Macron qui comptait  au contraire profiter de l'embellie actuelle pour ne mener qu'à partir du printemps 2018 ses réformes vers un système universel de retraites par points, sans toucher ni à l'âge minimum ni au niveau des pensions. "Pour la première fois depuis des décennies, les perspectives financières permettent d'envisager l'avenir avec « une sérénité raisonnable » selon le Comité de Suivi des Retraites. L’enjeu aujourd'hui n’est donc pas de repousser l’âge ou d'augmenter la durée de cotisation" peut-on encore lire sur son site de campagne...

Pourtant, selon le rapport du COR, jusqu'en 2020, les 4 scénarios économiques se tiennent à peu près dans un mouchoir de poche, avec un besoin de financement du système de retraite évalué à 0,2 % du PIB à l'horizon 2020. Si les revenus d'activité augmentent correctement, certains scénarios optimistes permettraient un équilibre financier "dès le milieu des années 2020".

"À l’inverse, le système de retraite resterait durablement en besoin de financement en cas de croissance des revenus d'activité inférieure à 1,5 % par an à long terme. Dans le scénario 1,3 %, le besoin de financement se stabiliserait à environ 0,2 % du PIB à partir du milieu des années 2030. Dans le scénario 1 %, les besoins de financement augmenteraient chaque année pour atteindre 1,4 % du PIB en 2060" peut-on lire page 46.

Bref. Un retour à l'équilibre qui n'est pas envisageable avant 2040 si la croissance des revenus d'activité est de 1,8 % (1,1 % en 2016) et si le taux de chômage descend à 7 % (aujourd'hui à 9,6 %). De quoi compliquer fortement l'équation du Gouvernement et les promesses du candidat Macron. Car impossible de tenir les déficits qui continueront de se creuser d'année en année sans toucher ni à l'âge minimum ou au niveau des prestations.

La malédiction de l'alignement des astres se poursuit !

Crédits photos : Jeso Carneiro

À propos de Vincent Fromentin

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