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Réforme de la protection sociale : chaud devant

Éditorial de la 281

Mal partie la réforme des allocations familiales.
Le journal Libération du week-end parle d'une "onde de choc" qui pourrait bien faire descendre moult mécontents dans la rue comme la réforme des régimes spéciaux de Juppé en 1995 avait fait descendre les siens. Pas les mêmes évidemment. A l'époque, les "nantis" de la fonction publique avaient paralysé le pays. Aujourd'hui, ce sont les puissantes associations familiales qui prennent la défense des "privilégiés" de la classe moyenne. Le secrétaire d'Etat au budget, Christian Eckert, considère, dans le journal de Laurent Joffrin,  que "la modulation des allocations familiales est une mesure de justice sociale" tandis que l'éditorial d'Etienne Lefebvre, dans Les Echos d'hier, évoque la "triple peine"  infligée à ces classes moyennes. Comme quoi, la vérité ressemble à celle des "aveugles" d'Esope auxquels on avait demandé de décrire un éléphant. Deux façons de voir.
La tentation est forte d'appliquer le même principe à l'assurance maladie : payer progressivement à l'entrée, et recevoir dégressivement à la sortie.  Le "bouclier sanitaire", encore en sommeil dans quelque carton au ministère,  participe de ce même raisonnement.
Une double solidarité qui ne plaît pas à tout le monde. Mais on n'en est pas là. Les temps sont à la prudence  du côté de Matignon car la majorité socialiste a du plomb dans l'aile depuis que Martine Aubry est sortie du bois. La maire de Lille a choisi Le Journal du Dimanche pour faire son annonce tonitruante. Voilà le camp des frondeurs sous la houlette d'un vrai général de corps d'armée.

La presse du week-end, après les péripéties boursières de la semaine passée, annonce cependant une éclaircie dans le ciel de l'économie française. Le journal Les Echos, en particulier, fait sa manchette sur les "premiers signes d'espoir pour l'industrie française". On ne s'empêchera pas d'établir un parallèle entre les économies demandées aux collectivités locales et celles infligées à la santé. Le "compromis" trouvé par le même Eckert avec les députés sur la baisse de 3,7 milliards des dotations aux collectivités locales s'appuie sur une argumentation économique bien comprise. Les départements (que vient de sauver tout en rondeur le nouveau président du sénat, Gérard Larcher, de la réforme de l'organisation territoriale française) s'inquiètent de l'impact de ces 3,7 milliards sur l'activité économique en particulier sur l'emploi dans le BTP.
Transposé dans le monde de la santé, le raisonnement pourrait être le même. Pourquoi ne pas admettre alors l'impact de la médecine sur l'industrie de la santé et considérer que les efforts des services de pointe dans les CHU, les établissements privés d'excellence ou encore les services de R&D dans l'industrie du médicament valent bien, pour l'économie, l'investissement réalisé par les collectivités territoriales dans l'infrastructure routière et ferroviaire.

RF

À propos de Remy Fromentin

Cofondateur de La Lettre de Galilée en 2007, il a mené une carrière de dirigeant au sein de l'Assurance maladie jusqu'en 2002. Il est depuis cette date consultant international. Voir tous ses articles.
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